Ciné-débat | Quand les bulles éclatent

Ciné-débat | Quand les bulles éclatent
Bruxelles
Thématique(s) de l'article :
Une discussion pleine de promesses autour des propositions d’Olivier Bonfond.

Rencontre informelle et conviviale

C’est le jeudi 15 juin qu’écolo j organisait un ciné-débat sur la crise financière. L’objectif était double : projeter un reportage peu connu sur la finance ( "Quand les bulles éclatent" de Hans Petter Moland) et organiser un espace convivial de débat avec un expert. Deux semaines de communication ont suffit pour rassembler 25 personnes dans les locaux de la Fédération Relie-f.

Le visionnage a démarré à 18h45, accompagnés de quelques boissons rafraîchissantes pour récompenser les braves invités désireux d’attaquer ces questions techniques après une journée de travail. Long, technique et offrants des analyses multiples du problème, ce moment cinéma ne fut pas de tout repos : une perspective historique sur l’économie et la création des bulles financières, des analyses vulgarisées sur les rouages pervers du système financier, un retour sur la faillite grecque, et finalement quelques idées sur un futur en crise… Pas évident d’y voir clair au premier visionnage, d’autant plus que les conclusions des intervenants ne faisaient pas consensus. Chez écolo j, nous sommes friands de complexité, mais cela ne facilite pas l’accessibilité.

Heureusement, le reportage semble avoir su faire passer ce que je considère comme essentiel, le montage malhonnête des organisations financières qui leur permet de profiter de la crédulité de petits investisseurs. « Un beau costume et du bagout, c’est la marque de fabrique des escrocs qui vous plument » affirme un investisseur norvégien au début du film.

C’est sur le ton un peu indigné de cet investisseur que la discussion s’est poursuivie sur la terrasse extérieure du bâtiment. Les membres d’écolo j Bruxelles avait préparé un débat ouvert afin d’orienter le débat sur les alternatives concrètes. Quatre propositions furent présentées sur des pancartes disposées de part et d’autre de l’espace de rencontre. Chacun était invité à rejoindre celle qui lui paraissait la plus pertinente et à en parler en groupe.

Ensuite, chaque groupe a évoqué un argument pour défendre son choix et la discussion a commencé :

« bien sûr que le plaidoyer est important, mais il est également fondamental de se concentrer sur la création de monnaies complémentaires pour développer rapidement des réseaux d’échanges plus indépendants du marché » propose un invité.

« Rien ne pourra se faire si le cadre globale (législatif) n’est pas remis en cause », affirme un autre en ajoutant « Les citoyens doivent être conscientisés et se mobiliser... ».

Socialiser le secteur bancaire ?

Olivier Bonfond, économiste au CEPAG et militant au CADTM qui nous a fait le plaisir de sa présence, a répondu aux questions spontanées. « Que s’est-il passé lors du sauvetage de nos banques ? », « Comment donner moins de pouvoir aux banques privées ? », « Les monnaies complémentaires sont-elles véritablement une alternative ? » Ou encore, « comment envisager le changement aux différents niveaux de pouvoir ? »

L’auteur du livre « Il faut Tuer Tina » en a profité pour nous rappeler une des principales propositions de son ouvrage en matière de finance : la socialisation du secteur bancaire, qui fut par ailleurs proposée en 1944 par le Conseil national de la Résistance et présente également dans la Déclaration de principes de la FGTB de 1945.

La constat de départ est que le bon fonctionnement économique de notre société est garanti en priorité par les banques privées, ce qui oblige l’État à les sauver en cas de crise. Celles-ci disposent alors d’une position de force et une liberté d’action sans véritable sanction en cas de dérive.

L’auteur met en avant le fait qu’il est important que l’État retrouve sa capacité à contrôler et orienter l’activité économique et financière sur son territoire. Plusieurs voies sont présentées, comme celle de la création d’une banque publique (p. 201 de son livre) garantissant la stabilité de l’épargne, offrant des services classiques et appuyant des investissements utiles socialement et écologiquement. Il s’agirait également de développer un pôle bancaire publique (P. 202) en socialisant sans indemnisation (et pas à perte) les banques défaillantes et celles qui ont déjà été sauvées avec de l’argent public pour constituer une force capable de concurrencer le secteur bancaire privé.

Olivier Bonfond a finalement insisté sur l’enjeu de la bonne information du citoyen afin que celui-ci ait l’occasion de s’indigner et de s’orienter vers des alternatives. Après avoir évoqué d’autres exemples internationaux intéressants (la Bolive ou encore Vénézuela), la discussion a dû prendre fin. Cela faisait bientôt 3h30 que nos petits cerveaux bourdonnaient. Si seulement ce reportage avait été plus bref… Parfois, rien ne vaut une bonne conversation en compagnie d’un bon informateur, généreux et engageant, comme nous avons pu le vivre cette soirée-là. Encore un échange qui invitait à d’autres possibles.

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