Week-end Berta Cáceres 2017 | Retour

Week-end Berta Cáceres 2017  | Retour
Fédéral
Thématique(s) de l'article :
« Nous devrions construire une société capable de coexister d’une manière juste, d’une manière digne, d’une manière qui protège la vie » Berta Cáceres, militante écologiste hondurienne assassinée en 2015 pour ses idéaux, était le symbole de notre week-end.

2017 est une année de changement pour écolo j ; des nouveaux coprésidents, un nouveau Bureau et la première édition de notre week-end de réflexion Berta Cáceres. L’objectif ? Découvrir l’écologie politique au travers des réponses qu’elle offre aux crises actuelles.

3 jours, 10 ateliers, 29 intervenant.e.s ! Des conférences, des débats mais aussi de la convivialité...

VENDREDI

Le week-end commence en beauté par une grande conférence. Faut-il reconnaître le passé colonial de la Belgique ? écolo j a eu le plaisir d’accueillir pour en débattre :

Zoé Genot, députée bruxelloise ECOLO, est venue nous parler du travail des politiques dans ce dossier. Quel regard nos élu.e.s posent-ils sur la colonisation ? Quels sont les enjeux qui bloquent ce débat ?

Pierre-Luc Plasman, chercheur en histoire, nous a expliqué comment les chercheur.ses peuvent apporter leur contribution face à ces questions. Comment la question des archives s’articule-t-elle autour de la question politique et mémorielle ?

Soiresse Njall Kalvin, du Collectif Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations, a, quant à lui, expliqué ce refus d’aborder la question du passé colonial belge. Pourquoi la question de la décolonisation de l’espace public est-elle essentielle autant d’un point de vue individuel que collectif ?

Ce débat a été modéré de main de maître par Yvoire Derosen.

Une pression citoyenne est nécessaire afin que le débat soit ouvert et monte au sommet de l’agenda politique. Ainsi, un espace politique pourra être créé et entraîner un débat autour du passé colonial belge. La colonisation est souvent abordée sous le prisme honorifique. Il est primordial de déconstruire ce sujet et d’impliquer l’ensemble des acteurs afin d’obtenir des lectures croisées.

Tu n’as pas pu venir ? Tu te demandes de quoi on a parlé ? Voilà la vidéo de la grande conférence du vendredi.

 

SAMEDI

Après une courte nuit pour certain.e.s, un petit déjeuner revigorant pour d’autres, commence une journée bien chargée entre écologie politique, intersectionnalité, pollution de l’air, justice, femmes et espace public ou encore un monde sans frontière.

  • L’écologie politique d’aujourd’hui et de demain | Jonathan Piron

Mines déconfites, sourires crispés, yeux fuyants. Jonathan, l'intervenant sur l'écologie politique, vient de projeter le premier feuillet de sa présentation, en précisant : « Voici ce qui va nous occuper pendant 1h30 » à savoir un organigramme indigeste sur l'apparition et l'évolution de l'écologie politique...

Ouf de soulagement, quand le même Jonathan avoue que « Ça a l'air vraiment ennuyant, non ?! », et d'annoncer : « Allez, prenez votre manteau, on sort ! ».

Une fois dehors, tout ce que nous croisons est prétexte à faire le lien avec l'écologie politique : voitures, Parlement bruxellois, place récemment aménagée, magasin bio, école, ... L'écologie politique se veut ouverte sur le monde et non pas réservée à une élite comme certain.e.s le croient encore. Jonathan revient aussi sur les difficultés pour ce qui était un « mouvement » de s'ancrer comme un parti : l'exercice du pouvoir est complexe et peut décevoir les écologistes « radicaux » de la première heure, mais nécessaire pour faire avancer les choses dans la direction souhaitée...

De retour à l'intérieur et après un bref exposé, place aux échanges : Où situer Ecolo sur l'axe gauche-droite ? Comment toucher un public qui continue à croire que l'écologie politique est réservée au bobos aisés ? Quelles différences entre la Flandre et la Wallonie par rapport à diverses thématiques ? ...

Le temps presse et l'atelier touche à sa fin, avec un goût de trop peu, mais une véritable d'envie d'en savoir plus et de faire de l'écologie politique la voie du changement.

 

  • Déconstruire l’intersectionnalité | Malika Hamidi, Elsa Mescoli et Guénolé Marchadour

Pourquoi étudier conjointement le racisme, le sexisme, l'homophobie, les rapports de domination entre catégories sociales ?

Elsa Mescoli, chercheuse postdoctorale à l’ULg, a commencé par une introduction sur l’intersectionnalité, les recherches de Kimberlé Crenshaw ainsi que ses propres recherches. Sa thèse porte sur les pratiques culinaires de femmes marocaines résidentes dans la province de Milan, en focalisant l’attention sur les procès de subjectivation à travers la culture matérielle et les pratiques du quotidien dans un contexte migratoire.

Guénolé Marchadour, post-doctorant CNAM, a parlé des rapports sociaux de sexe, de race et de classe qui sont reliés dans les processus de mobilisation de population migrante. Ces processus sont étudiés à partir du cadre théorique de l’intersectionnalité des rapports de domination et sont explorés au travers de trois cas d’étude : les écoles brésiliennes au Japon, les sections syndicales de travailleur.euse.s migrant.e.s et les associations locales.

Malika Hamidi, auteur de l’ouvrage « Un féminisme musulman et pourquoi pas ? » nous a présenté l’histoire du mouvement féministe musulman en France et en Belgique. Qu’est-ce que le féminisme islamique et l’identité musulmane féminine européenne ?

 

  • Comment se défendre contre la pollution de l’air ? | Muriel Gerkens députée fédérale ECOLO, Ugo Taddei avocat de ClientEarth et Nicola Da Schio chercheur en écologie urbaine spécialiste de la question de la pollution de l’air

Les pics de pollution font, désormais, partie intégrante de nos vies et de nos villes. Face à ce phénomène, la société civile et des citoyen.ne.s s'organisent pour défendre l'accès à un air sain. Quels sont les enjeux de ce combat ? Comment lutter contre la pollution dans nos villes ? Et surtout, comment se défendre juridiquement face aux villes, aux régions ?

Tu n’as pu participer ? Tu as vraiment envie d’entendre les échanges, les discussions et débats entre nos intervenant.e.s ? Voici le retour vidéo.

 

  • Listes citoyennes : une fois au pouvoir ? | Vincent Jacquet, Sarah Schlitz et Enzo Lesourt

Afin de se réapproprier le pouvoir, certains individus se rassemblent et forment des mouvements et/ou des listes citoyennes que ce soit à Liège, Grenoble, Barcelone ou encore Madrid. Comment un mouvement citoyen se construit-il avant les élections et comment se traduit-il politiquement après celles-ci ?

Vincent Jacquet, chercheur post-doctorant à l’UCL, a commencé par nous présenter les différentes possibilités de participation citoyenne. Ensuite, Sarah Schlitz, membre fondatrice du mouvement éco-citoyen, nous a expliqué les origines du mouvement liégeois, ces objectifs et son mode de fonctionnement. (Le manifeste du mouvement éco-citoyen). Pour terminer nous avions le plaisir d’accueillir Enzo Lesourt, conseillé du maire de Grenoble, Eric Piolle, issu de la liste du Rassemblement citoyen de la gauche et des écologistes. Il nous a expliqué comment ils ont construit leur campagne, leur objectif et comment ils exercent le pouvoir à l'heure actuelle.

 

  • Comment débloquer la justice institutionnalisée ? | Thierry Marchandise ancien procureur du Roi de Charleroi, Lionel sous-commandant Escargot de l’Ensemble Zoologique de Libération de la Nature (EZLN) et Alexis Deswaef président de la Ligue des Droits de l’Homme

On entend beaucoup parler des lanceurs d’alerte, de Cédric Herrou, d’EZLN, des 6 héros… Qu’est-ce que tous ces exemples ont en commun ? Ils agissent et se mobilisent pour le bien commun mais sont poursuivis par la justice… Comment peut-on débloquer une justice institutionnalisée qui préfère poursuivre des individus agissant pour le bien commun que des entreprises ou des individus dont le seul objectif est de faire du profit et ce même lorsque ceux-ci vont à l'encontre du bien de la population. Concrètement, comment fonctionne la justice en Belgique ? Y a-t-il une volonté de faire taire les juges ?

L’atelier est disponible en vidéo, c'est par ici.

 

  • L’intersectionnalité à travers le témoignage d’un collectif antiraciste non-mixte | La Nouvelle Voie Anticoloniale

Dans la deuxième salle, nous avions le plaisir d’écouter le témoignage de la Nouvelle Voie Anticoloniale qui est la section antiraciste des JOC Bruxelles (Jeunes Organisés Combatifs). Après avoir déconstruit le concept théorique d’intersectionnalité le matin, il était temps d’écouter un témoignage. Présentation du collectif, pourquoi avoir créé une section antiraciste non-mixte ? C’est quoi la non-mixité ? Quels sont les objectifs, les actions menées par ce collectif ?

Envie d’en savoir plus sur la Nouvelle Voie Anticoloniale ?

 

Pour terminer cette journée, nous avions deux ateliers :

  • Comment repenser l'espace public : les femmes reprennent la ville ? | Claudine Lienard pour l’université des Femmes et Eloïse Kling architecte de Genre et Ville

Les femmes ne sont pas absentes de l’espace public. Elles sont absentes de certains lieux, à certaines heures. Si les hommes flânent et occupent l’espace public ; les femmes, elles, ont tendance à s’occuper dans l’espace public (de tâches ou d’autres personnes) et ne faire qu’y passer.

Pourquoi ? L’éducation est un facteur prégnant, les filles et les garçons n’apprennent pas les mêmes comportements (peur d’être dehors seule, de faire attention à l’heure où elles rentrent, à la façon dont elles sont habillées…) d’où l’importance de la mise en pratique de l’éducation non-sexiste. L’environnement joue aussi un rôle : les femmes se sentent en insécurité de par la violence symbolique et psychologique qui peut exister dans la ville. Enfin, même le décor et l’art urbain est masculin. Par exemple, l’architecture est souvent assez phallique. L’art mural est aussi souvent connoté masculin, de même que les noms de rues qui sont fort peu féminins. Tout ceci participe à diffuser le message aux femmes qu’elles ne sont pas chez elles dehors.