CINÉ-DÉBAT : Before the flood

écolo j Mons t’invite à venir voir Before the flood, un documentaire passionnant qui agit comme une piqûre de rappel sur le réchauffement climatique.

Le film tente de montrer comment la planète peut encore être sauvegardée et empêcher la disparition d’espèces ou encore la modification brutale et peut-être irréversible de notre environnement. L’action citoyenne par le truchement du choix des politiques lors de consultations nationales est-il une forme de réponse ?

La COP 23, pour y faire quoi ?

pictoActu

Victoire, le monde est sauvé ! C’est ce que proclamaient fièrement les leaders politiques du monde, lorsqu’en 2015 l’accord de Paris fût conclu . Mais le monde est-il pour autant sauvé et les problèmes climatiques réglés ? La réponse est évidente : non. Si le monde est en péril, c’est qu’il reste encore beaucoup à faire.

1. Les engagements volontaires des pays pour diminuer leurs émissions sont insuffisants. L’analyse de ces engagements par le monde scientifique montre un réchauffement climatique allant jusqu’à près de +4°C à la fin du siècle, alors que l’Accord de Paris mandate les pays du monde à limiter le réchauffement climatique bien en deçà des +2°C.

Objectif pour les années à venir : réviser les engagements volontaires pour atteindre l’objectif de l’accord de Paris. Pour ce faire, un dialogue de facilitation est programmé en 2018, lors de la COP24. Cependant les modalités de cet évènement sont encore à définir. La COP23 devra faire des avancées significatives dans la définition de cet évènement important.

2. Limiter le changement climatique, dont la cause est liée aux activités humaines nécessite la transition de notre économie vers une économie bas carbone. En ce point l’objectif de Paris est clair, sans toutefois établir de calendrier ou de méthode. En effet, si l’accord de Paris établit un cadre global d’actions et d’objectifs, il ne précise pas les modalités de mise en œuvre. Or, sans consignes et règles de mise en œuvre, l’accord de Paris reste une coquille vide.

Objectif pour les années à venir : définir les modalités de mise en œuvre de l’accord de Paris. Puisque l’accord s’applique pour les années 2020 et suivantes, il est impératif de régler toutes les modalités opérationnelles avant 2020. La COP23 devra avancer dans les modalités de mise en œuvre de l’accord, l’approbation de ces modalités est prévue l’année prochaine lors de la COP24.

3. La responsabilité historique des pays industrialisés et la responsabilité grandissante des pays émergents doit pouvoir contribuer à la production de moyens pour d’une part lutter contre les effets du changement climatique et d’autre part réduire les émissions responsables du réchauffement. Aujourd’hui, les pays les plus vulnérables sont également les plus pauvres et les besoins de financement sont gigantesques.

Objectif pour les années à venir : concrétiser le financement climatique international et la promesse des pays développés à fournir dès 2020 100 milliards de dollars par an. La lutte contre le changement climatique passe par du financement, mais surtout par la réorientation des investissements comme par exemple le désinvestissement des énergies fossiles. La COP23 doit être le moment pour conserver ce momentum politique et maintenir la pression.

La COP23 ne sera une réussite que si la pression reste maximale et si la société civile reste mobilisée. Cette année, les îles Fidji assureront la présidence de la COP. Des îles vulnérables et dont l’avenir se joue aujourd’hui. Bien qu’au final, l’avenir de nous tou.te.s se joue dès à présent.

Nicolas Raimondi

La COP23 s’est déroulée à Bonn du 6 au 17 novembre 2017. écolo j et Jong Groen s’y sont rendus le 4 novembre pour maintenir la pression !

Allons bloquer le 10ème plus grand émetteur de CO2 d’Europe !

pictoEnActionFin août, des membres d’écolo j se rendaient pour la seconde fois en Allemagne afin de bloquer le 10ème plus grand émetteur de CO2 d’Europe, la mine de charbon d’Ende Gelände.

L’objectif de l’action était de dénoncer les injustices liées aux changements climatiques.

La dynamique s’est poursuivie lors de la COP 23 à Bonn en Allemagne début novembre !

CONFÉRENCE | Le nucléaire, stop ou encore ?

écolo j LLN, les jeunes MR et le Kot Citoyen te proposent de se pencher sur une thématique complexe tant sur le fond que sur la forme : le nucléaire.

Pour répondre à la question de la prolongation ou non des centrales nucléaires, nous aurons le plaisir d’accueillir :

  • Jean-Marc Nollet, Député fédéral ECOLO
  • Richard Fournaux, Bourgmestre MR de la Ville de Dinant
  • Olivier Van der Maren, pour la Fédération des Entreprises de Belgique
  • Hervé Jeanmart, professeur en énergies renouvelables à l’UCL

Les présentations seront suivies d’une séance de questions réponses pour laisser place au débat.

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MANIF | COP 23 à Bonn

écolo j te propose de partir en compagnie de Jong Groen, le samedi 4 octobre, pour rejoindre la grande manifestation en vue de réclamer un accord engageant, socialement juste, et écologiquement responsable !

Programme de la journée :

  • 08h00 : départ du parking de DELTA (Rue Jules Cockx, 1160 Auderghem).
  • 12h00 : rassemblement à la Münsterplatz avec les verts venus de toute l’Europe, le cortège partira vers 12h45.
  • 17h00 : départ pour Bruxelles.
  • 20h00  : arrivée à Bruxelles.

 

Comment t’inscrire ? 20 places sont encore disponibles alors… ne tarde pas à remplir le formulaire  https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfO_5TeX9-1liO2HFbqKfcF37xVtICnX1YYFdpTyL0STuhZjg/viewform

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ENDE GELANDE | En route !

carré EGBloquer une mine pour la justice climatique !

La lutte pour la justice climatique ne peut se faire en dehors d’une approche anticapitaliste et anti-extractiviste. C’est pour cette raison que le mouvement climatique a décidé de s’attaquer aux grandes mines de charbon en Allemagne. L’objectif de cette action directe est de bloquer les mines et les centrales polluantes portant un coup directement aux grands groupes financiers responsables de cette injustice. Nous jugeons que bien que cette action soit illégale, elle légitime et nous assumons cet acte de désobéissance.

Transport en car prévu par Ende Gelande Belgium :

  • Inscriptions
  • Départ le jeudi 24 août 2017 : 17h30 de Bruxelles – 19h00 de Liège
  • Retour le lundi 28 août : 15h30 à Liège – 17h00 à Bruxelles

Y aller par ses propres moyens :

gare la plus proche Erkelenz (2h de Liège en voiture, 3h de Bruxelles info plus précise à venir)

Nourriture sur place : cuisines collectives à prix libre

Logement sous tente à prix libre au Kilmacamp

+ d’infos ici !

COP 22, de la poudre aux yeux ?

pictoActu

Nous sommes plusieurs membres d’écolo j à avoir eu la chance de participer à l’Alter COP 22 Climate Camp organisé par la FYEG (Federation of Young European Greens). Là-bas, nous avons pu rencontrer des politiciens, représentants d’ONG, participer à divers ateliers, conférences, etc. Nous avons notamment rencontré un représentant de l’ATTAC marocaine, une organisation altermondialiste, dont le discours fût très parlant.

En effet, dans son communiqué intitulé Changeons le système pas le climat, l’ATTAC dénonce : Comment peut-on imaginer que des États et gouvernements responsables du changement climatique,  les grands pollueurs de la planète tels que les sociétés pétrolières, les commerçants du bois, l’agrobusiness, les  entreprises du nucléaire et celles qui exploitent le gaz de schiste… prétendent donner des solutions aux problèmes qu’ils ont eux-mêmes créés ?  Leurs fausses solutions  ne permettront pas de limiter le changement climatique ni la destruction de l’environnement. Il est inadmissible que les États supposés représenter les populations invitent ces multinationales dans le débat sur l’avenir de la planète et de ses habitant-e-s. Voilà un discours qui prend aujourd’hui tout son sens à mes yeux.

Hypocrisie et greenwashing
Treize novembre, arrivée à Marrakech. Partout, des publicités tentent de véhiculer une image verte et positive du Maroc. D’après le chef du restaurant où nous prenons notre repas, les sans-abris auraient été emprisonnés afin de nettoyer les rues de la ville à l’occasion de la COP. Il nous explique, par ailleurs, que les habitants de Marrakech n’ont été que très peu, voire pas du tout, informés au sujet de la Conférence des Parties. Il ajoute : Pour nous un grand problème, c’est l’eau, il faut parler de la sécheresse ! Un peu plus tard dans la soirée, je cherche une poubelle. En vain. Sur la place Jemaa el fna, des petits singes en laisse ou en cage, parfois maquillés, parfois habillés, sont utilisés pour faire des photos avec les touristes. Nous voilà très vite confrontés aux réalités locales, bien loin de cette image verte que tente de diffuser l’État marocain.

Plus tard dans la semaine, nous visitons la fameuse zone verte de la COP 22. Dans l’espace innovation, le premier stand que j’aperçois est de loin celui qui m’a le plus frappée. Eco Oil, avec une fausse pompe à essence verte sur un tapis de feuilles. Un peu plus loin, une marque de bouteilles d’eau en PLASTIQUE fait sa pub : une bouteille géante composée d’un magnifique feuillage.

Non à ce jeu de dupes !
Après mon envol pour Marrakech, me voilà malheureusement bien redescendue sur terre. Entre greenwashing et youthwashing (sujet qui mériterait également d’être traité dans un autre article), ce que je retiendrai de cette COP 22 sera malheureusement l’incohérence et l’hypocrisie de la scène internationale en matière de changement climatique. Heureusement, grâce aux organisations comme la FYEG, écolo j ou l’ATTAC, nous pouvons faire bouger les choses, alors ne nous laissons pas berner par ces jeux de dupes et agissons !

Charlotte Mauquoy

 

ÉNERGIE| Pétrole, le confort ou la misère ?

pictoDossiersQue ce soit à Paris ou à Lima, les conférences des Nations Unies sur les changements climatiques (COP) soulignent l’urgence de limiter l’augmentation de la température de la terre à 2°C. Le réchauffement climatique représente un enjeu fondamental – bien que trop souvent marginalisé – dans les négociations internationales et ses impacts sur la vie des populations sont incontestables aujourd’hui. Ce phénomène est directement lié à notre consommation énergétique, elle-même dépendante de l’extraction de ressources naturelles.


Parmi ces ressources, le pétrole représente la 1ère source d’énergie au monde. Le pétrole est une matière première épuisable, dont tous les pays sont actuellement dépendants. Il fait partie des énergies fossiles avec le gaz et le charbon. Ces combustibles tirés du sous-sol sont responsables de 2/3 des émissions de gaz à effet de serre – dont 35% sont dues au pétrole – et contribuent ainsi au réchauffement de la planète.

L’exploration et l’extraction de matières premières comme le pétrole ne se réalisent pas sans conséquences pour l’homme et l’environnement, notamment dans les pays du Sud qui en sont les principaux producteurs. On constate en effet que 75% de la population mondiale en situation de pauvreté vit dans des régions où les ressources naturelles sont abondantes.

Prenons le cas du Pérou. Ce pays d’Amérique du Sud est colonisé par les industries extractives  : 62% du territoire national est sous concession gazière ou pétrolière et 20% sous concession minière.

En Amazonie péruvienne, les communautés indigènes souffrent directement de l’exploitation du pétrole qui se trouve sur leur territoire et qui détruit leurs conditions de vie. Le gouvernement ne respecte pas la consultation préalable, libre et informée des populations susceptibles d’être affectées par un projet, principe inscrit dans la Convention 169 de l’OIT. Les multiples accidents et pollutions des entreprises pétrolières nuisent à la santé, à un environnement sain et à l’alimentation des communautés. Leur  territoire est accaparé et leur identité culturelle altérée par la présence de ces projets d’envergure.

En février 2016 par exemple, en raison d’une mauvaise maintenance des oléoducs, des écoulements se sont produits pendant plusieurs jours dans les régions péruviennes Amazonas y Loreto. Cependant, aucune sanction contre les entreprises n’a à ce jour été prise et les familles affectées ne bénéficient d’aucune aide particulière.

En tout, ce sont plus de 200 conflits sociaux qui agitent le Pérou depuis plusieurs années, dont les ¾ sont de type socio-environnemental. Ainsi, une réelle fracture existe entre l’État, la population et les entreprises. Peu de mécanismes de dialogue entre les différentes parties aboutissent réellement.

Et la balance semble pencher du côté des multinationales. Ces 3 dernières années, le Pérou a adopté des mesures économiques qui facilitent leurs investissements, mais qui mettent en danger la protection de l’environnement, les conditions de travail et le droit à la propriété de la population locale.

Bien que l’extraction des matières premières soit une priorité pour l’équilibre économique de nombreux pays, il est primordial que les États développent des politiques de prévention des risques, de transparence(1) et d’accès à l’information pour les populations locales.

Ce respect des populations du Sud doit aller de pair avec un changement réel des comportements et de la consommation énergétique des citoyens dans les pays du Nord. Comme l’explique l’Agence Internationale de l’Énergie  : Si nous voulons conserver la température de la terre en-dessous des 2°C, 2/3 des réserves fossiles prouvées doivent être laissées dans le sol.

Il est donc impératif aujourd’hui de diminuer notre dépendance au pétrole, pour préserver notre planète et les populations qui en dépendent directement. S’il incombe aux responsables politiques d’avancer en ce sens, les citoyens peuvent également poser des gestes significatifs au quotidien.

Déborah Tousch

(1)  L’initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) est un exemple des processus mis en place qui vise l’amélioration de la gouvernance des ressources naturelles.

ÉNERGIE| L’énergie en Belgique

pictoDossiersDu réveil au coucher, l’énergie est partout. Vivre sans ses formes actuelles paraitrait inconcevable pour l’écrasante majorité d’entre nous. Au fond, pourtant, sait-on vraiment dans quel ordre de grandeur se situent la production et la consommation belges ? Après d’énergiques recherches, voilà le bulletin inquiétant qui ressort notamment des chiffres de l’Agence internationale de l’Énergie pour 2013…  


Énergie primaire (EP) vs. Énergie finale (EF)

Pour cographiquesLucasmmencer, il convient d’établir une distinction claire entre l’EP (forme d’énergie directement disponible ou énergie issue d’une seule transformation) et l’EF (forme d’énergie disponible en bout de chaîne). Le premier constat alarmant se situe déjà au niveau de l’EP et du fossé entre la production et la consommation de cette énergie en Belgique. Tous les combustibles fossiles utilisés  sont importés directement de l’étranger, la production d’EP ne repose que sur l’énergie nucléaire (75%) et les énergies renouvelables (25%). Si l’on ajoute à cela que l’EP produite en Belgique ne représente qu’un peu plus d’un tiers seulement de la consommation intérieure brute d’énergie en Belgique, la situation parait pour le moins urgente.

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Au niveau de la consommation d’EP, l’industrie et la chimie en prennent chacune à leur compte environ 23%, le logement 21,4%, le transport 20,2%, le secteur tertiaire 11,6% et l’agriculture 1,7%. Si l’on compare la consommation d’EP par habitant de la Belgique au reste du monde, le bilan n’est pas non plus encourageant : même si elle ne représente « que » 2/3 de l’américaine, elle est largement supérieure à l’européenne (44%), la française (23%) et la japonaise (26%).


Nucléaire et consommation  : ambiance électrique !

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La production d’électricité est l’un des nombreux usages de l’EP et, là encore, les chiffres ne sont pas vraiment rassurants. La Belgique est juste derrière la France le pays qui dépend le plus de l’énergie nucléaire avec une part de plus de 50% de l’électricité produite en Belgique (loin devant les 31% des centrales thermiques à combustibles fossiles et les 17% générés par les énergies renouvelables). Vu la sortie du nucléaire prévue dans un futur plus ou moins proche et le tarissement progressif des énergies fossiles, il est impératif de passer à la vitesse supérieure dans l’investissement dans les énergies renouvelables.

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En 2013, la consommation totale d’électricité en Belgique s’élevait à 89,09 TWh, soit environ 8020 kWh/habitant. Ce total, bien qu’il ne dépasse pas celui des États-Unis, est plus de 2,5 fois supérieur à la moyenne mondiale. Entre 1990 et 2013, la consommation d’électricité en Belgique a augmenté de 40% alors que la population n’a augmenté que de 10%. L’industrie caracole toujours en tête avec ses 46% de la consommation, suivie du secteur tertiaire avec 27,2%, du logement (24,5%), du transport (2,1%) et de l’agriculture (0,3%).

De l’étranger dans le gaz
Principalement utilisé pour la production d’électricité, le chauffage, l’eau chaude, la cuisson des aliments et parfois même pour le transport, le gaz consommé en Belgique provient exclusivement de l’étranger (Pays-Bas, Norvège, Allemagne, Qatar et Royaume-Uni). Il est généralement moins coûteux et moins polluant que les autres énergies fossiles. Sur les dix dernières années, la moyenne annuelle de consommation en Belgique se situe entre 180.000 et 190.000 TWh, avec quelques fortes variations dues à un temps particulièrement doux ou au contraire particulièrement rude en hiver.

La Belgique bien au-dessus de la moyenne européenne au niveau du pétrole
Le constat est le même pour le pétrole : tout est importé, principalement depuis la Russie (40%), les pays de l’OPEP dont l’Arabie saoudite (31%), l’Iran (7,5%), le Royaume-Uni et la Norvège. Le secteur des transports (voitures, avions, bateaux…) absorbe plus de la moitié du pétrole mondial, mais il est également utilisé par l’industrie pétrochimique pour fabriquer du plastique et il peut être transformé en fioul ou en bitume, notamment. Le pétrole compte pour pas moins de 40% de l’approvisionnement énergétique belge, loin devant le gaz naturel (25,5%), le nucléaire (19,7%), les énergies renouvelables (7,7%) et le charbon (5,7%). La Belgique consomme 2,15 tonnes de pétrole par habitant et par an, soit 650 kilos de plus que la moyenne européenne.

Vite la transition énergétique !
Avec ce mauvais bulletin, la raréfaction des énergies fossiles disponibles et leur coût environnemental, il est temps d’investir massivement dans la transition énergétique. D’ici à 2020, la part des énergies renouvelables dans la consommation d’EP de la Belgique devra passer de 7,7% (2013) à 13%. La diminution de la consommation d’EF doit également faire partie de nos priorités, notamment grâce à l’isolation des bâtiments et à une flexibilité accrue dans la consommation. Une prise de conscience collective et du courage politique sont absolument nécessaires. Le temps presse.

Lucas Bernaerts

Petite sélection subjective pour aller plus loin :

CLIMAT| Et quand il n’y aura plus de glace ?

eskimospictoDossiersCe n’est pas nouveau : nous ne sommes pas égaux face aux changements climatiques. En effet, les pays du Sud sont particulièrement sujets aux catastrophes naturelles engendrées par le dérèglement de notre climat. Et au Nord, comment cela se passe-t-il ? Comment les peuples de l’Arctique parviennent-ils à s’adapter à la hausse des températures ?  

Le réchauffement du climat est particulièrement important dans l’Arctique : la température moyenne a déjà augmenté deux fois plus que dans les autres régions du globe et a engendré une diminution importante de la surface de la banquise. Les Inuits sont plus ou moins 150.000 à vivre dans différentes régions de l’Arctique et leur mode de vie est intrinsèquement lié à la Terre et au climat. En décembre 2005 (et oui, les problèmes ne datent pas d’hier !), une pétition avait été déposée par les Inuits contre les États-Unis, tenus pour responsables des effets du réchauffement climatique (1). Cette pétition évoque les problèmes auxquels doivent faire face les peuples de l’Arctique.

Sécurité
La détérioration de la qualité et de la quantité de neige et de glace a rendu la vie quotidienne, et surtout les voyages, des Inuits moins sécurisée. La fonte du pergélisol cause des glissements de terrain imprévisibles. L’augmentation des températures, du niveau des mers, ainsi que la diminution de la durée de la saison des glaces engendrent plus de tempêtes, qui sont de plus en plus violentes. Les changements climatiques ont ainsi rendu la prévision du temps plus difficile pour les Inuits : pourtant, cet élément est essentiel pour assurer leur sécurité. Le changement de direction des vents a également modifié l’orientation des amas de neige qui aidaient traditionnellement les Inuits à s’orienter. Un autre élément important peut être mentionné : la qualité de la neige ne permet plus de faire des igloos et oblige les Inuits à dormir dans des tentes, beaucoup moins isolées que les igloos traditionnels, ce qui peut s’avérer dangereux pour le maintien de leur température corporelle.

Faune
Les animaux sont essentiels pour la survie des Inuits, que ce soit pour leur nourriture ou pour leurs vêtements. Cependant, à cause de la fonte des glaces, les phoques et les caribous migrent vers des lieux moins accessibles à la chasse. De plus, les zones d’habitat des ours polaires se retrouvent plus près des campements humains, ce qui peut s’avérer dangereux pour les Inuits. A cause des fontes et des regels successifs des neiges, les plantes deviennent inaccessibles aux animaux herbivores, qui s’en vont alors voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs.

Santé
Les changements climatiques ont bouleversé l’alimentation des Inuits : les aliments sources de protéines se trouvent à des endroits différents et en moins grosses quantités qu’avant. La viande est aussi de moins bonne qualité. De plus, c’était grâce au pergélisol que les Inuits conservaient leurs aliments : aujourd’hui ils ont dû abandonner cette pratique. Ainsi, ils ne savent plus subvenir à leurs besoins uniquement par la chasse et les récoltes traditionnelles et sont obligés d’aller acheter de la nourriture dans les grands magasins. N’étant pas habitués à ce type de nourriture, cela contribue à la détérioration de leur santé (augmentation des cas de diabète, cancer, obésité ou encore des problèmes cardio-vasculaires). Notons également que les déménagements forcés à répétition, liés à la fonte des glaces, contribuent à la détérioration de la santé mentale des Inuits.

Accès à l’eau potable
Les sources d’eau potable sont devenues beaucoup moins nombreuses. Le niveau des lacs et des rivières a fortement diminué, certains étant même complètement asséchés. Il y a également de plus en plus d’algues et d’insectes présents, rendant la quantité d’eau potable disponible de moins en moins importante.

Culture
Les Inuits ont été forcés d’abandonner certaines de leurs pratiques ancestrales : par exemple, les nouvelles générations ne savent plus comment construire un igloo. Les aînés ont perdu de leur prestige dans la société, principalement à cause du fait qu’ils ne savent plus prédire le temps. Pour terminer, certaines festivités ont dû être avancées de plusieurs semaines dans l’année, à cause du manque de neige et de glace durant les dates traditionnellement choisies pour les célébrations.

Les changements climatiques influencent donc fortement la vie des Inuits. Pourtant, selon les prévisions de nombreux scientifiques, ces changements ne sont pas prêts de s’arrêter. Pour le bien-être de tou(te)s, prenons soin de la glace qu’il nous reste !

Référence :
(1) WATT-CLOUTIER, Sheila (submitted by), Petition to the Inter American Commission on human rights seeking relief from violations resulting from global warming caused by acts and omissions of  the United States (December 7, 2005 ), « C. Global warming harms inuit life and culture », p. 35-67.

Pauline Marchand

Médias | Planète

Uptown Funk Microbead Parody
#Ditchthosebeads

https://youtu.be/hw6vdZ8QJEw


 

What really happens to the plastic you throw away
Emma Bryce


 

Our Plastic, Our Problem
(A marine litter info-operetta !)


 

Beat The Micro Bead
Plastic Soup Foundation & The North Sea Foundation


 

Cowspiracy: The Sustainability Secret,
réalisé par Kip Andersen & Keeghan Kuhn (2014)

Kip Andersen découvre que l’élevage animal industriel contribue davantage au réchauffement climatique que l’ensemble du secteur des transports. En tentant d’en apprendre plus sur le sujet, Andersen se rend compte que les plus grandes organisations environnementales (Greenpeace, WWF, etc.) ne font rien pour mettre cette information en évidence.

https://www.youtube.com/watch?v=K3wbuqhxSqA



Promised Land
,

réalisé par Gus Van Sant (2012)

Steve Butler et sa collègue Sue Thomason, employés de la compagnie pétrolière Global, arrivent à McKinley, une bourgade de campagne de Pennsylvanie, avec pour but de racheter les terres des paysans en leur promettant de faire fortune avec l’or qu’ils ont sous les pieds.



Le sel de la Terre,
réalisé par Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado (2014)

Depuis quarante ans, le photographe Sebastião Salgado parcourt les continents sur les traces d’une humanité en pleine mutation. Alors qu’il a témoigné des événements majeurs qui ont marqué notre histoire récente : conflits internationaux, famine, exode… Il se lance à présent à la découverte de territoires vierges aux paysages grandioses, à la rencontre d’une faune et d’une flore sauvages dans un gigantesque projet photographique, hommage à la beauté de la planète.

CLIMAT| Comment financer la protection du climat ?

pictoDossiersfinancementCopenhague 2009: échec. Voilà ce que nous avons en mémoire : aucun accord signé entre les parties, peu d’ambition, une société civile abattue et, surtout, une rupture de confiance. Pourtant, des éléments importants concernant l’avenir du « financement climat » ont été décidés.

Sauvé par une trentaine de pays qui rédigent une déclaration politique, qui sera ensuite reconnue par l’ensemble des pays, Copenhague ouvre le débat sur le « financement climat ». En effet, pour atteindre les objectifs de réduction de gaz à effet de serre et aider les pays les plus vulnérables aux changements climatiques, il faut mobiliser de l’argent. C’est dans ce but que deux décisions sont actées en 2009, et confirmées en 2010.

Fast-Start et Fond vert pour le climat
La première décision : lancer un financement rapide, appelé « Fast-Start », à hauteur de 30 milliards de dollars sur deux années (2010-2012).  Les fonds levés par ce programme doivent être nouveaux et additionnels, financer de manière égale des projets d’atténuation et d’adaptation, et provenir de sources diverses. Ils doivent également privilégier des projets dans des pays plus vulnérables, par exemple les pays insulaires.

La deuxième décision : mobiliser à partir de 2020, et pour chaque année, 100 milliards de dollars via la création d’un Fonds vert pour le Climat. L’objectif est d’améliorer la transparence, en regroupant de nombreux fonds existants et de mieux identifier les sources et demandes de financement. Si l’objectif est fixé, la mise en œuvre est complexe. Le chemin reste long pour atteindre l’objectif fixé en 2020.

Origine des financements ?
Le débat sur l’origine des financements est également ouvert. Faut-il de l’argent 100% public ? Faut-il impliquer le secteur privé ? Et sous quelles formes : des dons, des prêts, des garanties ? Trouver des financements pour le climat, c’est toucher au sujet sensible des budgets nationaux. On se souvient de l’alerte lancée par les ONG pour dénoncer un mécanisme de double comptage, qui consiste à attribuer le même budget à la fois comme aide au développement mais aussi comme financement climat.

Pour nous, écolojistes, les pistes pour parvenir à financer l’atténuation et l’adaptation sont claires : mettre à contribution les spéculations et transactions financières, ou encore réorienter les investissements en dehors des énergies fossiles.  Alors, en avant !

Nicolas Raimondi

CLIMAT| System change, not climate change !

pictoDossierssystemeChangeUne action efficace contre le changement climatique est-elle possible sans une remise en question du cadre productiviste et consumériste ? Quelle position adopter face aux fausses solutions technoscientifiques ? Une croissance économique infinie dans un cadre de ressources naturelles finies pose question. Jackson pointe dans son livre, Prospérité sans croissance, le lien jusqu’à présent indissociable entre la croissance du PIB et la consommation d’énergie.

La porte de sortie avancée par les défenseurs du cadre actuel serait le découplage entre croissance et consommation d’énergie fossile grâce aux avancées technologiques : ce découplage est relatif si la pollution augmente moins rapidement que la croissance économique, tandis qu’il est absolu si la pollution diminue lorsque la croissance économique augmente. Les avancées technologiques n’ont permis d’atteindre qu’un découplage relatif, insuffisant pour enrayer les problèmes de changement climatique !

Fausses solutions
Les défenseurs de la croissance misent tout sur la technologie et sur des solutions de marché pour lutter contre le changement climatique : agrocarburants, OGM, nucléaire, voitures « écologiques », etc. Ces solutions entraînent des problèmes sociaux et environnementaux importants. De plus, leur efficacité est souvent remise en question. Par exemple, le développement de l’efficacité énergétique des voitures « écologiques » entraîne une diminution de la consommation par km, et donc une diminution du prix au km. Ceci provoque alors une augmentation des km parcourus. Au final, la pollution liée au transport automobile ne fait donc qu’augmenter.
Les connivences des multinationales qui défendent ces fausses solutions sautent aux yeux ! Par exemple, BNP Paribas, Suez, Engie, Renault-Nissan (pour ne citer qu’eux), étaient des sponsors officiels de la COP21 2015.

La crise climatique n’est que la pointe de l’iceberg d’un système malade, incapable d’apporter des solutions conséquentes aux problèmes actuels. Les fausses solutions qui s’inscrivent dans le système capitaliste néolibéral ont le vent en poupe, mais accentuent certains problèmes environnementaux et les tensions sociales. Face à cette crise systémique, la réponse ne peut être qu’une remise en question du cadre général.

Hugo Périlleux Sanchez

CLIMAT| Le recyclage, une responsabilité commune

pictoDossiersUne merecyclageilleure gestion des déchets d’équipements électriques et électroniques est aujourd’hui indispensable, tant pour des raisons environnementales et sociales qu’économiques. Au cadre législatif devant être mis en place aux niveaux européen et national, doivent répondre des engagements concrets de la part des entreprises et des citoyens.

 

Des appareils électriques et électroniques novateurs ne cessent d’apparaître et rendent rapidement leurs prédécesseurs obsolètes: les lecteurs mp3 ont éclipsé les walkmans, les tablettes numériques ont d’ores et déjà détrôné les ordinateurs portables. Pour autant, la diffusion des innovations technologiques ne s’est pas accompagnée de pratiques de recyclage adéquates et optimales. Ainsi, si plus de 4 milliards de GSM sont utilisés aujourd’hui dans le monde, seuls 3 % d’entre eux sont recyclés.

Dans les pays du Nord de la planète, la technologie fait tant partie des identités sociales et culturelles actuelles, qu’il est difficile de la remettre en question. Son omniprésence doit toutefois être interrogée. En effet, en conséquence à notre utilisation massive d’appareils électriques et électroniques, « nous devons faire face à un véritable tsunami de déchets électroniques qui déferle sur le monde » (1).  Or, la quantité de déchets que nous générons est la résultante d’un mode de vie insoutenable à long terme.

Pourquoi recycler ?
Le recyclage permettrait de réduire l’impact environnemental qui découle de la production primaire des métaux composant nos appareils électriques et électroniques. Si les trois milliards de détenteurs de GSM à travers le monde faisaient recycler leur mobile, 240 000 tonnes de matière première seraient préservées, réduisant ainsi l’équivalent en gaz à effet de serre de quatre millions de véhicules.

Responsabilités
La responsabilité d’un changement sociétal profond repose en partie sur les épaules des entreprises, de l’État et de l’Union européenne, qui doivent soutenir une transformation de nos modèles économiques et industriels actuels. Ces acteurs sont habilités à insuffler une dynamique pour détourner progressivement notre économie de stocks de matières premières et de déchets, où les produits vont de la mine à la décharge, pour embrasser une économie circulaire, où les matières, et surtout les ressources, non renouvelables, s’inscriraient dans des cycles d’utilisation et de recyclage.

Si l’Union européenne s’active déjà à recycler en développant un arsenal législatif en matière de traitement des déchets (voir la directive 2002/96/CE), les industriels sont amenés à réinventer les modalités d’émergence et de mise en œuvre de l’innovation en considérant les conditions dans lesquelles elle peut être « techniquement, socialement et économiquement viable » (2). Les conclusions du Conseil européen de Göteborg (juin 2001) sont sans appel à cet égard, précisant notamment qu’« une économie performante doit aller de pair avec une utilisation durable des ressources naturelles et une production viable de déchets (…) ».

Cette évolution implique la mise en œuvre de programmes d’apprentissage internes pour stimuler la prise de conscience par la diffusion de valeurs organisationnelles et de principes éthiques.

Le citoyen aussi !
Mais ne l’oublions pas, les citoyens sont aussi en mesure de promouvoir une meilleure prise en charge des déchets. D’une part, il nous revient de recycler plus systématiquement : une trop grande quantité d’appareils électriques et électroniques hors d’usage ou inutilisés se retrouvent stockés au domicile, enfouis en décharge ou incinérés sans valorisation énergétique. D’autre part, il est de notre ressort de consommer avec plus de sagesse : une gestion optimale des externalités commence d’abord par la prévention des déchets générés, comme le rappelle l’adage selon lequel « le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas ».

Que faire de nos appareils hors d’usage ?
Des associations reprennent gratuitement les appareils électroniques pour les porter au recyclage (Les Petits Riens, Oxfam Solidarité, Droit et devoir, Tac Tic informatique, l’Atelier TIC Tanneurs, La Poudrière, Emmaüs, CF2D, etc.)

> Donnez une seconde vie à vos appareils (www.res-sources.be)
> Parcs à conteneur (www.recupel.be)
> Reprise des appareils électroniques en échange d’un prix de rachat (Love2recycle.be, Recyclez-moi)
> Reprise des GSM contre un don à l’association de votre choix (Mon ex-tel)

(1) Achim Steiner, directeur exécutif de L’UNEP en mai 2015.
(2) DIEMER Arnaud, « La technologie au cœur du développement durable : mythe ou réalité ? », Innovations, 2012, Vol.I, n°37, pp.73-94.
(3) Communication COM (2001) 264 final de la Commission du 15.5.2001. «Développement durable en Europe pour un monde meilleur: stratégie de l’Union européenne en faveur du développement durable».

Flora Barland, volontaire à la Commission Justice et Paix

CLIMAT| Initiative citoyenne, Bees Coop Supermarket

pictoDossiers«  Au départ, on s’est posé la question de comment consommer en accord avec nos valeurs. Ensuite on a voulu rendre ça possible pour un maximum de gens » (Quentin)

Bees coop est une ASBL qui s’est lancée  depuis 2 ans dans un grand projet de supermarché coopératif et solidaire, qui verra le jour à Schaerbeek. Quentin est l’un des coordinateurs du projet depuis ses débuts, il a accepté de m’en raconter un petit peu plus.

O- Comment cette idée vous est-elle venue à l’esprit ? De quoi êtes-vous partis ?

Q- Au début, tout a commencé dans le cadre du réseau associatif bruxellois ADES, où s’organisent de nombreuses activités de sensibilisation et de mise en action à propos des valeurs écologiques et démocratiques. En fait, on s’était dit : « On veut consommer en accord avec nos valeurs mais ce n’est pas tout à fait possible, qu’est-ce qu’on pourrait faire ? » Cette question, beaucoup de gens se la posent à Bruxelles et ne trouvent pas forcément de solution. Il existe les GASAP (Groupe d’Achat Solidaire de l’Agriculture Paysanne) ou d’autres réseaux d’achats groupés, mais qui rassemblent souvent un public déjà sensibilisé. Ce sont des réseaux assez fermés. Après, il y a les magasins bio, mais qui, là non plus, ne conviennent pas forcément à un public diversifié, ne serait-ce que pour le coût de leurs produits.

O- Comment en êtes-vous venu à vouloir créer un supermarché ?

Q- Il y a deux ans, on a entendu parler des coopératives alimentaires et du modèle Park Slope Food Coop de Brooklyn. On également vu qu’un projet similaire se lançait à Paris. Nous avons alors participé à une rencontre à Bruxelles, avec un coopérateur de Paris ; il y a avait là 20 ou 30 personnes intéressées par le projet. Mon ami et moi avons alors présenté celui-ci sur Bruxelles, et bon nombre de personnes nous ont rejoints.

O- Les valeurs portées par un tel projet sont nombreuses, parmi lesquelles la durabilité, la solidarité et la coopération. Votre ambition est également de faire participer chaque citoyen. Pourrais-tu m’expliquer tout cela ?

Q- Oui, le but est de permettre un accès à l’alimentation durable à un maximum de personnes. Pour ce faire, il faut s’inscrire dans une économie locale, en créant des partenariats sur le long terme avec des producteurs de la région. Ensuite, grâce au mode de fonctionnement participatif et coopératif, les consommateurs sont à la fois propriétaires, travailleurs et clients. Cela permet d’arriver à un prix accessible pour les consommateurs, tout en rémunérant correctement le travail du producteur. Finalement, l’objectif est également de créer un espace convivial et de renforcer la cohésion sociale. Les gens y travailleront mais y prendront aussi un café et feront des rencontres.

O- Et par rapport aux citoyens qui s’engageront, comment le travail s’organisera-t-il ? N’y-a-t-il pas des obstacles au niveau des compétences nécessaires ?

Q- La majorité des clients auront des tâches simples : s’occuper du réassortiment, accueillir les grossistes, gérer les stocks, travailler en caisse ou encore gérer l’entretien du bâtiment. C’est principalement ça qui va être pris en charge par les coopérateurs. Ensuite, il y a un fonctionnement par équipe et un responsable en fonction des projets, de la volonté  et de la disponibilité des gens. Il y aura des groupes de travail et des formations disponibles. Il ne faut pas se dire que les choses sont inaccessibles : avec un accompagnement de qualité, tu peux parvenir à des choses incroyables.

O- À en juger les résultats de votre crowdfunding (18 000 euros en 21 jours), vous bénéficiez d’un important soutien de la part des gens ?

Q- Pour l’instant, on a un public plutôt informé, mais durant les séances d‘info que nous organisons chaque semaine, nous avons à chaque fois 20 à 30 personnes : une ou deux personnes viennent via Facebook, et le reste, c’est uniquement du bouche à oreille. On a de plus en plus de gens qui ne sont pas forcément des réseaux écologistes ou intéressés par le développement durable ! Après, le but, c’est d’avoir une réelle mixité sociale. On s’implante à Schaerbeek où il y a beaucoup de populations immigrées. On  a envie que le Bees coop supermarché ne soit pas seulement un lieu de vente, mais un lieu de vie.  On travaille avec les associations de quartier : au conseil communal il y a une structure qui rassemble toutes ces associations, on va aller y présenter notre projet pour que les gens soient bien au courant de ce qui se met en place. Ensuite, la volonté est de travailler avec chaque association pour trouver des complémentarités et pour comprendre de quoi a besoin tel ou tel public, afin qu’il puisse venir travailler avec nous.

Interview réalisée par Olivier Martens

CLIMAT| Pourquoi désinvestir l’énergie fossile ?

pictoDossiersDepuis 201desinvest0, le désinvestissement est devenu l’un des enjeux de la lutte environnementale. Alors qu’au début, les campagnes de désinvestissement étaient concentrées sur les campus américains et anglais, de plus en plus d’institutions se lancent aujourd’hui dans cette aventure.

Pour comprendre un peu mieux le phénomène, je suis allé à la rencontre de Frank Vanaerschot, chargé de plaidoyer et de campagne de désinvestissement chez FairFin (équivalent flamand de Financité), une association qui s’occupe de recherches sur la finance éthique et solidaire.

Kaai Theater
Fin 2010, FairFin a lancé une campagne sur le désinvestissement des banques belges dans les énergies fossiles, mais cela n’a pas abouti à une action concrète. Quelques années plus tard, le mouvement a pris de l’ampleur et le milieu associatif a relancé des actions.
Une des actions les plus marquantes est sans doute celle du Kaai Theater, un centre d’art bruxellois engagé mais qui, paradoxalement, était sponsorisé par KBC, une banque qui investit dans les énergies fossiles. Le théâtre a  décidé de lancer une campagne pour le désinvestissement, en créant des sets de table dénonçant les investissements de la banque. Sachant qu’une bonne partie de la clientèle de la cantine du Kaai Theater faisait partie de KBC, l’information a vite circulé. Suite à cela, le président de KBC a dit vouloir désinvestir le secteur des énergies fossiles, mais à titre individuel.

Outil pour les citoyens
Avec le site bankwijzer.be, FairFin a voulu mettre à disposition un outil pour les associations, les citoyens et les entreprises désireux d’investir dans des fonds éthiques. « Nous avons analysé les politiques d’investissement de différentes banques belges et nous les avons classées en fonction de leurs aspects éthique et social. En plus de cela, nous proposons aux personnes de nous soutenir dans notre plaidoyer en adressant une demande pré-remplie, à titre individuel, aux décideurs politiques et aux dirigeants des grandes banques ».

L’entretien touchant à sa fin, Frank nous donne une bonne raison pour ne pas investir dans les énergies fossiles : « C’est une bulle du carbone : nous savons que pour maintenir le réchauffement global de 2°C, il faut que 80 % des réserves d’énergies fossiles connues jusqu’ici reste sous terre jusqu’à 2050. Mais comme la valeur des entreprises du secteur des énergies fossiles dépend grandement de l’utilisation de ces réserves, leur valeur ne peut que diminuer et faire fuir les investisseurs ».

Jean-Michel Muhire

CLIMAT| Migration climatique, enjeux et solutions

pictoDossiersC’esmigrationt un fait, le dérèglement climatique touche particulièrement les populations les plus pauvres et les plus fragiles : sécheresses, inondations, ouragans ou cyclones, ces phénomènes se multiplient. Certaines populations sont déjà contraintes d’abandonner leurs terres, devenues inhabitables. Ce phénomène s’appelle la migration climatique, c’est-à-dire le déplacement de populations résultant d’une crise environnementale.

Connaissez-vous l’archipel des Kiribati ? Ce petit état insulaire de l’Océan Pacifique risque de disparaître, menacé par la montée des eaux. Saviez-vous qu’en Syrie, une sécheresse historique a entraîné un exode massif de la population vers les zones urbaines et a amenuisé les récoltes ? Les pays occidentaux ne sont pas non plus à l’abri : en 2005, l’ouragan Katrina dévastait la Nouvelle-Orléans, jetant un million et demi d’Américains dans la rue. Beaucoup d’entre eux ne sont jamais retournés chez eux.

Organe multiplicateur de menaces 
Le dérèglement climatique n’est pas forcément l’unique motivation, ni la cause la plus directe, des phénomènes migratoires. Souvent, ce sont les effets indirects de celui-ci qui entrent en jeu. Bien que cela soit difficile à chiffrer, il est plus que probable que le dérèglement climatique joue un rôle largement sous-estimé dans la fragilisation de nos sociétés. Loin d’être une cause unique à nos difficultés actuelles, le dérèglement climatique apparaît comme un multiplicateur de menaces : il exacerbe les tensions et entretient l’instabilité partout où ses effets se font ressentir.

Solutions envisagées
Face à la montée en puissance de ces phénomènes, plusieurs solutions sont envisagées. Certaines voix réclament la reconnaissance d’un statut de réfugié climatique. Ce statut devrait permettre aux migrants confrontés aux conséquences du dérèglement climatique de demander la protection d’un autre État. Ainsi Loane Teitiota, un habitant des Kiribati a demandé à la Nouvelle-Zélande d’obtenir le statut de premier réfugié climatique de la planète, sans succès.
Cependant, ces démarches juridiques ne peuvent occulter la responsabilité de nos gouvernements en la matière. Depuis la conférence sur le climat de Cancun (2010), les États peuvent investir dans des programmes d’adaptation au changement climatique ; néanmoins, cette stratégie est peu utilisée. De plus, ces programmes se coordonnent encore plus rarement avec les politiques migratoires de nos États.

Pour plus d’infos : www.nanseninitiative.org

Thomas Van De Meersche

Navet pour… Les ambitions climatiques belges

pictoPalmesEtNavetsLa Belgique ferait partie des mauvais élèves européens en matière d’objectifs climatiques pour 2020. Avec trois autres pays, il y a de fortes chances que nous ne soyons pas en mesure d’honorer nos engagements. Compte tenu des faibles ambitions des gouvernements belges, à tous les niveaux de pouvoir, est-ce réellement une surprise ?

Esther Ingabire

Édito | Décembre 2015

edito_dec2015pictoEditoChers Jumpiens, chères Jumpiennes,

Cet édito est un peu spécial pour moi car c’est le dernier que j’écrirai en tant que rédactrice en chef du Jump. En effet, je remettrai bientôt ma plume en cheffe à l’une ou l’un d’entre vous, qui se sentira d’attaque pour apporter sa modeste, mais non moins importante, contribution à la révolution écolojiste.

Je l’ai encore répété l’autre jour : si je suis arrivée chez écolo j, c’est grâce à l’écriture. Le fait de devenir rédactrice en chef du magazine fut pour moi une occasion unique de m’investir dans la vie associative et militante. Je dois avouer que les manifs et les calicots, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé… Mais grâce au Jump, j’ai été en mesure d’apporter ma pierre à l’édifice ! Ce n’est pas grand-chose me direz-vous, ce n’est pas avec un magazine que l’on change le monde. Oui c’est vrai, mais si grâce à ma participation, j’ai pu conscientiser ou interpeler, ne fut-ce que quelques lecteurs(trices), je considère que ma mission a été accomplie. Ne sommes-nous pas tous complémentaires ? J’aime écrire, tu aimes manifester, ton voisin aime débattre… Il y a tellement à faire pour changer le monde, autant nous répartir la tâche !

Pour terminer ce mandat en beauté, on m’a demandé, à moi et à ma chère coéquipière graphiste Magali (que je remercie pour son travail et sa bonne humeur !), de créer un Jump sur le climat. Quelle lourde responsabilité ! C’est une thématique très large, mais surtout, c’est revenir à l’essentiel de notre combat. Juste après l’organisation de la COP21 à Paris, c’est l’occasion rêvée de continuer le débat et de rappeler à celles et ceux qui l’auraient oublié que nous vivons dans un monde fragile et interdépendant : recyclage, consommation, migrations, inégalités, alimentation… Quel est le lien entre tous ces éléments ? Ils ont tous un rapport avec le climat, notre environnement et notre planète.

Je vous souhaite une lecture fructueuse et de merveilleuses fêtes de fin d’année ! N’hésitez pas à utiliser les articles du Jump pour pimenter les discussions familiales du repas de Noël…

“You are not Atlas carrying the world on your shoulder. It is good to remember that the planet is carrying you.”– Vandana Shiva

Traduction: « Tu n’es pas Atlas qui porte le monde sur tes épaules. C’est bien de se rappeler que c’est la planète qui te porte. »

Pauline Marchand, rédactrice en chef

Picardie : Nuit du climat

nuitDuClimatpictoEnActionécolo j, Ecolo Picardie et Etopia ont animé, le 10 novembre dernier, une nuit du climat rythmée par des projections de films, des dégustations diverses et une soirée dansante. Cette nuit avait  pour objectif d’attirer l’attention du grand public sur les enjeux liés au changement climatique et sur la portée politique de la COP21.

Alternatiba : écolo j LLN était présente

enAction01_dec2015pictoEnActionCe 29 octobre, écolo j LLN participait au village Alternatiba de Louvain-la-Neuve. C’était pour nous l’occasion d’aller à la rencontre des étudiants du campus, de rappeler nos revendications en matière de climat et de présenter des alternatives plus respectueuses de l’environnement et visant à une justice climatique.

L’ULB doit désinvestir des énergies fossiles !

ulbDesinvestpictoEnActionécolo j ULB se lance dans une campagne pour inciter l’ULB à désinvestir des énergies fossiles. Elle organisait une conférence sur le sujet le 22 octobre avec B. Bayot de Financité et M. Balcaen de Greenpeace.   Elle a également écrit au conseil d’administration de l’ULB pour le convaincre de l’importance de désinvestir.

écolo j Namur au FIFF

namurAuFiffpictoEnActionÇa bouge à Namur ! écolo j s’est invitée au FIFF et au Parlement wallon, ce 5 octobre, pour rappeler ses priorités pour le climat. Une action qui s’inscrivait dans le cadre de la grande mobilisation d’écolo j pour le climat en vue de la COP21 à Paris en décembre 2015. L’action visait également à présenter la position d’écolo j pour le climat.

Mons à vélo

enAction02_dec2015pictoEnActionécolo j Mons-Borinage a proposé, le 23 septembre dernier, d’enfourcher son vélo pour une balade dictée par les coups de cœurs d’écolo j Mons pour sa ville, en lien avec le vivre-ensemble, l’habitat, les initiatives de transition, la culture ou la jeunesse. Le 30 novembre, le groupe accueillait à l’UMons un peloton de Danois en route pour la COP21 à Paris.