Édito | Décembre 2019

pictoEditoL’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit la violence comme l’utilisation intentionnelle de la force physique, de menaces à l’encontre des autres ou de soi-même, contre un groupe ou une communauté, qui entraîne ou risque fortement d’entraîner un traumatisme, des dommages psychologiques, des problèmes de développement ou un décès. Sur le site de l’OMS, seul le dernier mot de cette définition est pris pour illustration du terme violence, à travers des rangées de croix funéraires.

Pourtant, la violence ne consiste pas seulement en force physique, ni même en menaces. La violence est parfois faite d’un discours non menaçant mais néanmoins très néfaste pour la personne qui le reçoit. La violence peut également être symbolique, en faisant passer pour naturel le rapport de domination. Il en résulte souvent une intériorisation de sa position dans l’espace social.

Les personnes le plus souvent victimes de violences sont alors plus susceptibles de ne pas pouvoir s’émanciper du rôle social qu’elles jouent.

Et qui est le plus souvent victime de violences ? Les personnes plus vulnérables, qui sont donc dominées plus facilement (que cette domination soit d’ordre physique, social, politique, économique, etc). Les personnes qui ont le moins de revenus ont plus de risques d’être exploitées ou d’être simplement niées dans la société. Les femmes _ considérées comme appartenant au sexe faible _ sont également plus violentées que les hommes… Par ailleurs, un homme violent, ça parait presque normal !

Les violences s’expriment aussi à l’égard de ceux et celles qui s’écartent de la norme (transgenres, homosexuel·le·s, personnes en situation de handicap ou dont le corps est considéré comme anormal).

Mais la violence est-elle parfois un mal nécessaire ? Non ? Jamais ?

Et dans les mouvements sociaux alors ? Peut-on espérer un changement de société à travers des actions non-violentes ? Personnellement, je veux y croire car je ne pourrai jamais me résoudre à cautionner un acte violent. Seulement, je dois bien admettre que le blocage de la rue de la loi en mars 2019 a eu un impact impressionnant… de par sa nullité !

Jéromine Gehrenbeck, rédac’ cheffe