Hausse du minerval des étudiant.e.s hors UE, c’est NON !

pictoEnActionDepuis février 2016, écolo j ULB se mobilise au sein du mouvement contre la hausse du minerval des étudiant.e.s hors UE. Pour ces étudiants, le minerval a déjà augmenté à 4175€ et pourrait aller jusqu’à 12 525€ à la rentrée 2017. Du 20 avril au 03 mai, le collectif contre la hausse du minerval a occupé les rectorats de l’ULB et de l’UCL.

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FORMATION | Les Rencontres des Nouveaux Mondes

Doc-10Inegalité-ecoleRéservées aux jeunes de 18 à 35 ans, les RdNM offrent un espace de réflexions, d’échanges et d’actions autour d’une thématique nouvelle chaque année. Au travers de visites exploratoires de la ville, d’ateliers avec des personnes ressources et de moments d’échanges et de confrontations d’idées. Le tout pour passer de l’indignation à l’action  !

Cette année: Culture de l’inégalité ? De l’indignation à l’action !

Passons des discours clivants au travail, madame Demir !

pictoActu

Chère madame Demir,

Ces derniers jours, vous faites la une de l’actualité. Issue d’une famille modeste, vous avez gravi les échelons un à un pour aujourd’hui devenir secrétaire d’État à la Lutte contre la pauvreté, à l’Égalité des chances, aux Personnes handicapées et à la Politique scientifique. Je voudrais commencer par vous dire mon admiration devant un tel itinéraire. Vous vous en doutez bien cependant, l’objectif premier de cette lettre n’est pas seulement de vous féliciter, mais aussi et surtout de vous mettre face à vos nouvelles responsabilités.

Bart de Wever et vous-même l’avez clamé haut et fort dans la presse : vous, Zuhal Demir, êtes l’exemple parfait d’une femme d’origine immigrée et « issue de la cité de Genk » qui a saisi les chances que lui a offertes la Belgique. Ou peut-être plutôt la Flandre, à en croire Bart De Wever à l’antenne de la Première ce vendredi matin. Lors de votre conférence de presse, vous n’avez d’ailleurs pas manqué d’ajouter que les personnes issues de milieux défavorisés ne devraient pas se complaire dans le rôle de la victime. Je suis moi-même un Schaerbeekois pure souche, privilégié, mais bien placé pour savoir que tou.te.s les jeunes de mon quartier ne connaitront pas le même sort que vous. J’en côtoie au quotidien, des jeunes hommes et des jeunes femmes bruxellois.e.s né.e.s dans un contexte extrêmement difficile et qui, pourtant, mènent leur barque au moins aussi bien que moi, si pas mieux. Tous ne s’en sortent cependant pas, et bien loin de moi l’idée de le leur reprocher. D’accord, la discrimination n’est pas toujours la seule raison d’un éventuel échec, mais elle joue encore bien trop souvent. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles j’ai tant voulu m’engager en politique : je rêve d’un monde où tous les Schaerbeekois.es, tous les Bruxellois.es et tous les citoyen.ne.s du pays naîtraient dans les mêmes conditions et avec les mêmes perspectives d’avenir.

En tant que jeune intéressé par la politique, vous n’êtes forcément pas une inconnue pour moi. Représentante de l’aile droite de votre parti au même titre que Theo Francken, vous êtes sans aucun doute la relève de la N-VA. Plus virulente et impulsive que les pères fondateurs du parti, cette génération n’est jamais avare en commentaires assassins. Pour ne citer que quelques exemples, vous plaidez depuis longtemps pour la suppression des allocations de chômage dans le temps et vous avez déclaré être effrayée par l’arrivée de tous ces musulmans en Belgique, « incapables de s’adapter aux normes et aux valeurs de notre pays ». Pas forcément des déclarations que l’on est en droit d’attendre d’une personne qui reprend aujourd’hui la compétence de l’Égalité des chances au niveau fédéral. Ce sont toujours les mêmes que vous avez en point de mire, madame Demir. Ne serait-il pas utile que cela change ?

Dans votre nouveau statut de Secrétaire d’État, votre rôle ne sera plus de tirer sur tout ce qui bouge pour faire rugir de plaisir vos électeurs, mais plutôt de travailler à trouver des solutions pour améliorer la vie de tous les habitant.e.s de ce pays. Du moins, en théorie. J’espère que vous n’oublierez pas non plus de donner de votre temps et de votre énergie pour les deux autres principales compétences qui viennent de vous être octroyées : les personnes handicapées et la politique scientifique. Dans le premier domaine, votre prédécesseure, Elke Sleurs, a immédiatement montré son mépris envers les personnes handicapées en ne daignant même pas traduire en français correct sa note de politique générale. Dans le deuxième, madame Sleurs s’en est donné à cœur joie pour démembrer et fragiliser en silence de grandes institutions scientifiques du pays ainsi que Belspo, l’administration de référence dans le domaine. Des manœuvres qui s’inscrivent sans aucun doute dans la continuité de l’agenda communautaire à peine dissimulé de votre parti. Ayez également la présence d’esprit de renoncer dès maintenant à la tête de liste N-VA à Genk en 2018. C’est d’ailleurs pour reprendre le flambeau lâché par monsieur Bracke à Gand que votre prédécesseure vous a laissé les clés de son cabinet.

Vous avez réclamé quelques semaines pour vous plonger dans les dossiers de madame Elke Sleurs. Je peux le comprendre, même si son bilan est très pauvre et qu’il ne prendra certainement pas deux semaines à analyser. Quel ne fut donc pas mon étonnement de vous voir, dès ce samedi dans la presse et ce dimanche sur les plateaux de télévision, poursuivre l’attaque en règle de la N-VA envers Unia, l’ancien Centre pour l’Égalité des chances, lancée par vos collègues Joachim Pohlmann et Liesbeth Homans, ministre flamande de l’Égalité des chances. Les citoyen.ne.s de ce pays sont en droit d’attendre plus de travail et moins de discours dont l’unique but est de vous définir à tout prix suffisamment à droite pour les indécis et déçus du Vlaams Belang.

Vu l’éclatement des compétences totalement incohérent dans vos domaines de travail, je suis bien conscient que vous ne disposez pas de tous les leviers nécessaires. Permettez-moi tout de même de vous proposer plusieurs pistes, presque gratuites et immédiatement applicables : l’instauration de mystery calls1, de contrôles en conditions réelles et de l’anonymisation des CV pour débusquer les entreprises qui se rendent coupables de discrimination ainsi que la mise en place de quotas, dans les entreprises cotées en bourse comme dans les gouvernements du pays. Ces mesures ne résoudraient pas les problèmes de fond, mais elles formeraient déjà un remède efficace contre des symptômes de différentes formes de discrimination bien réelles.

Malheureusement, votre parti et vous-même vous êtes opposés avec force à l’instauration de quotas et aux mystery calls alors même qu’une enquête du Minderhedenforum (« Forum des Minorités ») a démontré que, sur 251 entreprises de titres-services en Flandre, 165 ont accepté de mettre à disposition du faux client des technicien.ne.s de surface qui ne sont pas d’origine étrangère. Si les mystery calls vous semblent tronqués par une soi-disant « invitation à discriminer », vous pourriez déjà commencer par des tests en condition réelle, sans une telle « incitation ». En d’autres termes, un.e fonctionnaire pourrait se faire passer tout à tour pour une personne (d’origine) étrangère puis pour un.e Belge « pure souche » et constater les différences de traitement avant de prendre des sanctions le cas échéant. Dans une étude à ce sujet, des chercheurs de l’Université de Gand ont utilisé une telle méthodologie et les résultats ne trompent pas : dans une première phase, 26% des agent.e.s immobiliers soumis à un tel test se sont rendus coupables de discrimination. Quelques jours plus tard, la ville de Gand leur a envoyé une lettre pour leur annoncer qu’ils et elles avaient fait l’objet d’une étude scientifique sur le sujet et pour leur rappeler qu’une telle discrimination est illégale. Les chercheurs de l’Université de Gand ont alors réitéré l’expérience, et « seuls » 10% de ces agent.e.s immobiliers ont persisté dans leur discrimination. Pour la N-VA, le travail est par ailleurs la meilleure manière de sortir des milieux précarisés. Il est temps donc de s’attaquer également aux discriminations sur le marché du travail, dans ce cas. J’espère de tout mon cœur que ces quelques semaines vous feront ouvrir les yeux.

Je vous souhaite beaucoup de courage madame Demir. Vous avez beaucoup de pain sur la planche. N’oubliez pas que ce n’est pas le cas de tout le monde.

Lucas Bernaerts, membre du Bureau d’écolo j

 

1Les mystery calls se rapprochent très fort des clients mystères.
Des fonctionnaires seraient chargés d’appeler des entreprises
avec une demande discriminatoire
pour voir la façon de réagir de l’entreprise.
En cas d’infraction, ils pourraient servir de preuve en justice.

 

FORMATION | Comment agir politiquement sur les stéréotypes de genre ?

Sur base de la position genre d’écolo j, l’asbl Crible et les CHEFF t’invitent à une formation. Celle-ci aura pour objectif d’acquérir des lunettes genre, un vocabulaire de base, un regard averti pour analyser toute situation sociale et observer le biais de la construction du genre.

Ce moment visera également à construire des objectifs sociaux et établir des moyens d’action pour aller vers davantage d’égalité.

La formation est gratuite et ouverte à tou.te.s !

Inscription : info@ecoloj.be

LIRE | Sale Pédé

pictoCoinDetenteSale Pédé. Pour en finir avec le harcèlement et l’homophobie à l’école (Jasmin Roy, Parution : septembre 2016)

Depuis quelques années, les élèves devenus adultes sortent du silence. Le harcèlement est enfin une priorité en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Jasmin Roy raconte son histoire, en partant de son origine, sa famille, son quartier, son école. Il raconte avec simplicité ce dont il a lui-même souffert.

Un ouvrage supplémentaire, peut-être, mais un des premiers ouvrages qui sortent du placard toutes les insultes homophobes dont sont victimes des milliers de jeunes. Il n’hésite pas à parler autant du harcèlement entre jeunes que des violences institutionnelles.

Un ouvrage où l’on retrouve plusieurs autres témoignages de jeunes et d’adultes. Un livre qui n’est pas là pour embellir et qui joue sur les émotions du  lect.eur.rice. A lire sans hésitation.

Xavier Wyns

 

Navet pour… Le FOREM

pictoPalmesEtNavetsLe #FOREM… qui, en voulant proposer des formations pour revaloriser les métiers techniques, a proposé une campagne de pub quelque peu sexiste et tombant dans les stéréotypes des genres. Visiblement le service public  à l’emploi a voulu tenter un saut spacio-temporel.

Ceci fait dire que le combat féministe est loin d’être terminé et qu’il a encore toutes ses raisons d’être.

Mathilde Soumoy

GT GENRES | Réunion

La position est votée, le travail continue !
Ordre du jour :

1. Retour sur les activités passées
2. Choix d’action pour valoriser la position  + retour vers les partenaires
3. Femmes / Equal Pay Day
4. Belgian Pride 2017

 Au plaisir de t’y voir !

 

CINÉ-DÉBAT | LGBTQI, ça t’interpelle ?

LeJourlePlusCourt_carreSITE4 courts-métrages belges francophones portant sur la thématique LGBTQI*  :

Ensuite Maxime Roelstraete, représentant des CHEFF et Christophe Predari, réalisateur, seront présents en tant qu’intervenants. Enfin, place au débat avec le public pour clôturer la soirée.

* Lesbiennes Gays Bisexuels Trans Queer Intersexué.e.s

LIRE | Destruction massive : Géopolitique de la faim

pictoCoinDetente« Chaque enfant qui meurt de faim dans le monde est un enfant assassiné »

C’est la conclusion que tire J. Ziegler de ses 8 années passées à l’ONU en tant que rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation.

Aujourd’hui, il n’y a plus aucune raison objective qui explique que des personnes meurent de faim. En effet, les ressources alimentaires actuelles permettraient de nourrir deux fois la population mondiale.

Pourtant, toutes les 5 secondes, un enfant de moins de 10 ans meurt de faim, environ 37000 personnes meurent par jour et presque 7 milliards sont gravement sous-alimentés.

Quelles en sont les causes ?
Pour J. Ziegler, les causes sont multiples : il y a tout d’abord, la spéculation sur les matières premières qui crée une augmentation des prix ayant pour conséquence, de ne plus permettre l’accès à l’alimentation de base aux populations les plus pauvres.
Ensuite, l’auteur démontre que les subventions à l’exportation accordées aux agriculteurs occidentaux (Dumping social), leurs permettent de vendre leurs produits à des prix peu élevés et que ces derniers, une fois sur les marchés africains, tuent par une concurrence déloyale, le marché local.
La dette quant à elle écrase les pays les plus pauvres les empêchant de palier à l’insuffisance de technologies et d’infrastructures nécessaires à l’agriculture (tracteurs, engrais, semences sélectionnées…).

Enfin, J. Ziegler insuffle l’espoir : un peu partout dans les pays du Sud, se crée une solidarité et une résistance paysanne. L’ordre mondial établi peut être modifié par la création d’un front commun de solidarité entre les pays du sud et la société civile des pays occidentaux.

Un livre à lire absolument pour ceux et celles qui veulent comprendre l’échec des mesures mises en place pour éradiquer la faim et prendre conscience des intérêts et enjeux qui sous-tendent le problème de la faim dans le monde.

Sandrine Silberstein

Biographie de l’auteur
Jean Ziegler est un écrivain, un homme politique et un sociologue né à Thoune en Suisse.
Il possède un doctorat en droit et en sociologie.
Il a été rapporteur spécial à l’ONU pour le droit l’alimentation.
Il a écrit plusieurs livres dont certains ont eut un succès mondial tels que :
La Suisse lave plus blanc, Les Seigneurs du crime : les nouvelles mafias contre la démocratie,
L’Empire de la honte,…

Réunion GT genre

ecolojCarreVertRejoins-nous dans nos bureaux de Bruxelles de 15h à 17h.

Qu’il s’agisse des combats pour l’égalité femmes-hommes ou des droits des personnes transgenres, les mentalités doivent encore évoluer. Pour impacter sur les mentalités, le rôle du politique est primordial. Alors que les législations en place pour lutter contre les discriminations liées aux genres sont insuffisantes, nous souhaitons travailler sur l’émergence de solutions pour mettre fin aux inégalités et permettre un épanouissement de chaque personnalité. Avec ce sujet, nous souhaitons explorer la thématique du genre, rencontrer des acteurs, mettre à jour les dysfonctionnements et apporter des revendications fortes.

Qu’il s’agisse des politiques de promotion de l’égalité femmes-hommes ou de la loi de 2007 sur les personnes transgenres, il reste beaucoup à faire et écolo j doit prendre part aux débats.

EWASH et l’eau en Palestine

pictoActuFondé en 2002, l’Emergency Water and Sanitation / Hygiene group (EWASH) est une coalition d’agences humanitaires travaillant ensemble pour coordonner des interventions, répondre aux besoins, partager des informations et défendre la gestion de l’eau dans les territoires occupés de Palestine (West Bank et Gaza).

EWASH
Depuis plus d’une décennie, les membres d’EWASH travaillent avec les communautés palestiniennes pour améliorer l’accès à l’eau et aux besoins sanitaires, tandis que l’occupation israélienne a sévèrement restreint le développement des infrastructures sanitaires, entraînant la limitation de l’accès palestinien aux services basiques. Les interventions d’EWASH comprennent la réhabilitation des citernes d’eau de pluie, l’installation d’infrastructures sanitaires à l’échelle de villages, des programmes de surveillance de la qualité de l’eau et la gestion à petite échelle des eaux usées.

Les membres d’EWASH incluent des ONG locales et internationales, ainsi que des agences des Nations Unies (liste exhaustive sur le site EWASH).

L’Advocacy Task Force (ATF), sous-comité d’EWASH, travaille avec les Palestiniens pour promouvoir leurs droits à l’eau et à son utilisation sanitaire. Fondé en 2009, l’ATF travaille pour influencer les politiques et pratiques d’Israël qui est clairement identifié comme étant l’obstacle principal pour le développement du secteur et des droits palestiniens. L’ATF travaille également avec les rapporteurs des Nations Unies et les journalistes pour les emmener sur le terrain et leur faire comprendre l’impact des actions d’Israël sur l’accès à l’eau pour les Palestiniens.

L’eau en palestine
L’accès à l’eau est un droit humain de base. En Palestine, ce droit est loin d’être acquis. Les accords discriminatoires de partage de l’eau (Oslo II, 1995) et le régime de permis israéliens en place en Cisjordanie (particulièrement en zone C) ainsi que la décennie de blocus sur Gaza, dénie aux Palestiniens le contrôle sur leurs ressources en eau et les empêche de développer des infrastructures sanitaires.

Israël, en tant que puissance occupante, a l’obligation au regard du droit international d’assurer la dignité et le bien-être de la population sous son contrôle. Cela inclut l’accès et la provision de services humanitaires incluant l’eau et les sanitaires. Par ailleurs, les états tiers ont l’obligation au regard de la Convention de Genève d’assurer le respect du droit humanitaire international.

Cisjordanie
En Cisjordanie, le droit d’accéder à l’eau est empêché par deux principaux obstacles :

1) Les accords de partage de l’eau laissent trop peu d’eau aux Palestiniens :
La base d’eau accessible entre Israël et la Palestine est fondamentalement inégale. Les accords intérimaires d’Oslo II de 1995 ont laissé Israël en contrôle presque total de toutes les ressources d’eau partagées, alors que cela était supposé être temporaire. 20 ans plus tard, les ressources palestiniennes demeurent au niveau de 1995 alors que la population a doublé depuis. Les Palestiniens n’extraient pas plus de 10 % des ressources d’eau partagées à cause des restrictions israéliennes sur le développement des infrastructures essentielles et de sa mainmise sur la montagne aquifère. Les palestiniens n’ont également pas d’accès au fleuve du Jourdain, pourtant localisé tout le long de la frontière palestino-jordanienne.

2) Les restrictions sur les planifications en Palestine :
Le droit aux Palestiniens de planifier, développer et maintenir les infrastructures d’eau, dont celles d’EWASH, en regard de leurs besoins pour assurer un développement durable est restreint par le régime de permis israéliens en place qui possède un pouvoir de veto sur toute construction. De plus, en zone C (plus de 60 % de la Cisjordanie sous contrôle d’Israël), un permis de construire de l’Administration Civile israélienne est également requis. Cependant, un tel permis est presque impossible à obtenir : seulement 1,5 % des demandes palestiniennes ont été approuvées entre 2010 et 2014.

Dès lors, les Palestiniens vivant en zone C sont laissés sans autre choix que de construire illégalement sans permis, risquant constamment la démolition. Cela va jusqu’à la possession d’un simple récipient d’eau de pluie.

La situation est d’autant plus troublante que la zone C est un endroit naturel parfait pour développer des infrastructures d’eau telles que le traitement des eaux usées qui ne peuvent être bâtis dans les zones densément peuplées. En 2015, 39 structures EWASH ont été détruites ou confisquées, incluant des latrines, des réseaux d’eau et des citernes. 2016 a vu une augmentation considérable du nombre de structures détruites : entre le début de l’année et le 17 février seulement, presque autant de structures qu’en 2015 ont été démolies (37), dont presque 80 % provenaient des fonds de donneurs. Cela se produit alors que l’Europe et Israël ont entamé un dialogue ayant débuté en septembre 2015 et qui devait amener à un arrêt des destructions. Le pic de démolitions démontre l’absence de volonté d’Israël de respecter le dialogue. Le résultat concret de telles politiques est qu’un Palestinien moyen de Cisjordanie consomme 70 litres d’eau par jour, bien en dessous du minimum recommandé par l’OMS (100 l/j), et que dans les communautés les plus vulnérables de la zone C, la consommation tombe à 20 l/j.

Gaza
1,8 millions de Palestiniens vivant dans la bande de Gaza requièrent le besoin urgent d’une solution durable pour l’accès à l’eau. Les principaux défis auxquels ils doivent faire face sont :

1) Le blocus :
Les reconstructions post-bombardements et le développement du secteur de l’eau sont retardées et même arrêtées par le blocus de plus de dix ans sur Gaza. Ce blocus a été condamné par la communauté internationale comme une forme de punition collective. Comme les matériaux nécessaires ne sont pas autorisés en nombre suffisant et que les Palestiniens ne sont pas capables d’entreprendre librement des constructions, les projets sont retardés sur plusieurs années ou même annulés tout simplement. 46 sur 53 projets d’EWASH sont en attente à Gaza.

Le Méchanisme de Reconstruction à Gaza (MRG) a été créé pour faciliter l’entrée de matériaux pour le développement de la bande, en particulier ceux qu’Israël considère comme pouvant servir à des fins militaires. Des matériaux utilisés pour les projets d’EWASH, 70 % d’entre eux sont considérés comme dangereux ; c’est ainsi le cas du ciment. Très peu de ces matériaux sont entrés à Gaza jusqu’à présent.
100 000 personnes à travers la bande de Gaza sont coupées du système d’eau et 23 % de la population n’est pas connectée au système d’eaux usées.

2) Le conflit récurrent :
La situation déjà difficile de l’utilisation de l’eau a été détériorée par les récents bombardements israéliens, causant approximativement 34 millions de dollars (USD) de dégâts aux infrastructures d’eau.

3) L’épuisement de l’aquifère côtier :
La partie de l’aquifère côtier à Gaza, seule ressource disponible d’eau fraîche, n’est pas suffisante pour servir entièrement les besoins de la population. L’aquifère est surexploité de plus de trois fois de sa capacité durable. Des décennies d’utilisation extrême ainsi que la contamination résultant des eaux usées, des produits agro-chimiques et de l’eau saline mettent l’aquifère en danger de dommage irréparable. 96 % de l’eau extraite de l’aquifère côtier est déjà inutilisable pour la consommation humaine. Les Nations Unies et l’Autorité Palestinienne de l’Eau (Palestinian Water Authority – PWA) estiment que l’aquifère deviendra complètement inutilisable au cours de l’année 2016. 95 % de la population gazaouite dépend de l’eau désalinisée achetée aux vendeurs privés pour la boire ; 68 % de cette eau contient des bio-contaminants, et pourtant son prix tellement élevé a pour conséquence que les ménages les plus vulnérables dépensent jusqu’à un tiers de leur revenu pour en obtenir.

Face au blocus qui empêche les projets de construction d’être menés à bien, aux conflits récurrents détruisant encore et encore les infrastructures vitales et à la très mauvaise qualité de l’eau de l’aquifère côtier, Gaza connaît une crise humanitaire nécessitant une action politique et des solutions urgentes.

Thirsting For Justice
Lancée en mars 2011, la campagne Thirsting For Justice vise à mobiliser les citoyens européens pour demander que leurs gouvernements pressent Israël de respecter le droit international et les droits des Palestiniens.

Les principaux objectifs de la campagne sont :

– D’assurer le respect des droits palestiniens à l’eau et aux sanitaires par Israël, en permettant aux Palestiniens de construire des puits actuellement non autorisés dans l’aquifère occidental, la plus large et productive source d’eau de la Cisjordanie.
– De permettre aux Palestiniens de développer leur infrastructure d’eau, surtout en zone C et à Gaza.
– De veiller à ce qu’Israël doive rendre des comptes pour les violations du droit international, notamment des compensations pour les projets européens détruits.

 

Liens vers la campagne Thirsting For Justice:

https://www.facebook.com/ThirstingForJustice/?fref=ts
http://www.thirstingforjustice.org/?p=2704