Herfst-Weekend-Automnal 2015 | Financement du changement climatique

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Fédéral
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Comprendre comment fonctionne ce financement permet de mieux appréhender les aspects financiers dans les négociations actuelles.

Lors du week-end automnal à Tournai, nous avons pu assister à trois ateliers centrés sur différentes thématiques. J’ai eu l’occasion d’assister à celui consacré au financement climatique, animé par Lucas De Muelenaere et Lien Vandamme. Comprendre comment fonctionne ce financement permet de mieux appréhender les financiers dans les négociations actuelles.

Deux principes entrent en compte dans le financement des moyens pour lutter contre le réchauffement climatique : le principe de solidarité et le principe de responsabilité historique. De la même manière que tous les pays ne sont pas égaux face aux conséquences du réchauffement climatiques, tous ne sont pas non plus égaux dans ses causes. Les pays du nord sont responsables de 78% des émissions historiques et d’encore 36% des émissions actuelles alors qu’ils ne représentent que 18% de la population mondiale. On parle dès lors de « responsabilité commune mais différenciée ». À chacun de participer en fonction de ses moyens mais aussi de ses responsabilités historiques.

Suite au Sommet de Copenhague de 2009, il a été décidé d’arriver à une somme de 100 milliards de dollars par an réservés à la lutte contre le réchauffement climatique d’ici 2020. Pendant la période 2010-2012, les pays développés sont parvenus à réunir un montant de 30 milliards de dollars et se sont engagés à augmenter leur contribution. Cependant, suite à la crise financière, la contribution pour la période allant de 2013 à 2015 a été proche du zéro. Une des questions qui se pose déjà est la manière dont le financement d’après 2020 va s’opérer. Qui va contribuer et à quel niveau ? L’une des options pour l’après 2020 serait notamment de pousser les investisseurs privés à arrêter les subsides aux énergies fossiles et à l’énergie nucléaire et à rediriger ces sommes vers les énergies renouvelables.

De plus, certains pays, comme la Belgique, font en sorte de recycler l’argent alloué à la coopération au développement pour la comptabiliser dans le budget alloué au climat. Cela résulte d’un accord au niveau des Nations Unies que le financement alloué à la coopération au développement soit additionné au financement du changement climatique. Dans les faits, c’est l’OCDE qui décide quels projets de coopération au développement peuvent être compris comme relevant du climat.

Or, il est vain d’espérer un engagement clair de la part des pays en développement lors de la Conférence de Paris sans une contrepartie claire de la part des pays développés.

Enfin, il faut différencier les montants engagés selon deux catégories : les sommes alloués à l’atténuation/mitigation et à l’adaptation. L’atténuation correspond aux moyens ayant pour but de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cela correspond notamment à la plantation de forêts servant de « puits à carbone » ou l’investissement dans l’énergie renouvelable comme par exemple l’éolien, le solaire ou l’hydraulique. L’adaptation quant à elle correspond aux moyens réservés à l’adaptation aux changements climatiques qui sont inévitables avec le réchauffement climatique.

Actuellement, la répartition actuelle est de 74% pour l’atténuation et de 26% pour l’adaptation. Cela s’explique notamment par l’intérêt des investisseurs privés pour le volet atténuation. En effet, celle-ci est plus rentable au niveau économique, grâce à la réduction des coûts de production dans le secteur de l’énergie renouvelable (ex. coût des panneaux solaires). Il faut donc veiller à ne pas oublier d’investir également dans le volet adaptation, qui concerne beaucoup plus les pays du Sud déjà fortement touchés par les conséquences du réchauffement climatique.

Quentin Dumont

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