Le Pacte Finance-Climat

En cette période pré-électorale, tout le monde s’accorde sur la nécessité d’en faire plus en matière climatique

Mais lorsque vient le moment d’agir, certain·e·s responsables politiques se retranchent derrière l’argument du coût de la transition écologique. Pourtant, de nombreuses solutions existent pour la financer.

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CINÉ-DÉBAT : Before the flood

écolo j Mons t’invite à venir voir Before the flood, un documentaire passionnant qui agit comme une piqûre de rappel sur le réchauffement climatique.

Le film tente de montrer comment la planète peut encore être sauvegardée et empêcher la disparition d’espèces ou encore la modification brutale et peut-être irréversible de notre environnement. L’action citoyenne par le truchement du choix des politiques lors de consultations nationales est-il une forme de réponse ?

La COP 23, pour y faire quoi ?

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Victoire, le monde est sauvé ! C’est ce que proclamaient fièrement les leaders politiques du monde, lorsqu’en 2015 l’accord de Paris fût conclu . Mais le monde est-il pour autant sauvé et les problèmes climatiques réglés ? La réponse est évidente : non. Si le monde est en péril, c’est qu’il reste encore beaucoup à faire.

1. Les engagements volontaires des pays pour diminuer leurs émissions sont insuffisants. L’analyse de ces engagements par le monde scientifique montre un réchauffement climatique allant jusqu’à près de +4°C à la fin du siècle, alors que l’Accord de Paris mandate les pays du monde à limiter le réchauffement climatique bien en deçà des +2°C.

Objectif pour les années à venir : réviser les engagements volontaires pour atteindre l’objectif de l’accord de Paris. Pour ce faire, un dialogue de facilitation est programmé en 2018, lors de la COP24. Cependant les modalités de cet évènement sont encore à définir. La COP23 devra faire des avancées significatives dans la définition de cet évènement important.

2. Limiter le changement climatique, dont la cause est liée aux activités humaines nécessite la transition de notre économie vers une économie bas carbone. En ce point l’objectif de Paris est clair, sans toutefois établir de calendrier ou de méthode. En effet, si l’accord de Paris établit un cadre global d’actions et d’objectifs, il ne précise pas les modalités de mise en œuvre. Or, sans consignes et règles de mise en œuvre, l’accord de Paris reste une coquille vide.

Objectif pour les années à venir : définir les modalités de mise en œuvre de l’accord de Paris. Puisque l’accord s’applique pour les années 2020 et suivantes, il est impératif de régler toutes les modalités opérationnelles avant 2020. La COP23 devra avancer dans les modalités de mise en œuvre de l’accord, l’approbation de ces modalités est prévue l’année prochaine lors de la COP24.

3. La responsabilité historique des pays industrialisés et la responsabilité grandissante des pays émergents doit pouvoir contribuer à la production de moyens pour d’une part lutter contre les effets du changement climatique et d’autre part réduire les émissions responsables du réchauffement. Aujourd’hui, les pays les plus vulnérables sont également les plus pauvres et les besoins de financement sont gigantesques.

Objectif pour les années à venir : concrétiser le financement climatique international et la promesse des pays développés à fournir dès 2020 100 milliards de dollars par an. La lutte contre le changement climatique passe par du financement, mais surtout par la réorientation des investissements comme par exemple le désinvestissement des énergies fossiles. La COP23 doit être le moment pour conserver ce momentum politique et maintenir la pression.

La COP23 ne sera une réussite que si la pression reste maximale et si la société civile reste mobilisée. Cette année, les îles Fidji assureront la présidence de la COP. Des îles vulnérables et dont l’avenir se joue aujourd’hui. Bien qu’au final, l’avenir de nous tou.te.s se joue dès à présent.

Nicolas Raimondi

La COP23 s’est déroulée à Bonn du 6 au 17 novembre 2017. écolo j et Jong Groen s’y sont rendus le 4 novembre pour maintenir la pression !

Allons bloquer le 10ème plus grand émetteur de CO2 d’Europe !

pictoEnActionFin août, des membres d’écolo j se rendaient pour la seconde fois en Allemagne afin de bloquer le 10ème plus grand émetteur de CO2 d’Europe, la mine de charbon d’Ende Gelände.

L’objectif de l’action était de dénoncer les injustices liées aux changements climatiques.

La dynamique s’est poursuivie lors de la COP 23 à Bonn en Allemagne début novembre !

CONFÉRENCE | Le nucléaire, stop ou encore ?

écolo j LLN, les jeunes MR et le Kot Citoyen te proposent de se pencher sur une thématique complexe tant sur le fond que sur la forme : le nucléaire.

Pour répondre à la question de la prolongation ou non des centrales nucléaires, nous aurons le plaisir d’accueillir :

  • Jean-Marc Nollet, Député fédéral ECOLO
  • Richard Fournaux, Bourgmestre MR de la Ville de Dinant
  • Olivier Van der Maren, pour la Fédération des Entreprises de Belgique
  • Hervé Jeanmart, professeur en énergies renouvelables à l’UCL

Les présentations seront suivies d’une séance de questions réponses pour laisser place au débat.

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MANIF | COP 23 à Bonn

écolo j te propose de partir en compagnie de Jong Groen, le samedi 4 octobre, pour rejoindre la grande manifestation en vue de réclamer un accord engageant, socialement juste, et écologiquement responsable !

Programme de la journée :

  • 08h00 : départ du parking de DELTA (Rue Jules Cockx, 1160 Auderghem).
  • 12h00 : rassemblement à la Münsterplatz avec les verts venus de toute l’Europe, le cortège partira vers 12h45.
  • 17h00 : départ pour Bruxelles.
  • 20h00  : arrivée à Bruxelles.

 

Comment t’inscrire ? 20 places sont encore disponibles alors… ne tarde pas à remplir le formulaire  https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfO_5TeX9-1liO2HFbqKfcF37xVtICnX1YYFdpTyL0STuhZjg/viewform

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ENDE GELANDE | En route !

carré EGBloquer une mine pour la justice climatique !

La lutte pour la justice climatique ne peut se faire en dehors d’une approche anticapitaliste et anti-extractiviste. C’est pour cette raison que le mouvement climatique a décidé de s’attaquer aux grandes mines de charbon en Allemagne. L’objectif de cette action directe est de bloquer les mines et les centrales polluantes portant un coup directement aux grands groupes financiers responsables de cette injustice. Nous jugeons que bien que cette action soit illégale, elle légitime et nous assumons cet acte de désobéissance.

Transport en car prévu par Ende Gelande Belgium :

  • Inscriptions
  • Départ le jeudi 24 août 2017 : 17h30 de Bruxelles – 19h00 de Liège
  • Retour le lundi 28 août : 15h30 à Liège – 17h00 à Bruxelles

Y aller par ses propres moyens :

gare la plus proche Erkelenz (2h de Liège en voiture, 3h de Bruxelles info plus précise à venir)

Nourriture sur place : cuisines collectives à prix libre

Logement sous tente à prix libre au Kilmacamp

+ d’infos ici !

COP 22, de la poudre aux yeux ?

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Nous sommes plusieurs membres d’écolo j à avoir eu la chance de participer à l’Alter COP 22 Climate Camp organisé par la FYEG (Federation of Young European Greens). Là-bas, nous avons pu rencontrer des politiciens, représentants d’ONG, participer à divers ateliers, conférences, etc. Nous avons notamment rencontré un représentant de l’ATTAC marocaine, une organisation altermondialiste, dont le discours fût très parlant.

En effet, dans son communiqué intitulé Changeons le système pas le climat, l’ATTAC dénonce : Comment peut-on imaginer que des États et gouvernements responsables du changement climatique,  les grands pollueurs de la planète tels que les sociétés pétrolières, les commerçants du bois, l’agrobusiness, les  entreprises du nucléaire et celles qui exploitent le gaz de schiste… prétendent donner des solutions aux problèmes qu’ils ont eux-mêmes créés ?  Leurs fausses solutions  ne permettront pas de limiter le changement climatique ni la destruction de l’environnement. Il est inadmissible que les États supposés représenter les populations invitent ces multinationales dans le débat sur l’avenir de la planète et de ses habitant-e-s. Voilà un discours qui prend aujourd’hui tout son sens à mes yeux.

Hypocrisie et greenwashing
Treize novembre, arrivée à Marrakech. Partout, des publicités tentent de véhiculer une image verte et positive du Maroc. D’après le chef du restaurant où nous prenons notre repas, les sans-abris auraient été emprisonnés afin de nettoyer les rues de la ville à l’occasion de la COP. Il nous explique, par ailleurs, que les habitants de Marrakech n’ont été que très peu, voire pas du tout, informés au sujet de la Conférence des Parties. Il ajoute : Pour nous un grand problème, c’est l’eau, il faut parler de la sécheresse ! Un peu plus tard dans la soirée, je cherche une poubelle. En vain. Sur la place Jemaa el fna, des petits singes en laisse ou en cage, parfois maquillés, parfois habillés, sont utilisés pour faire des photos avec les touristes. Nous voilà très vite confrontés aux réalités locales, bien loin de cette image verte que tente de diffuser l’État marocain.

Plus tard dans la semaine, nous visitons la fameuse zone verte de la COP 22. Dans l’espace innovation, le premier stand que j’aperçois est de loin celui qui m’a le plus frappée. Eco Oil, avec une fausse pompe à essence verte sur un tapis de feuilles. Un peu plus loin, une marque de bouteilles d’eau en PLASTIQUE fait sa pub : une bouteille géante composée d’un magnifique feuillage.

Non à ce jeu de dupes !
Après mon envol pour Marrakech, me voilà malheureusement bien redescendue sur terre. Entre greenwashing et youthwashing (sujet qui mériterait également d’être traité dans un autre article), ce que je retiendrai de cette COP 22 sera malheureusement l’incohérence et l’hypocrisie de la scène internationale en matière de changement climatique. Heureusement, grâce aux organisations comme la FYEG, écolo j ou l’ATTAC, nous pouvons faire bouger les choses, alors ne nous laissons pas berner par ces jeux de dupes et agissons !

Charlotte Mauquoy

 

ÉNERGIE| Pétrole, le confort ou la misère ?

pictoDossiersQue ce soit à Paris ou à Lima, les conférences des Nations Unies sur les changements climatiques (COP) soulignent l’urgence de limiter l’augmentation de la température de la terre à 2°C. Le réchauffement climatique représente un enjeu fondamental – bien que trop souvent marginalisé – dans les négociations internationales et ses impacts sur la vie des populations sont incontestables aujourd’hui. Ce phénomène est directement lié à notre consommation énergétique, elle-même dépendante de l’extraction de ressources naturelles.


Parmi ces ressources, le pétrole représente la 1ère source d’énergie au monde. Le pétrole est une matière première épuisable, dont tous les pays sont actuellement dépendants. Il fait partie des énergies fossiles avec le gaz et le charbon. Ces combustibles tirés du sous-sol sont responsables de 2/3 des émissions de gaz à effet de serre – dont 35% sont dues au pétrole – et contribuent ainsi au réchauffement de la planète.

L’exploration et l’extraction de matières premières comme le pétrole ne se réalisent pas sans conséquences pour l’homme et l’environnement, notamment dans les pays du Sud qui en sont les principaux producteurs. On constate en effet que 75% de la population mondiale en situation de pauvreté vit dans des régions où les ressources naturelles sont abondantes.

Prenons le cas du Pérou. Ce pays d’Amérique du Sud est colonisé par les industries extractives  : 62% du territoire national est sous concession gazière ou pétrolière et 20% sous concession minière.

En Amazonie péruvienne, les communautés indigènes souffrent directement de l’exploitation du pétrole qui se trouve sur leur territoire et qui détruit leurs conditions de vie. Le gouvernement ne respecte pas la consultation préalable, libre et informée des populations susceptibles d’être affectées par un projet, principe inscrit dans la Convention 169 de l’OIT. Les multiples accidents et pollutions des entreprises pétrolières nuisent à la santé, à un environnement sain et à l’alimentation des communautés. Leur  territoire est accaparé et leur identité culturelle altérée par la présence de ces projets d’envergure.

En février 2016 par exemple, en raison d’une mauvaise maintenance des oléoducs, des écoulements se sont produits pendant plusieurs jours dans les régions péruviennes Amazonas y Loreto. Cependant, aucune sanction contre les entreprises n’a à ce jour été prise et les familles affectées ne bénéficient d’aucune aide particulière.

En tout, ce sont plus de 200 conflits sociaux qui agitent le Pérou depuis plusieurs années, dont les ¾ sont de type socio-environnemental. Ainsi, une réelle fracture existe entre l’État, la population et les entreprises. Peu de mécanismes de dialogue entre les différentes parties aboutissent réellement.

Et la balance semble pencher du côté des multinationales. Ces 3 dernières années, le Pérou a adopté des mesures économiques qui facilitent leurs investissements, mais qui mettent en danger la protection de l’environnement, les conditions de travail et le droit à la propriété de la population locale.

Bien que l’extraction des matières premières soit une priorité pour l’équilibre économique de nombreux pays, il est primordial que les États développent des politiques de prévention des risques, de transparence(1) et d’accès à l’information pour les populations locales.

Ce respect des populations du Sud doit aller de pair avec un changement réel des comportements et de la consommation énergétique des citoyens dans les pays du Nord. Comme l’explique l’Agence Internationale de l’Énergie  : Si nous voulons conserver la température de la terre en-dessous des 2°C, 2/3 des réserves fossiles prouvées doivent être laissées dans le sol.

Il est donc impératif aujourd’hui de diminuer notre dépendance au pétrole, pour préserver notre planète et les populations qui en dépendent directement. S’il incombe aux responsables politiques d’avancer en ce sens, les citoyens peuvent également poser des gestes significatifs au quotidien.

Déborah Tousch

(1)  L’initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) est un exemple des processus mis en place qui vise l’amélioration de la gouvernance des ressources naturelles.

ÉNERGIE| L’énergie en Belgique

pictoDossiersDu réveil au coucher, l’énergie est partout. Vivre sans ses formes actuelles paraitrait inconcevable pour l’écrasante majorité d’entre nous. Au fond, pourtant, sait-on vraiment dans quel ordre de grandeur se situent la production et la consommation belges ? Après d’énergiques recherches, voilà le bulletin inquiétant qui ressort notamment des chiffres de l’Agence internationale de l’Énergie pour 2013…  


Énergie primaire (EP) vs. Énergie finale (EF)

Pour cographiquesLucasmmencer, il convient d’établir une distinction claire entre l’EP (forme d’énergie directement disponible ou énergie issue d’une seule transformation) et l’EF (forme d’énergie disponible en bout de chaîne). Le premier constat alarmant se situe déjà au niveau de l’EP et du fossé entre la production et la consommation de cette énergie en Belgique. Tous les combustibles fossiles utilisés  sont importés directement de l’étranger, la production d’EP ne repose que sur l’énergie nucléaire (75%) et les énergies renouvelables (25%). Si l’on ajoute à cela que l’EP produite en Belgique ne représente qu’un peu plus d’un tiers seulement de la consommation intérieure brute d’énergie en Belgique, la situation parait pour le moins urgente.

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Au niveau de la consommation d’EP, l’industrie et la chimie en prennent chacune à leur compte environ 23%, le logement 21,4%, le transport 20,2%, le secteur tertiaire 11,6% et l’agriculture 1,7%. Si l’on compare la consommation d’EP par habitant de la Belgique au reste du monde, le bilan n’est pas non plus encourageant : même si elle ne représente « que » 2/3 de l’américaine, elle est largement supérieure à l’européenne (44%), la française (23%) et la japonaise (26%).


Nucléaire et consommation  : ambiance électrique !

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La production d’électricité est l’un des nombreux usages de l’EP et, là encore, les chiffres ne sont pas vraiment rassurants. La Belgique est juste derrière la France le pays qui dépend le plus de l’énergie nucléaire avec une part de plus de 50% de l’électricité produite en Belgique (loin devant les 31% des centrales thermiques à combustibles fossiles et les 17% générés par les énergies renouvelables). Vu la sortie du nucléaire prévue dans un futur plus ou moins proche et le tarissement progressif des énergies fossiles, il est impératif de passer à la vitesse supérieure dans l’investissement dans les énergies renouvelables.

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En 2013, la consommation totale d’électricité en Belgique s’élevait à 89,09 TWh, soit environ 8020 kWh/habitant. Ce total, bien qu’il ne dépasse pas celui des États-Unis, est plus de 2,5 fois supérieur à la moyenne mondiale. Entre 1990 et 2013, la consommation d’électricité en Belgique a augmenté de 40% alors que la population n’a augmenté que de 10%. L’industrie caracole toujours en tête avec ses 46% de la consommation, suivie du secteur tertiaire avec 27,2%, du logement (24,5%), du transport (2,1%) et de l’agriculture (0,3%).

De l’étranger dans le gaz
Principalement utilisé pour la production d’électricité, le chauffage, l’eau chaude, la cuisson des aliments et parfois même pour le transport, le gaz consommé en Belgique provient exclusivement de l’étranger (Pays-Bas, Norvège, Allemagne, Qatar et Royaume-Uni). Il est généralement moins coûteux et moins polluant que les autres énergies fossiles. Sur les dix dernières années, la moyenne annuelle de consommation en Belgique se situe entre 180.000 et 190.000 TWh, avec quelques fortes variations dues à un temps particulièrement doux ou au contraire particulièrement rude en hiver.

La Belgique bien au-dessus de la moyenne européenne au niveau du pétrole
Le constat est le même pour le pétrole : tout est importé, principalement depuis la Russie (40%), les pays de l’OPEP dont l’Arabie saoudite (31%), l’Iran (7,5%), le Royaume-Uni et la Norvège. Le secteur des transports (voitures, avions, bateaux…) absorbe plus de la moitié du pétrole mondial, mais il est également utilisé par l’industrie pétrochimique pour fabriquer du plastique et il peut être transformé en fioul ou en bitume, notamment. Le pétrole compte pour pas moins de 40% de l’approvisionnement énergétique belge, loin devant le gaz naturel (25,5%), le nucléaire (19,7%), les énergies renouvelables (7,7%) et le charbon (5,7%). La Belgique consomme 2,15 tonnes de pétrole par habitant et par an, soit 650 kilos de plus que la moyenne européenne.

Vite la transition énergétique !
Avec ce mauvais bulletin, la raréfaction des énergies fossiles disponibles et leur coût environnemental, il est temps d’investir massivement dans la transition énergétique. D’ici à 2020, la part des énergies renouvelables dans la consommation d’EP de la Belgique devra passer de 7,7% (2013) à 13%. La diminution de la consommation d’EF doit également faire partie de nos priorités, notamment grâce à l’isolation des bâtiments et à une flexibilité accrue dans la consommation. Une prise de conscience collective et du courage politique sont absolument nécessaires. Le temps presse.

Lucas Bernaerts

Petite sélection subjective pour aller plus loin :

CLIMAT| Et quand il n’y aura plus de glace ?

eskimospictoDossiersCe n’est pas nouveau : nous ne sommes pas égaux face aux changements climatiques. En effet, les pays du Sud sont particulièrement sujets aux catastrophes naturelles engendrées par le dérèglement de notre climat. Et au Nord, comment cela se passe-t-il ? Comment les peuples de l’Arctique parviennent-ils à s’adapter à la hausse des températures ?  

Le réchauffement du climat est particulièrement important dans l’Arctique : la température moyenne a déjà augmenté deux fois plus que dans les autres régions du globe et a engendré une diminution importante de la surface de la banquise. Les Inuits sont plus ou moins 150.000 à vivre dans différentes régions de l’Arctique et leur mode de vie est intrinsèquement lié à la Terre et au climat. En décembre 2005 (et oui, les problèmes ne datent pas d’hier !), une pétition avait été déposée par les Inuits contre les États-Unis, tenus pour responsables des effets du réchauffement climatique (1). Cette pétition évoque les problèmes auxquels doivent faire face les peuples de l’Arctique.

Sécurité
La détérioration de la qualité et de la quantité de neige et de glace a rendu la vie quotidienne, et surtout les voyages, des Inuits moins sécurisée. La fonte du pergélisol cause des glissements de terrain imprévisibles. L’augmentation des températures, du niveau des mers, ainsi que la diminution de la durée de la saison des glaces engendrent plus de tempêtes, qui sont de plus en plus violentes. Les changements climatiques ont ainsi rendu la prévision du temps plus difficile pour les Inuits : pourtant, cet élément est essentiel pour assurer leur sécurité. Le changement de direction des vents a également modifié l’orientation des amas de neige qui aidaient traditionnellement les Inuits à s’orienter. Un autre élément important peut être mentionné : la qualité de la neige ne permet plus de faire des igloos et oblige les Inuits à dormir dans des tentes, beaucoup moins isolées que les igloos traditionnels, ce qui peut s’avérer dangereux pour le maintien de leur température corporelle.

Faune
Les animaux sont essentiels pour la survie des Inuits, que ce soit pour leur nourriture ou pour leurs vêtements. Cependant, à cause de la fonte des glaces, les phoques et les caribous migrent vers des lieux moins accessibles à la chasse. De plus, les zones d’habitat des ours polaires se retrouvent plus près des campements humains, ce qui peut s’avérer dangereux pour les Inuits. A cause des fontes et des regels successifs des neiges, les plantes deviennent inaccessibles aux animaux herbivores, qui s’en vont alors voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs.

Santé
Les changements climatiques ont bouleversé l’alimentation des Inuits : les aliments sources de protéines se trouvent à des endroits différents et en moins grosses quantités qu’avant. La viande est aussi de moins bonne qualité. De plus, c’était grâce au pergélisol que les Inuits conservaient leurs aliments : aujourd’hui ils ont dû abandonner cette pratique. Ainsi, ils ne savent plus subvenir à leurs besoins uniquement par la chasse et les récoltes traditionnelles et sont obligés d’aller acheter de la nourriture dans les grands magasins. N’étant pas habitués à ce type de nourriture, cela contribue à la détérioration de leur santé (augmentation des cas de diabète, cancer, obésité ou encore des problèmes cardio-vasculaires). Notons également que les déménagements forcés à répétition, liés à la fonte des glaces, contribuent à la détérioration de la santé mentale des Inuits.

Accès à l’eau potable
Les sources d’eau potable sont devenues beaucoup moins nombreuses. Le niveau des lacs et des rivières a fortement diminué, certains étant même complètement asséchés. Il y a également de plus en plus d’algues et d’insectes présents, rendant la quantité d’eau potable disponible de moins en moins importante.

Culture
Les Inuits ont été forcés d’abandonner certaines de leurs pratiques ancestrales : par exemple, les nouvelles générations ne savent plus comment construire un igloo. Les aînés ont perdu de leur prestige dans la société, principalement à cause du fait qu’ils ne savent plus prédire le temps. Pour terminer, certaines festivités ont dû être avancées de plusieurs semaines dans l’année, à cause du manque de neige et de glace durant les dates traditionnellement choisies pour les célébrations.

Les changements climatiques influencent donc fortement la vie des Inuits. Pourtant, selon les prévisions de nombreux scientifiques, ces changements ne sont pas prêts de s’arrêter. Pour le bien-être de tou(te)s, prenons soin de la glace qu’il nous reste !

Référence :
(1) WATT-CLOUTIER, Sheila (submitted by), Petition to the Inter American Commission on human rights seeking relief from violations resulting from global warming caused by acts and omissions of  the United States (December 7, 2005 ), « C. Global warming harms inuit life and culture », p. 35-67.

Pauline Marchand