POLITIQUES CARCÉRALES| La politique inhumaine des centres fermés

pictoDossiersPRISON Travaillant depuis quelques années avec les personnes migrantes, la question des centres fermés pour étrangers me tient fort à cœur ! Dans un centre fermé, sont détenus des personnes en situation irrégulière de séjour : environ 8000 personnes sont enfermées chaque année en vue de leur expulsion vers leur pays d’origine. Il faut savoir qu’il y a encore quelques années, des enfants y étaient encore enfermés : nous sommes plusieurs à nous être battus contre cela et c’est aujourd’hui interdit. Néanmoins, ces acquis semblent aujourd’hui menacés.  

Les personnes que je rencontre qui ont déjà été détenues dans ce type de centres sont souvent traumatisées par leur expérience, se retrouvant enfermées sans avoir commis un quelconque crime. De plus, pour certains, envisager le retour au pays alors qu’ils y ont fui une menace, leur apparaît comme un danger pour eux ou pour leurs enfants.

Politique inquiétante du nouveau gouvernement
La politique de migration dans notre nouveau gouvernement m’inquiète beaucoup lorsque Theo Franken, secrétaire d’État à l’Asile et aux Migrations, nous affirme qu’une centaine de places vont être créées en centres fermés. Je me demande alors quelles sont les priorités, et surtout, ce que notre ministre veut pointer du doigt pour rassurer les gens… N’est il pas en train d’utiliser le sentiment d’insécurité de la population sur cette question ? Ajoutons à l’actif de ce dernier, sa présence au 90ème anniversaire de Bob Maes, fondateur du VMO, une milice d’extrême-droite flamande créée après la Seconde Guerre Mondiale. N’est-ce pas un fait aberrant ?

Les centres fermés ne devraient pas exister
Pour les Verts, les centres fermés ne devraient pas exister ! Enfermer une personne innocente, désignée arbitrairement, se résume à une politique inhumaine. Pour certains, cette situation donne suite à une demande pour être protégé par la Belgique car ils ont fuit un danger imminent dans leur pays… Il y a de quoi s’inquiéter sur l’avenir des Droits humains à une époque où les marchandises ont plus de liberté de circulation que les personnes. De nombreuses mobilisations ont vu le jour afin de dénoncer cette politique d’enfermement. Chaque année le C.R.A.C.P.E. organise un rassemblement devant le centre fermé de Vottem, le 24 décembre. écolo j a participé fin octobre à un rassemblement devant le 127bis pour dire « non » à l’enfermement de mineurs dans les centre fermés. Notons également la manifestation annuelle contre les centres fermés, le premier dimanche de mars.

Camille Soyeur, conseillère communale Ecolo