10 ANS

1| Rencontre avec les premiers coprésidents

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« J’ai rencontré pour vous les deux premiers duos de coprésidents d’écolo j : Arnaud Pinxteren et Catherine Lemaitre (2005 – 2007), ainsi que Matthieu Daele, coprésident avec cette dernière de 2007 à 2008. Reportage en direct, depuis leur maison de retraite de coprésidents, autour d’une Fleur de Franchimont, évidemment… »
(Michaël Horevoets)

Matthieu Daele, Catherine Lemaitre et Arnaud Pinxteren devant l’ambassade américaine, à Bruxelles : « C’est là qu’a eu lieu la toute première action d’écolo j, où nous étions déguisés en ours blancs pour demander aux États-Unis de ratifier le protocole de Kyoto ».

MH- Pour quelles raisons écolo j a-t-elle été créée ?

Anciens coprésidents (AC)- écolo j a été créée après les (douloureuses) défaites de 2003 et 2004. Jusque-là, Ecolo avait décidé de ne pas avoir d’organisation de jeunesse politique (OJ) parce qu’ils n’en ressentaient pas le besoin, estimant qu’un militant a le même « pouvoir » au sein du parti, qu’il ait 20 ou 60 ans. Jusque-là, c’était  Jeunesse et Écologie  (et puis  Empreintes) qui était l’OJ liée au parti, plutôt dans un but de sensibilisation des adolescents à l’environnement.
Ne comprenant pas pourquoi les jeunes qui avaient notre âge, et qui avaient voté en masse pour Ecolo en 1999 et en 2000, avaient changé d’avis en 2003 et 2004, on s’est demandé comment remobiliser les jeunes autour d’Ecolo. On a voulu créer quelque chose qui nous plaise: pas de tralala, pas de blabla mais de l’action politique directe et décalée, sur des sujets qui nous parlent et qui ne soient pas abordés par Ecolo (ou pas sous l’angle jeune). Le tout en s’amusant !

MH- Comment s’est déroulée l’élection des premiers coprésidents ?

AC- La première élection des coprésidents était un peu particulière puisqu’au départ, il n’y avait pas de présidents mais des coordinateurs : Frédéric Horsch et Sara Pochet. Après quelques activités, et quelques soucis d’organisation, on s’est rendu compte que ça ne fonctionnait pas bien parce qu’Ecolo avait dû faire des économies en matière de personnel : nous n’avions plus Sara à notre disposition et le temps de travail que Frédéric pouvait nous accorder avait été réduit. Du coup, tous les membres d’écolo j ont décidé qu’il fallait des chefs (rires). Maintenant, on peut vous le dire : s’il y a deux coprésidents, c’est surtout parce qu’on ne se sentait pas de le faire tout seul…

MH- Comment la création d’écolo j a-t-elle été perçue de l’extérieur ? Avez-vous été fortement médiatisés ?

AC- Pas au moment de la création car cela s’est fait progressivement. Par contre, nous avons rapidement eu quelques “faits d’armes”, comme notre participation à Bomspotting lors d’une prise d’assaut du Shape à Mons, notre présence originale pour dénoncer la chasse aux chômeurs à Ostende (qui était passée au JT) et le WE écolo j/ Jong Groen à Namur qui avait fait le premier sujet du JT du dimanche !

MH- Arnaud et Catherine, comment résumeriez-vous vos deux premières années à la coprésidence d’écolo j ?

A et C- Fondatrices ? … On a fait le maximum pour pérenniser l’ASBL, en obtenant une reconnaissance en tant qu’OJ. On a développé les rapports avec Jong Groen, le premier barbecue de juin et la structure d’écolo j. Par exemple, au départ, il n’y avait pas de régionales : on se réunissait une fois à Bruxelles, une fois en Wallonie et on faisait des actions qui nous concernaient tou-te-s. Mais c’était compliqué car on est devenu nombreux et des actions locales ont vite vu le jour.

MH- Selon vous, quel est le lien qui doit être entretenu entre écolo j et Ecolo ?

AC- Ce lien est fort et doit rester fort (sinon faut changer de nom, hein…). Mais ça doit être un lien de complémentarité. Ce sont deux structures indépendantes, en termes d’adhésion et de financement surtout. Chacun son rôle donc : pour nous, celui d’écolo j est d’être plus innovant, décalé, impertinent, orienté “luttes originales”.  Pour l’anecdote, on a eu une fois un veto pour une action qu’on voulait faire au salon de l’auto: distribuer des ballons aux enfants avec comme message des trucs du genre mes parents se moquent de ma santé… Sans doute que ce n’était effectivement pas super opportun (mais l’idée est copyleft).

MH- Que souhaitez-vous pour écolo j dans 10 ans ?

AC- écolo j doit garder son ADN décalé, informel, ludique. Il ne faut pas faire de l’Ecolo bis, pas trop d’institutionnel, de statuts, de motions, etc. écolo j s’est magnifiquement développée, a des militants et des permanents au-delà de nos espérances initiales. C’est une force de frappe importante pour défendre le projet écologiste, pour convaincre les jeunes, pour monter aux barricades. écolo j est un plaisir et doit le rester !

MH- Avez-vous une anecdote à partager à propos de votre coprésidence ?

Catherine- Avec Matthieu, quand on a passé la main à Barbara et Christophe, on a « piégé » les statuts d’écolo j (pour voir si les gens les lisaient). Je pense que si on avait réussi à se retenir de rire, Tigrou, Chuck Norris et le Grand Jojo seraient toujours membres d’honneur de l’ASBL…

Interview réalisée par Michaël Horevoets


2| Bien plus qu’un simple morceau de papier

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Que serait l’Histoire sans traces écrites du passé ? Le Jump… C’est un peu la mémoire d’écolo j : en parcourant les anciens numéros du magazine, on peut y voir évoluer les sujets d’intérêt des militants, mais également les équipes d’écolo j ou le style graphique.

Saviez-vous que le tout premier Jump est paru en mai 2009 ? Bien que cela ne soit que quatre ans après la création d’écolo j, le magazine a tout de suite su prendre sa place au sein de l’organisation et est devenu un représentant d’écolo j, de l’ardeur de ses militant(e)s et de leur (im)pertinence.

Afin de rendre hommage à ce qui est bien plus qu’un simple morceau de papier, nous avons choisi de publier l’édito du tout premier Jump. Cette publication est également un immense remerciement à ses créateurs !

« Prenez goût au futur.
Le voilà enfin le numéro 1 de Jump, le goût du futur ! On l’attendait tous avec impatience ce premier numéro du magazine d’écolo j. Avec Jump, écolo j veut réconcilier les jeunes et la politique mais aussi les ouvrir aux grands débats de l’écologie politique. Nous t’invitons donc au débat et te présentons nos réponses de jeunes à des crises de moins jeunes ! Et tu verras, nous avons plein de solutions vertes en tête.

Jump, c’est une invitation. Une invitation à s’ouvrir sur le monde. Une invitation à la réflexion sur différents enjeux qui marquent notre actualité: quel regard porter sur la campagne pro-nucléaire que nous avons vu fleurir un peu partout dans notre pays; que penser de la mesure «anti-jeune » Mosquito ? Doit-on sauver les banques et qu’est-ce que le « Green deal » dont on parle tant ? Quelle Mobilité veulent les jeunes pour demain ? La Mobilité qui sera le thème de notre dossier central dans ce numéro. A côté de ces réflexions, ce magazine est aussi une opportunité pour écolo j de vous présenter nos idées et nos actions.

Et puis, il y aura les petits ‘plus’ qui donnent un peu de légèreté à Jump: L’incontournable BD d’Alex & Baptiste, les recettes de Charlotte, notre interview, des conseils énergies et bien d’autres choses encore… nos rédacteurs vous inviteront aussi à prendre un bain linguistique, et vous verrez, on apprend vite à nager.

Plongez dans ce Jump, ouvrez-le, dévorez-le et imaginez avec nous les ingrédients du monde de demain, pour que ce monde ait meilleur goût. Avec ces quelques pages, nous espérons vous insuffler le goût du futur.

Barbara Trachte, Christophe Dubois et Laurence Willemse. »


3| Souvenirs, souvenirs…

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Je m’en souviens, presque, comme si c’était hier : un mini flyer invitant les jeunes au drink d’écolo j. Ma rencontre avec écolo j, c’était aux Rencontres Écologiques d’Été. En quelle année ? Oufti, diraient les liégeois (et dieu sait qu’ils sont présents chez écolo j !), bonne question ! En 2009. Bref, comment mieux commencer l’aventure qu’avec une fleur de Franchimont ?

Ma première réunion ? Un verre d’accueil à Namur, en 2010, suivi d’un engagement dans la locale de Namur. Et puis, un premier mandat au Kern, en tant que secrétaire fédérale (écourté par un voyage au Canada de 5 mois). À peine un an plus tard, j’étais de nouveau membre du Kern, au poste de relex (responsable des relations extérieures), avec une nouvelle équipe.  Au compteur… 4 coprésidences différentes !

Polyamour, actions sur le terrain et démocratie
écolo j, c’est aussi Liège, capitale de la guindaille ! Alors oui, maintenant je sais qu’au carré ce n’est pas la même chose que dans le carré parce qu’au carré c’est à Willebroek ! Mais Liège c’est aussi là qu’a commencé la nouvelle passion d’écolo j pour le polyamour…
écolo j, c’est aussi le Herfst week-end Automnal et le brunch du dimanche matin la tête dans le guidon. écolo j, c’est également des découvertes surprenantes : saviez-vous qu’à Louvain-la-Neuve, les étudiants sont en préblocus toute l’année, excepté lorsqu’ils sont en blocus ?! écolo j, c’est aussi, et surtout, des actions : couché(e)s par terre à Liège pour dénoncer le nucléaire, un ciné-débat à Florennes, une soirée organisée par écolo j Louvain-la-Neuve, l’action contre le Gouvernement Michel à Bruxelles et j’en passe !
écolo j, c’est aussi la démocratie : un congrès qui débouche sur de fameuses positions (rappelez-vous la position drogue). C’est aussi cette année, pour la première fois en 10 ans, que deux équipes se présentaient à l’élection pour la coprésidence !

L’éternel débat
Pourtant, persiste un éternel débat : la décentralisation du Bureau. On reste à Bruxelles ? Une fois à Bruxelles et l’autre à Namur ? Une fois à Bruxelles et le reste du temps on bouge en Wallonie ? Pas évident de les faire bouger ces Bruxellois (hein Guillaume ?!).

Enfin, comment mieux terminer cet article que par cette question cruciale : à quand un duo de coprésidents sans Liégeois (à la coprésidence d’écolo j depuis quatre mandats, sans interruption) ? Ah… Ils sont forts ces Liégeois !

N.B : Et n’oubliez pas, la capitale wallonne… c’est Namur !

Lisa Joseph


4| Des FYEGiens parmi les écolojistes !

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Fyegiens ? Qu’est-ce que c’est ? Ce sont les jeunes écolos s’impliquant au sein de la Fédération des jeunes écologistes européens, la FYEG (Federation of Young European Greens). Autrement dit, des gens comme vous et moi, bénévoles au sein d’une organisation de jeunesse, mais à l’échelle européenne. Bon d’accord, le terme n’est pas officiel mais il y a définitivement des Fyegiens parmi les écolojistes…

écolo j est membre de la FYEG quasiment depuis le début de son existence ; fouiller dans les archives n’est pas facile, mais on peut estimer qu’écolo j est membre de la FYEG depuis 2006. Beaucoup de choses se sont passées, beaucoup de choses ont changé, tant au sein d’écolo j qu’au sein de la FYEG, mais on peut dire qu’il y a toujours eu un petit groupe de fyegiens au sein d’écolo j.

Mais la FYEG c’est quoi exactement ?
Comme son nom l’indique, c’est une fédération : elle rassemble plus de 40 organisations de jeunesse écolos partout en Europe, de l’Espagne à la Finlande en passant par la Biélorussie ou la Turquie. Elle possède un bureau dans les locaux du parti vert européen, où travaillent une secrétaire générale, un assistant de projets et un/e stagiaire à mi-temps. L’organe décisionnel est l’Assemblée Générale (AG), qui a généralement lieu une fois par an, quelque part en Europe, et élit un Comité exécutif composé de 8 bénévoles, dont 2 porte-paroles et un-e trésorier-ière.

Une participation active aux AG de la FYEG
Être membre de la FYEG implique donc, au minimum, de participer aux AG. Il est possible d’y envoyer deux délégué-e-s, qui auront pour mission d’élire le comité exécutif et de voter les positions politiques présentées. En AG, on débat fortement, on dépose beaucoup d’amendements, on essaie de convaincre les uns et les autres (souvent un verre à la main car on est tous d’accord que c’est au bar que les choses se passent) et puis on vote. Sur les positions politiques, écolo j s’associe souvent à Jong Groen. Les thématiques des positions ressemblent souvent à des sujets également traités par écolo j : TTIP, nucléaire, conflit israelo-palestinien, démocratie, austérité

Très peu d’écolojistes ont tenté l’expérience d’un mandat au sein de la FYEG. Personnellement, je suis très reconnaissante envers écolo j car c’est grâce à ses membres et à mon expérience de trésorière d’écolo j que je suis actuellement trésorière de la FYEG. A l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes à un mois de la prochaine AG de la FYEG et je sais déjà qu’une personne d’écolo j se présente pour être membre du Comité exécutif ; les liens écolo j/FYEG ne sont donc pas près de s’éteindre.

Des écolojistes bien plus investis encore à la FYEG
L’AG est loin d’être le seul lieu où il est possible de s’investir. Si écolo j a ses GT, la FYEG aussi ! Climat, Économie, Paix et Conflit, Démocratie, Genre… : il y en a pour tous les goûts. Au fil des années, plusieurs membres d’écolo j ont participé aux GT de la FYEG. Sylvain Quoilin fut même un des co-coordinateur du GT Climat. écolo j fut aussi beaucoup investi, avec Jong Groen, au sein d’un GT sur le régionalisme. A n’en pas douter, les Belges avaient des choses à dire !

Certains membres ont fait partie de délégations officielles de la FYEG allant aux COP, les conférences internationales sur le climat. Ce fut notamment le cas de Laurence Willemse en 2009, à Copenhague. D’autres ont participé à l’organisation de séminaires, comme Nicolas Balthazar qui fut dans l’équipe préparatoire d’un séminaire sur l’énergie à Vienne, en 2012. Sans oublier ceux qui participent aux camps de printemps, et autres événements, qui sont toujours des moments d’échanges, d’actions et de fiesta.

Afin d’assurer un contact régulier entre écolo j et la FYEG, deux représentants internationaux sont élus pour 2 ans par l’AG d’écolo j. Depuis 2013, ils ne sont pas élus en même temps, ce qui permet de faire un passage de relais car, il faut bien le reconnaître, comprendre le fonctionnement et les enjeux de la FYEG n’est pas forcément évident.

écolo j, de plus en plus internationale
En dehors de la FYEG, écolo j s’intéresse à l’international ! Un GT Europe a vu le jour à plusieurs reprises, organisant, par exemple, une conférence sur les lobbys en 2011 ou lançant un travail d’information sur le traité de stabilité en 2013. Un GT qui a des hauts et des bas, mais qui semble régulièrement refaire surface.
Au fil des années, plusieurs échanges ont eu lieu, comme entre écolo j Luxembourg et Bekerich au Grand-Duché, en 2010, ou encore entre écolo j Bruxelles et Freiburg en Allemagne, en 2011-2012. En 2015, écolo j Huy-Waremme s’est déplacé à Paris pour étudier la politique carcérale française. Bref, ça bouge à écolo j !

Miléna Cazin,
Trésorière d’écolo j, 2013-2014 ;
Trésorière de la FYEG, 2014-2015

Pour celles et ceux qui ne sont pas encore au courant, sachez que l’ancienne co-présidente d’écolo j, Laura Carlier, vient d’être élue co-porte-parole à la tête de la FYEG, lors de l’AG qui a eu lieu du 4 au 7 juin dernier à Tbilisi.

Sources :
www.fyeg.org
www.ecoloj.be
https://capsurcop.wordpress.com/category/ceux-qui-partent/laurence-fyeg/


5| TTIP : Ta Tronche In Prison

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06h15 Le militantisme, c’est un réveil douloureux quand on n’est pas Bruxellois, qu’on aime sa couette et qu’il faut rejoindre la capitale pour manifester dès potron-minet. Mais aujourd’hui, c’est la journée d’actions anti-TTIP (traité de libre échange transaltlantique – comprenez entre USA et Union Européenne), en parallèle aux négociations entre Américains et Européens qui se déroulent au Palais d’Egmont. Vu l’enjeu, on dormira un autre jour !

09h Bonne ambiance place Poelarts ! Musique, distribution de chocolat chaud, retrouvailles entre militants (toi qui ne fais pas souvent des manifs, sache-le : au bout de quelques manifs, tu as des « amis de manifs », ces militants d’autres coins de la Belgique, que tu retrouves toujours avec plaisir aux manifs-to-be).

09h30 Le cortège se met en route. Et s’arrête très vite. Il est demandé aux manifestants de se contenter d’un sitting place Poelarts. L’arsenal policier est impressionnant pour les quelques centaines de manifestants présents. Moi qui suis dans le fond, j’essaie de voir ce qui bloque : je prends appui sur une barrière nadar, pour me soulever de quelques centimètres. Manquant de perdre l’équilibre, je me rattrape sur mon voisin de gauche, dont je remarque un peu tard la discrète oreillette. M’appuyer sur un policier en civil pour monter sur une barrière, bien joué ma vieille !

09h50 Place Stéphanie, la police de Bruxelles déploie des moyens de plus en plus impressionnants pour repousser les manifestants. Les premières arrestations ont eu lieu. La foule, calme et pacifique, reste solidaire des personnes arrêtées et scande, déterminée : « Libérez nos camarades ». Ni plus, ni moins. Pourtant, chiens, camion à eau et renforts humains continuent d’arriver. Arrosage en règle pour ceux qui s’approchent trop près.

10h Une pensée compatissante pour le propriétaire de ce 4×4 garé sur la place : la puissance du canon à eau de la police a littéralement pulvérisé ses pneus. Ce canon est normalement utilisé en cas d’émeutes. Si Robespierre et ses amis de la Révolution française entendaient qu’être présent sur une place du centre de la capitale de manière pacifique est une émeute, ils se bidonneraient probablement.

10h15 Soudain, des cris. Des gens foncent vers nous en courant. Je suis le mouvement, persuadée que l’autopompe est de retour. Mais en réalité, ce sont les policiers qui nous encerclent et nous annoncent qu’ils procèdent à une arrestation administrative de toutes les personnes présentes (oui, même celles qui passaient par là pour faire une course).

10h21 Fouille corporelle, poignets menottés par des colsons et on nous range en file, dans cette agréable position : mains dans le dos, jambes écartées.

11h On est toujours assis par terre. Il faut du temps pour trouver où caser 220 manifestants et les véhicules pour les déplacer.

11h30 Toujours assis par terre. Je n’ai aucune idée du temps qui passe. Très stressant pour ceux qui doivent rentrer au boulot cet après-midi, ont un enfant à la maison ou un examen à passer.

12h15 On nous relève un à un et on nous conduit dans des cars de la police, direction les casernes d’Etterbeek.

12h30 Je suis en cellule, toujours menottée. On ne sait jamais que j’essaierais de creuser dans le sol pour m’échapper. Heureusement, une compagne de cellule me vient en aide et détache les colsons.

13h30 Je suis emmenée pour décliner mon identité et signer le P.V. de mon arrestation. Justification : troubles de l’ordre publique. Rester sur un trottoir ou une place, c’est troubler la tranquillité publique ? Je dis au policier que je ne signerai pas son papier tant que ce motif est écrit. Il finit par le barrer (j’apprendrai plus tard qu’après plusieurs contestations du motif d’arrestation, les policiers ont cessé de justifier les arrestations pour pouvoir remplir les papiers plus vite).

15h  Une arrestation administrative, c’est marrant cinq minutes.

16h Les cellules commencent à être vidées. Les femmes semblent être les dernières à être relâchées. On commence des jeux de groupe pour passer le temps.

16h45 Certaines femmes de ma cellule s’ennuient tellement qu’elles sifflent les policiers. L’un d’entre eux mime un faux strip-tease. Ça pourrait me faire rire, mais là, la blague commence à devenir trop longue à mon goût.

17h30 Je suis relâchée, je récupère mon portable. Des dizaines de sms et de messages vocaux. Avec les réseaux sociaux et les médias, beaucoup d’amis ou de connaissances sont au courant de la tournure de la manif et me demandent comment je vais. Un réconfortant du tonnerre !

17h40 Le car de la police me lâche à la gare d’Etterbeek où je retrouve quelques amis. Une chose est sûre : cette arrestation complètement abusive ne nous a pas découragés, elle n’a fait que renforcer notre volonté de nous opposer à une Europe qui n’écoute pas ses concitoyens ! On trinque … à la manif suivante !

Caroline Saal


6| Bon anniversaire écolo j  !

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A mon arrivée à Ecolo, en 1997, tu n’existais pas.  Incroyable, n’est-ce pas ?  Même pas imaginable aujourd’hui !  Si tu n’existais pas, il faudrait t’inventer qu’on dirait.  Et effectivement, certain(e)s t’ont inventée.

Ils et elles se sont dit qu’il ne fallait pas que nous, les écologistes, nous fassions comme les autres partis, qui ont leur « organisation de jeunesse » politique, sas obligé pour l’ascension dans la hiérarchie des fonctions.  Petit parti avant le grand, pour « faire comme si », s’entraîner,  jouer des gros bras pour montrer qu’on est capable de crier plus fort que les autres. Je les avais d’ailleurs vus de près, juste avant mon engagement écologiste, lorsque j’avais eu l’occasion d’exercer pendant quelques temps la présidence du Conseil de la jeunesse d’expression française. A l’époque, j’avais regretté la trop grande politisation et le conservatisme de cette instance, censé représenter la jeunesse et agir pour sa meilleure prise en compte par les politiques.

Accueillir les jeunes autrement
Ils et elles, donc, se sont dit que nous, les écologistes, on devait accueillir les jeunes autrement.  D’abord, que ce ne serait pas un passage obligé.  On peut s’investir dans écolo j, mais on peut aussi en même temps s’inscrire à Ecolo.  Ou pas, et inversement. Que écolo j, ce ne sera pas l’école des fans, le petit cirque avant la cour des grands.  Que ce serait un lieu de rencontre pour les jeunes, permettant d’aborder des problématiques qui les touchent particulièrement, à leur façon, selon des modes d’action différents de l’action politique plus classique. Et puis, surtout, elles et ils se sont dit qu’il fallait laisser faire les jeunes, qu’ils trouveraient bien la manière …
Et c’est ce que tu fais.

Les jeunes et la politique en 2015
Et ce n’est pas facile pour les jeunes, en 2015, de croire en la politique.  De croire qu’un autre monde est effectivement possible.  Que leur voix peut être entendue. Elle est pourtant absolument vitale pour leur avenir.  Et il est tout aussi vital pour notre avenir à tou(te)s que les jeunes aient envie de s’investir dans le monde réel, de se l’approprier, de le changer, de le faire évoluer.

Enfin, moi, c’est comme ça que je te vois.
Alors bon anniversaire écolo j !  Et longue vie à toi !

Philippe Henry, député wallon Ecolo


7| écolo j sur mon campus

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En septembre, c’est une nouvelle année qui commence. Au sein des campus (UCL, ULB, ULg), des journées d’accueil sont organisées pour les nouveaux. Je viens de quitter un stand d’information quand un ours polaire me saute dessus. Une photo souvenir plus tard, il m’invite à exprimer mes souhaits pour l’année à venir. Découvrir de nouveaux horizons, de nouvelles rencontres… et pourquoi pas rejoindre le groupe de l’ours ?

En octobre, on accueille les nouveaux chez écolo j. Ça m’a l’air bien sérieux : politique, climat, manifestation… Je commence à m’inquiéter du temps que cela va me prendre. Mais, première découverte : on peut s’amuser en dégustant des bières bios !

En novembre, on est déjà dans la dèche. Je n’ose plus trop sortir afin d’économiser le peu d’argent qu’il me reste, quand écolo j me contacte : « Sérieux, l’accès à l’enseignement devrait être gratuit ! Il faut agir les amis ». Hyper concerné par le sujet, je prends part à l’organisation de ma première action militante. Je suis fier de partager avec les étudiants qui m’entourent les revendications d’écolo j sur l’enseignement !

En décembre, notre coprésident nous prévient que les autres campus vont nous rejoindre. L’idée serait de travailler tous ensemble pour un projet « made in écolo j ». C’est surtout l’occasion de rencontrer d’autres étudiants. A écolo j, on travaille en s’amusant, on conjugue les deux.

Pause pré-blocus, blocus, examens

En février, un militant partage avec nous un documentaire parlant du réchauffement climatique, de la pollution, des catastrophes climatiques. D’accord, c’est vraiment grave, c’est urgent, mais comment une poignée d’étudiant pourrait-elle résoudre le problème ? Nous nous mobilisons et nous récoltons des inscriptions pour le « Climate Express », un train rempli de militants engagés pour la cause climatique : direction le sommet du climat à Paris.

En mars, ma coprésidente me demande de participer à un débat face à d’autres jeunesses politiques. Au début, j’ai un peu le tract, mais au fur et à mesure, je prends de l’assurance et je m’en sors très bien ! Je suis fier d’avoir une nouvelle fois représenté écolo j.

En avril, euh… Me voilà en train de distribuer des tracts et prendre des photos avec les passants, déguisé en ours !

Mai. On arrive à la fin de l’année. Elle fut riche en rencontres, en nouvelles expériences et horizons. Contrat rempli donc !

En septembre, à mon tour d’accueillir les petits nouveaux.

Thomas Van de Meersche