ALIMENTATION| Les Incroyables Comestibles ou l’incroyable coup de gueule citoyen

pictoDossiersAlors que le ciel des nouvelles mondiales s’assombrit, il est normal que certain.e.s citoyen.ne.s s’interrogent… Crise écologique, environnementale et sociale… Comment ne pas devenir pauvre, exclu.e ou même criminel.le climatique ?

Et la chaleur humaine ?! N’est-on pas si nombreux/ses à en demander ? A en manquer ? Pourquoi nous acharnons-nous à caresser obsessionnellement les écrans de nos smartphones, ou les lettres froides et carrées de nos claviers ?

Comment sortir de la torpeur ?
Ce que je désire faire passer ici, c’est un coup de gueule de bienveillance. Cela peut sembler paradoxal de mélanger colère et bonne volonté mais je suis convaincu que c’est un peu ce genre de coups de gueule qui ont poussé certain.e.s d’entre nous à retourner faire pousser leur espoir de jeunesse en se réappropriant l’espace public à coup de bacs de légumes ou à revivre des échanges innocents entre voisin.e.s, ami.e.s ou anonymes croisé.e.s sur un salon du bio ou lors d’un marché local. C’est la désormais célèbre Pamela Warhurst qui, dans sa petite ville de Todmorden (Yorkshire), a lancé le mouvement des Incredible Edible, connu aujourd’hui en France comme le mouvement des Incroyables Comestibles.

Mme Warhurst, malgré sa volonté de se faire passer pour une citoyenne comme les autres, ayant soudain décidé de sortir de son tourment pour mettre sérieusement les mains à la pâte (c’est ce qu’elle décrit dans son livre qu’elle consacre à son mouvement), est en réalité une militante acharnée pour la cause environnementale. Elle a d’abord travaillé pour Natural England, une ONG anglaise chargée d’assurer la protection de l’environnement sur l’Ile. Aujourd’hui présidente de Incredible Edible, elle siège également à la Forestery Commission, autre ONG chargée de la protection de l’environnement en Angleterre et en Écosse.

Autant dire qu’en matière d’environnement, Madame Warhurst n’est pas la dernière au courant. L’activiste sexagénaire a bien des choses à nous apprendre. Dans sa petite ville de 15 000 habitants, elle a fortement contribué à la propagation de ce qu’elle a fièrement appelé les jardins propagandes (bac à partager). Dans la ville de Totmorden, on les retrouve partout, ces jardins: dans les cimetières, sur les bâtiments publics, sur les trottoirs, en face du commissariat… Bref, l’activiste a en quelque sorte fait du rêve hippie une réalité en remplaçant le projet d’une révolution ensanglantée par une explosion de fleurs et de végétaux (les substances psychotropes en moins).

Un langage universel pour l’action citoyenne
Dans sa conférence TED, Pamela Warhust parle avec conviction de révolution. Si son éloquence peut ressembler à celle d’un Steve Job, sa révolution à elle, propose autre chose que la loi du plus passionné pouvant contrôler la vie des autres :
« Peut-on trouver un langage universel, qui n’est pas dépendant de l’âge, du revenu ou de la culture, qui aide les gens à trouver eux-mêmes une nouvelle façon de vivre, à voir leur environnement différemment, à réfléchir à l’utilisation de leur ressources différemment, interagir différemment ? Pouvons-nous trouver ce langage et le répliquer ? La réponse est oui, et c’est la nourriture« 

Mes cher.e.s ami.e.s, vous voilà donc briefé.e.s à la mission citoyenne qui vous sortira peut-être de votre tourment passif. Il ne vous reste qu’à assembler en face de chez vous quatre planches en un carré surélevé, y semer quelques-une de vos variétés de tomates ou de concombres préférées et d’aller sonner chez vos voisins pour leur annoncer l’arrivée prochaine de légumes à partager, sortis tout droit du terroir précieux qu’est devenu votre quartier.

Vous aurez alors réglé à la fois votre problème d’addiction aux réseaux sociaux et vous commencerez à contribuer à un monde plus beau, juste et équitable ! D’avance, toutes mes félicitations !

 

Olivier Martens

Les Incroyables comestibles sont à Liège et à Sautour, près de Philippeville