Violences | Tu enfanteras dans la douleur !

pictoDossiersCaroline, 26 ans, accouche de son premier enfant. L’enfant vient de naître. Elle n’a pas eu d’épisiotomie

L’enfant était plus gros que prévu. Elle est déchirée. Elle a besoin d’être recousue. La sage-femme lui met un produit anesthésiant, prend une aiguille et un fil. Puis, elle est appelée pour une autre naissance. Elle s’en va. Elle revient, combien de temps plus tard ? Caroline ne sait plus. Elle commence à la recoudre. Caroline hurle de douleur. La sage-femme lui dit qu’elle ne doit pas faire sa chochotte. Le père de l’enfant de Caroline fait remarquer à la sage-femme qu’elle est partie depuis longtemps et que le produit ne fait plus effet donc sa compagne souffre.

Une histoire parmi tant d’autres. Une violence obstétricale, c’est selon Marie-Hélène Lahaye tout comportement, acte, omission ou abstention commis par le personnel de santé qui n’est pas justifié médicalement et/ou effectué sans le consentement libre et éclairé de la femme enceinte ou parturiente.

Après son accouchement, Caroline a décidé qu’elle ne voudrait pas d’autre enfant.

Pourquoi les violences obstétricales existent-elles ?

Principalement parce que les futures mères ne sont pas consultées sur les décisions qui concernent leur corps. En Belgique, une femme sur deux subit une épisiotomie[1] sans qu’on lui ait demandé son avis. La plupart du temps, elles ne sont pas nécessaires. Elles sont pratiquées par confort.

Le confort de qui ?

Du personnel soignant, pas celui de la mère. En France, à Besançon, un hôpital a décidé de limiter cette pratique. Iels sont plusieurs à décider si l’épisiotomie est nécessaire ou pas. Une pratique qu’iels ne font qu’à contrecœur.

Trois ans plus tard, Caroline a eu un deuxième enfant. Elle a changé de gynécologue et de sage-femme. Son deuxième accouchement s’est beaucoup mieux passé. La gynécologue a jugé qu’elle n’avait pas besoin d’une épisiotomie. Elle lui a mis des compresses chaudes pour détendre son périnée. On peut changer les habitudes, à condition de poser les bonnes questions aux patientes.

Esther Ingabire

 

[1] Incision (ou découpure) pratiquée lors de l’accouchement du vagin au périnée
afin d’éviter les déchirures.