Confinement, ce miroir amplificateur des inégalités de genre

Confinement, ce miroir amplificateur des inégalités de genre
Fédéral
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Face au Covid-19, nous ne sommes pas tou.tes égaux.ales.

En effet, que ce soit le personnel médical, les travailleuses de caisse et de réassortiment de magasins, les professionnelles de l'accueil des personnes âgées et de la petite enfance, les aides ménagères, etc., ce sont en grande majorité des femmes. Autant de femmes donc, indispensables au non-effondrement de notre société et pourtant en première ligne d'exposition au virus.

Rappelons que la répartition des tâches ménagères et parentales ainsi que de la charge mentale est malheureusement toujours inégalitaire dans les couples hétérosexuels. Les femmes mères de famille ne pourront que très difficilement et inconfortablement mener à bien leur télétravail.

Ne perdons pas de vue non plus que les personnes racisées, notamment les femmes d'origine étrangère, occupent des postes dits subalternes, où le télétravail n'est pas une option. C'est le cas notamment des ouvrières des chaînes de production de l'agro-alimentaire qui tournent à plein régime.

N'oublions pas non plus les trop nombreuses femmes victimes d'abus et violences domestiques qui se retrouvent confiner avec leur(s) bourreau(x). Leur fuite étant d'autant plus compliquée si elles sont de surcroît en situation de handicap. Les dispositifs d'aide et d'accueil ne peuvent être mis entre parenthèses !

Pensons aux femmes sans domicile qui sont déjà exposées à d'innombrables violences et qui se trouvent aujourd'hui de manière accrue dans le ligne de mire des violences policières.

Enfin, pensons à celles qu'on néglige bien trop souvent : les travailleuses du sexe. Bien que tolérées par l'Etat et les communes, elles sont exclues par la législation des mécanismes de protection social et donc, dans le contexte actuel, des dispositifs d'aides à la perte de revenus. Pourtant, les lieux de prostitution ont dû eux-aussi fermer leur porte face aux mesures de lockdown. Les TDS sont aussi nos soeurs, et des travailleuses, ne les laissons pas se retrouver sans ressources1.

Cette période de crise ne doit pas faire passer à la trappe la sécurité et la dignité de toutes. Nous ne la laisserons pas être une excuse au recul de nos droits et de nos voix.

1 Le communiqué de presse d'UTSOPI

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