Retour sur | Un monde sans frontière

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Retour sur notre après-midi de réflexion : un monde sans frontière

Nous ecolo·j·istes, nous sommes des utopistes pragmatiques. Vus de l’extérieur, nous passons quelques fois pour de doux rêveurs, parfois à des milliers kilomètres de la surface terrestre. Qu’à cela ne tienne ! L’utopie, dans notre cas est mêlée de pragmatisme et consiste avant tout à interroger radicalement le présent en gardant en tête ce que nous ferions s’il nous était possible de recréer le monde à froid. L’aller-retour est donc constant entre l’imaginaire d’un monde qu’on façonnerait selon nos idéaux et le monde tel qu’il existe déjà.

C’est dans cette perspective d’équilibre entre utopie et pragmatisme qu’écolo j Huy-Waremme a organisé une après-midi de réflexion sur la question des frontières.

D’emblée, face à la crise de l’accueil, aux inégalités quant au droit de se déplacer, aux nombres de personnes décédées durant leur parcours migratoire (et j’en passe et des plus tristes), on pourrait se dire que la solution toute trouvée serait d’avoir un monde sans frontière. D’ailleurs, à quoi servent-elles sinon entraver la liberté des gens à se déplacer aux travers d’elles ?

Ça serait d’autant plus une solution pour diminuer les inégalités liées à la migration. En effet, le fait de naître du bon côté de la barrière ou d’avoir un profil socio-économique très privilégiés permettent de migrer plus facilement. Un richissime Quatari ne fera pas une demande d’asile pour s’installer en Europe. Et à nous, blanc bon Belge (plus blanc que blanche), il nous suffit de payer 100€ un visa et nous sommes accueillis à bras ouverts presque partout dans le monde !

Il semble que les frontières n’existent pas pour tout le monde !

Après les témoignages de Laurence, assistante sociale dans un centre pour demandeur d’asile de la Croix-Rouge et d’Adolphe, réfugié burkinabé, nous sommes de plus en plus convaincus de l’inutilité des frontières et de ce qu’elles induisent en terme de démarche pour se déplacer (passeurs, violence, longues traversées au péril de sa vie, etc) et être accueilli (procédure inadéquate et déshumanisante).

On se dit que sans ses lignes symboliques seulement réelles sur le tracé d’une carte, fini les milliers de morts en Méditerranée et sur les routes, fini la traite des migrants par les passeurs, fini le viol des femmes migrantes… Bienvenue en Utopie !

Retour sur Terre avec Marc Jacquemain : sans les frontières, fini la démocratie ! L’atterrissage secoue un peu mais se passe, au final, sans encombre.

En effet, selon ce professeur de sociologie, les frontières permettent de faire des choix sociaux et collectifs, de prendre des décisions pour un territoire donné. Les frontières induisent la citoyenneté. Les individus ont besoin d’appartenir à un groupe, une communauté politique, c’est pourquoi nous n’arriverons jamais à un état mondial. Quand bien même on déciderait de supprimer les frontières, les individus recréeraient des communautés politiques de leur côté et on verrait se multiplier des communautés hermétiques, fermées sur elles-mêmes telles les « gated communities » pour riches seniors aux USA*.

Le débat ne se situe donc pas au niveau de l’existence des frontières mais sur la manière de les organiser !

L’Europe forteresse, n’est pas une solution. Il est nécessaire d’assurer des voies de migration sûre (mise en place d’un visa humanitaire), d’organiser l’accueil aux portes et au sein de l’Europe, assurer des procédures plus humaines, faciliter l’accès à un avocat dans les démarches.

En considérant la perspective de la démocratie, la conclusion est que nous devons agir sur les frontières plutôt que de vouloir leur suppression pure et simple.

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