VOIR : Joker

Joker, réalisé par Todd Phillips avec Joaquin Phoenix, Robert De Niro (2019)

 

 

 

 

 

 

 

Il nous faut à tout prix éviter Gotham City Soubresaut du cinéma hollywoodien, le Joker de Todd Phillips est salué par la critique. Mais au-delà de l’énorme prestation de Joaquin Phoenix, le film est une critique de notre système économique et de la vision particulière de l’être humain qu’il sous-tend; l’hyper-individualisme.

Le film revient sur la vie d’Arthur Fleck, alias le Joker, dont le but dans la vie est de faire rire les gens. Il devient le personnage que l’on connait à la suite de son licenciement et de la fermeture du centre psycho-médical qui l’accompagne. Désespérément seul face à la violence tant physique que psychologique de la société de Gotham City, il sombre peu à peu dans la folie.

Sur fond de troubles politiques, le film fait écho à la désespérance sociale engendrée par notre système hyper-individualiste. Il nous rappelle à quel point ce système, en sacralisant l’individu roi, est une violente machine à broyer. Face aux conséquences dramatiques de ce système, il nous faut à tout prix éviter Gotham City.

Lionel Legrand

LIRE : Les crocodiles

Les crocodiles, de Juliette Boutant et Thomas Mathieu

 

 

 

 

 

 

 

Le patriarcat est toujours là !

Thomas Mathieu et Juliette Boutant signent ce deuxième épisode des Crocodiles qui met en exergue les violences subies par les femmes. Les croquis partent de situations qui ont été vécues par des femmes, et sur ces dessins les hommes sont représentés en crocodiles. Le but n’est pas de dire que tous les hommes sont des harceleurs mais de dénoncer un système patriarcal omniprésent.

Si, depuis la sortie du premier album, #Metoo a eu le mérite d’exister, il faut bien constater que le harcèlement de rue et sur le lieu de travail – notamment – sont loin d’avoir disparu. C’est ce que l’auteur et l’autrice nous montrent, planche après planche. Les violences gynécologiques sont aussi abordées, celles-ci émanant du corps médical dans son ensemble. Enfin, les violences discursives que certain·e·s policier·e·s adressent à des victimes de violences sexistes sont présentées.

A lire absolument, surtout si tu es un homme cisgenre !

Jéromine Gehrenbeck

LIRE | Une planète à bout de souffle. Réduire, imaginer, agir

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« Pour éviter une misère généralisée et une perte catastrophique de biodiversité, l’humanité doit adopter une alternative plus durable écologiquement que la pratique qui est la sienne aujourd’hui. » Tel était le message dans la revue « Biosciences » de 15 000 scientifiques en marge de la COP 23 au mois de novembre dernier. Autrement dit, notre modèle de civilisation détruit chaque année un peu plus le capital naturel qui assure aux populations un avenir digne et désirable.

Chacun a sa part de responsabilité. Donald Trump, bien sûr, qui, par son absence d’engagement sur le climat, met en péril le monde entier. Mais aussi la grande majorité des décideurs politiques dont les décisions restent soumises au dogme de la croissance du PIB. « Produire, consommer et croître toujours plus ! » demeure le discours majoritaire de nos représentants. Or, notre planète est limitée. Cette politique du « toujours plus » repose sur la croyance en une disponibilité infinie de ressources comme les forêts, les minerais, les sols, les stocks de poissons mais également les énergies fossiles comme le pétrole ou le gaz naturel. Par ailleurs, notre modèle de croissance continue à malmener des systèmes dont la stabilité est pourtant vitale pour les sociétés humaines : le climat, mais aussi les écosystèmes ou les cycles de l’eau et de l’azote.

Vu l’importance des menaces qui pèsent sur l’humanité, il est urgent de changer de logiciel et d’amorcer de véritables ruptures ! Bousculons nos habitudes et ouvrons notre imaginaire ! C’est ce à quoi Justice et Paix s’est attelée, à son échelle, dans son étude « Une planète à bout de souffle. Réduire, Imaginer, Agir ».

Avant de consommer autrement, consommer moins

Les limites physiques d’un monde fini exigent une transformation de notre rapport au monde, de nos besoins et de nos désirs. Il importe non seulement de consommer « autrement », mais avant cela, de consommer « moins ».

Quand on y réfléchit, l’accumulation sans borne d’objets de toutes sortes permet-elle réellement d’être plus heureux ? L’éclairage des magasins pendant la nuit, même avec des leds, est-il indispensable ? L’épanouissement d’un enfant dépend-il, avant tout, de la quantité de jouets (même en plastique recyclé) qu’il reçoit chaque année ? La quantité inouïe de papier, d’encre et d’écrans plats utilisés par les publicitaires pour nous vendre des produits à l’utilité questionnable et à l’obsolescence planifiée dans le temps apporte-t-elle un quelconque progrès à l’humanité ? Avons-nous réellement besoin de voitures équipées « full option », dont la carrosserie et le moteur nous permettent techniquement de monter jusqu’à 260 km/h alors que la vitesse est limitée légalement à 120 km/h ? Les exemples d’absurdité de la société de consommation sont innombrables.

Dès aujourd’hui, un virage politique à 180 degrés !

Toutefois, la libération du productivisme et du consumérisme ne peut être uniquement une démarche individuelle. À l’éthique personnelle doivent être associés des engagements politiques.

Il s’agit de créer des systèmes d’organisation sociale, économique et politiques capables de garantir une vie digne pour chacun, tout en étant compatibles avec les limites physiques de notre planète. En s’inspirant par exemple des travaux de Serge Latouche, de Pablo Servigne ou de Philippe Bihouix, il s’agit de recycler, réparer, remplacer, récupérer, réduire, redistribuer, repenser, mais aussi d’imaginer, de rêver et d’agir collectivement.

Nos représentants ont les moyens d’agir à plusieurs niveaux en faveur d’une gestion responsable et durable des ressources naturelles. Ceux-ci peuvent voter des lois, règlements et normes techniques de qualité concernant les produits ou les modes de fabrication et les assortir de sanctions en cas de non-respect. Ils devraient aussi inciter davantage les entreprises afin qu’elles adoptent des comportements durables comme l’écoconception, c’est-à-dire, la conception de produits pensée en vue de la réparation, de la récupération de pièces et du recyclage. Les produits et comportements non durables pourraient être davantage pénalisés. Nous pensons particulièrement aux produits destinés à être obsolètes après une durée déterminée, les objets hautement inutiles ou trop complexes pour être envisagés dans une économie circulaire. Parallèlement, on est en droit d’attendre de nos décideurs politiques que soient soutenues les activités sociales, collaboratives et écologiques telles que les « repair café », les pratiques agrobiologiques ou les différentes initiatives citoyennes de Transition.

En tant que citoyens ou représentants du monde associatif, nous avons un rôle à jouer ! La lutte contre le CETA et le TTIP a démontré que lorsqu’on agit de façon coalisée, les lignes peuvent bouger. Les prochaines élections 2018 et 2019 sont des opportunités à saisir pour interpeller le pouvoir politique ! Nous n’avons plus le luxe d’attendre plus longtemps.


Valéry Witsel |
Justice et Paix


LIRE | Palestine

pictoCoinDetentePalestine, Noam Chomsky et Ilan Pappé (2016)

Orchestré par Frank Barat, coordinateur du Tribunal Russell sur la Palestine, ce livre dynamique rassemble, entre autres, des réflexions sur l’histoire et l’avenir ainsi que des entretiens avec Noam Chomsky et Ilan Pappé. Ces deux intellectuels partagent plusieurs points communs : professeurs d’université très engagés dans le domaine, ils ont tous les deux vécu une partie de leur vie en Israël avant de tourner le dos à la société israélienne. Le résultat de la rencontre entre ces deux militants est extrêmement intéressant, tant dans les convergences que les divergences d’opinions.

La remise en question de termes utilisés lorsque l’on traite de l’occupation de la Palestine par Israël (conflit israélopalestinien, processus de paix, violence des deux camps), la déconstruction de l’intouchable solution à deux États, la partie consacrée à la comparaison (et ses limites) entre le cas de l’Afrique du Sud et celui de la Palestine ont particulièrement retenu mon attention.

Incontournable pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin sur la question palestinienne !

Disponible (format papier ou numérique) ici

Lucas Bernaerts

VOIR | Le fils de l’autre

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Le fils de l’autre, de Lorraine Lévy (2012)

Avec notamment Emmanuelle Devos, Pascal Elbé, Jules Sitruk, Mehdi Dehbi, Areen Omari et Khalifa Natour.

A 18 ans, Joseph s’apprête à entrer dans l’armée israélienne quand soudain il découvre, suite à une prise de sang, qu’il était destiné à vivre en Cisjordanie. Il a en effet été échangé à la naissance avec Yacine, un Palestinien, dans la confusion provoquée par un bombardement au sein de la maternité israélienne où tous deux sont nés. Joseph, Yacine et leurs familles respectives sont très perturbés en apprenant la nouvelle. Faut-il organiser une rencontre entre tous ? Si oui, vont-ils s’entendre, dépasser les préjugés sur les membres de l’autre communauté ? Les deux garçons doivent-ils changer de religion ? Qui sont-ils vraiment ?

Le fils de l’autre est un film touchant qui interroge les stéréotypes culturels et les relations communautaires avec beaucoup de bon sens. « Et peut-être, pourquoi pas, un film qui rend meilleur », ajoute le journal Le Parisien.

Jéromine Gehrenbeck

FAIRE | Rejoins le SelfLove Gang !

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Pourquoi le GT féminisme + ?

Nous avons créé le groupe de travail cet été pour réfléchir ensemble à diverses thématiques féministes et envisager des actions militantes, de sensibilisation, des partenariats avec d’autres associations…

Pourquoi féminisme « + » ?

« + » car nous refusons de nous cantonner à un féminisme blanc, hétéronormé et bourgeois, qui ne prendrait pas en compte beaucoup de personnes ne correspondant pas à ces normes : nous revendiquons un féminisme inclusif !
Ainsi, nous avons à coeur l’intersectionnalité. Cela signifie que nous voulons donner la parole aux personnes qui subissent le patriarcat : queer, femmes, non-binaires,… mais aussi défendre celleux qui vivent d’autres discriminations telles que le racisme, l’homophobie, la précarité, la grossophobie, etc.

Nos objectifs ?

Ne me libère pas, je m’en charge.
A long terme, nous voulons créer un réseau de personnes qui puissent échanger, s’instruire mutuellement, et qui s’organisent dans une lutte pour nos droits !

Pourquoi la non-mixité ?

L’avantage principal de la non-mixité est de créer un espace safe où les personnes qui subissent des oppressions pourront s’exprimer librement sans que leur parole soit remise en cause. De plus, cela permet de parler avec des personnes qui peuvent directement comprendre ce que nous vivons sans devoir s’atteler à beaucoup de pédagogie. La non-mixité est un instrument qui permet à cette lutte d’être autonome.
En effet, si des hommes sont présents, il sera plus compliqué de parler des problèmes qui leur sont liés. Au-delà des sujets sensibles, la non-mixité permet d’aborder les thématiques chères aux membres du groupe sans se voir mansplainer que non, cette thématique-là, ce n’est pas primordial.
De plus, les hommes – consciemment ou non – prennent plus facilement la parole, pour plus longtemps et interrompent régulièrement les femmes.
Pour nous émanciper, nous avons besoin d’espaces non-mixtes où nous pouvons nous concentrer sur nos luttes. Cela dit, certaines de nos activités seront ouvertes à toutes et tous et nous invitons tout le monde à soutenir nos luttes.

Nos idées d’actions ?

Des autrices et des personnages historiques ainsi que des films à mettre en avant chaque mois sur notre page. Des cafés féministes à travers la Wallonie et Bruxelles pour aborder des sujets tels que : la précarité des femmes, les règles, les féminismes,…

Pourquoi nous rejoindre ?

Si tu en as marre des inégalités et des clichés sexistes, que tu veux rencontrer des jeunes dynamiques qui partagent tes convictions et faire partie du changement, alors rejoins-nous et suis-nous sur Facebook.

Le GT Féminisme

VOIR | Le Meufisme

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Le Meufisme, ça fait maintenant depuis plusieurs années que ça dure : trois saisons, 24 épisodes, des millions de vues en cumulé et plus de 200 000 d’abonnés.

C’est déjà un beau succès mais on s’est dit qu’on allait en parler pour vous proposer de découvrir ce beau projet léger mais pas moins pour autant efficace et l’aider à progresser encore.

A notre connaissance, dans le monde déjà restreint de l’humour féminin (sur Youtube), c’est le seul qui ait osé se lancer sur le mode d’un féminisme pragmatique, humoristique et … empathique.

Souvenons-nous de cet enseignement fondamental du cercle des poètes disparus : savoir voir les choses sous un autre angle ! Les hommes et les femmes n’ont pas le même vécu. Et l’empathie du meufisme consiste à rapprocher les genres plutôt qu’à les séparer. Elle amène les femmes à se sentir mieux comprises non seulement par les hommes mais aussi entre elles car c’est toujours agréable de voir qu’on est plusieurs à vivre la même chose.

Loin de partir d’une démarche académique où on chercherait à mettre sur vidéo des concepts théoriques, c’est leur vie de « meuf » qu’elles ont filmé et mis en ligne sur Youtube. Et cela avec une écriture souvent drôle et touchante.

Si les hommes sont jusqu’à 40% de l’audience de certaines vidéos (ce qui n’était pourtant pas le but recherché ou espéré), certains y verront la preuve que c’est forcément « raté » (puisque les hommes aiment), d’autres, au contraire, y verront la preuve que le Meufisme, ça marche, ça peut se voir et se débriefer en couple et c’est vraiment utile en plus de faire rire. Nous sommes sans hésiter de la seconde école.

Techniquement, la qualité est toujours présente et on voit qu’on a à faire à des professionnelles. Des thèmes très larges ont été abordés sans que ne soit oublié le fil conducteur de la relation de couple qui avance au fil des saisons. On n’est pas là pour recevoir un cours mais pour rire tout en s’émouvant pour une histoire d’amour qui nous concerne aussi.

La saison 4 arrivera bientôt (pas de date annoncée sinon qu’elle est en préparation) mais je ne doute pas qu’elle continuera sur le même ton et le même rythme que précédemment. En attendant, si ce n’est encore fait, foncez voir les épisodes déjà parus et faites les découvrir autour de vous.

En voici une petite sélection forcément très subjective :

Aurian Bourguignon

VOIR | Moonlight

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Être gay. Être noir et gay. Être un gangster, noir et gay.

Ce n’est au final pas le propos du film. Mais si. La Pride est sans frontières cette année et c’est ce que revendique ce film. Ce n’est pas une histoire de coming-out, c’est une histoire d’amour. Parce que l’amour n’a pas de frontières. Parce que l’amour ne pose pas de questions. Moonlight, c’est oser demander, se demander  puis-je oser m’affirmer ?  Qu’est ce que c’est au final la Thug life ? Est-ce oser dire ?

Moonlight est ce que l’on espère une revendication. Je vous le conseille sincèrement parce que ce film nous permet de nous interroger. Nous interroger sur jusqu’où on est prêt à se battre sur les droits de nos amis. Ça pourrait être moi, ça pourrait être nous. Bref, je vous conseille vivement ce film.

Esther Ingabire

VOIR | 5 sites qui nous parle de féminismeS

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  1. Femmes Plurielles

Tout fraichement débarqué sur le web, le magazine Femmes Plurielles a lancé son webzine le 21 mars. On y retrouve des articles de fonds, des critiques culturelles (BD, films, théâtre … ) et des BD réalisées par l’excellente blogueuse Dans mon tiroir.

Tous ces contenus permettent de rendre accessible les thématiques liées aux féminismes tels que l’intersectionalité, l’avortement, la culture du viol, le non-désir d’enfants, les stéréotypes et tant d’autres.

  1. Axelle Mag

Tout comme Femmes Plurielles, ce webzine découle du magazine féministe Axelle. Ce que j’aime particulièrement sur ce site, ce sont leurs reportages de terrains qui mettent en lumière des problématiques très spécifiques desquelles j’avais peu conscience avant (condition de travail des technicien-nes de surface à l’ULB, combat des coiffeuses sans papiers…).

Seul bémol, pour lire certains articles, il faut être abonné-es.

  1. Paye ta Schneck et consoeurs

Paye ta Schneck prend la forme d’un Tumblr. Ce blog et tout ceux qui en ont découlés (Paye ta fac, Paye ta robe, Paye ton sport, Paye ton couple …) recensent les témoignages très courts de femmes (cis et trans) qui ont vécu le sexisme ordinaire dans la rue ou dans chacun des milieux spécifié (l’université, le barreau, la salle de sport…).

Chacun de ces blogs permets aux “victimes” de témoigner dans l’anonymat et d’exprimer un ras-le-bol général. Après ça, plus question de dire que ce sont des phénomènes isolés !

  1. Cheek

Dés que j’ai découvert ce webzine j’ai été séduite. Quelques articles “maison” qui traitent les sujets féministes en profondeur, mais aussi plein de relais de très bons articles écrits par d’autres sites et de vidéos à voir absolument, le tout sur un ton léger et très accessible.

  1. Simonae

Tu as a déjà consulté ces quatre sites et tu veux aller plus loin ? Simonae est une plateforme vraiment très riche. Tu y trouveras plein d’analyses écrites par des féministes bénévoles aux profils variés.

Avec Simonae, ta soif de savoirs sur les questions de genre ne pourra qu’être abreuvée !

Mana

LIRE | 8 BD sur les questions de genre à dévorer sans tarder !

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  1. DesSeins – Dargaud

desseins

C’est cette BD de Olivier Pont qui a réveillé en moi l’amour pour la Bande-Dessinée qui s’était éteint après ma passion pour Tamara et les Nombrils. Le dessin est magnifique mais ce sont surtout les histoires qui m’ont séduites. L’auteur a trouvé la manière la plus juste d’allier image et texte pour nous transporter dans les tranches de vies de femmes passionnantes et si différentes. Le concept de féminité à quoi tient-il ? Existe-t-il seulement une définition absolue ?

Cette œuvre lie sensibilité et réalisme pour tenter de répondre à ces questions.


  1. Garçon manqué – ça et là

garconmanqueDepuis toute petite, Liz Prince navigue entre l’univers “des filles” qu’elle déteste et celui “des garçons” qu’elle apprécie mais dans lequel elle est souvent considérée comme illégitime. Elle partage son vécu, ses difficultés et son parcours pour définir son identité propre, en dehors des cadres genrés imposés par la société.

Cette BD autobiographique raconte l’histoire d’un garçon manqué.


  1. Le féminisme en 7 slogans et citations” – la petite Bédéthèque des savoirs

feminismeSi tu veux en savoir plus sur le féminisme de manière ludique, je ne peux que te conseiller cette BD ! A travers des slogans et grands évènements, Anne-Charlotte Husson et Thomas Mathieu retracent les grandes étapes et les concepts clés de ce combat.

Une petite bible du féminisme illustré !


  1. Les culottées – Galimard

culoteesIncontournable ! Pénélope Bagieu retrace la vie de grandes femmes qui ont marqué l’Histoire mais qui sont malheureusement oubliées des manuels scolaires et de la mémoire collective. Portrait après portrait, elle nous rappelle les destinées de ces femmes qui font ce qu’elles veulent !

J’ai trouvé ces deux tomes terriblement inspirants !


  1. Commando Culotte – Ankama

culotteMirion Malle ne te racontera pas d’histoires dans cette BD. Elle te propose plutôt des analyses des produits de la culture populaire d’un point de vue féministe : Harry Potter, Game of Throne, American Pie mais aussi les phénomènes tels que la “friendzone” ou les personnages féminins forts.

C’est drôle et en même temps ça te permet de consommer tes séries et films préféré avec bien plus d’esprit critique !


  1. Le Bleu est une Couleur Chaude et Corps Sonores – Glénat BD

bleucorpsJe te recommande très très chaudement ces deux BD de la merveilleuse Julie Maroh. Le Bleu est une Couleur Chaude, c’est l’œuvre qui a inspiré La Vie d’Adèle, mais honnêtement, c’est au moins mille fois mieux que le film, plus intense et plus complexe. On y découvre l’histoire d’amour entre Ema et Clémentine. C’est touchant, c’est beau et ça aborde avec justesse le sujet de l’homosexualité.

Par la suite, l’autrice à réalisé un recueil de nouvelles, Corps Sonores. Elle y raconte des rencontres amoureuses différentes de celles qu’on peut lire habituellement. Transexualité, polyamour, homosexualité, handicap… ces amours souvent invisibilisés sont contés avec délicatesse.


  1. Bitch Planet – Glenat

bitchBitch Planet de Sue DeConnick et Valentine De Landro a créé un véritable phénomène aux États-Unis. Le pitch : dans un futur ou le monde est (encore plus) gouverné par le diktat des hommes, toutes les femmes qui ne correspondent pas parfaitement à l’idéal féminin sont envoyées sur Bitch Planet pour être “rééduquées” et redevenir “conformes”.

Cette dystopie est un peu violente mais elle traduit étonnamment bien les enjeux du sexisme, du consumérisme et les injustices de notre monde actuel.


  1. Miss Marvel – Panini France

marvelMarre de Iron Man, Hulk, Spiderman et Wolverine ? Envie de superhéros un peu différents, et pourquoi pas, d’une femme pour une fois ? Wilson, Alphonsa et Herring vont surement te combler avec Kamalan Khan, cette jeune nana de confession musulmane qui se découvre des pouvoirs extraordinaires.

Un nouveau modèle de superhéro qui pourrait faire rêver ta nièce, ta petite soeur et même toi !


Mana

LIRE | Sale Pédé

pictoCoinDetenteSale Pédé. Pour en finir avec le harcèlement et l’homophobie à l’école (Jasmin Roy, Parution : septembre 2016)

Depuis quelques années, les élèves devenus adultes sortent du silence. Le harcèlement est enfin une priorité en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Jasmin Roy raconte son histoire, en partant de son origine, sa famille, son quartier, son école. Il raconte avec simplicité ce dont il a lui-même souffert.

Un ouvrage supplémentaire, peut-être, mais un des premiers ouvrages qui sortent du placard toutes les insultes homophobes dont sont victimes des milliers de jeunes. Il n’hésite pas à parler autant du harcèlement entre jeunes que des violences institutionnelles.

Un ouvrage où l’on retrouve plusieurs autres témoignages de jeunes et d’adultes. Un livre qui n’est pas là pour embellir et qui joue sur les émotions du  lect.eur.rice. A lire sans hésitation.

Xavier Wyns

 

VOIR | Le cœur en braille

pictoCoinDetenteLe cœur en braille, de Michel Boujna (2016)

Interprété par deux jeunes acteurs, Alix Vaillant dans le rôle de Marie et Jean-Stan Du Pac dans celui de Victor, Le cœur en braille est un film qui ne laisse pas indifférent.

Victor et Marie sont deux pré-adolescents que tout oppose : Marie vient d’une famille plus qu’aisée mais ne voit que très peu ses parents, acheteurs d’art; Victor a un père garagiste, sa mère est morte quand il avait cinq ans. Il n’est pas du tout scolaire, Marie excelle dans toutes les matières et est une violoncelliste de talent. Ils vont pourtant se rencontrer. Elle veut passer son concours pour être admise dans une école de musique, mais voit de plus en plus mal. Elle se propose pour aider Victor à réviser mais ne lui avouera que plus tard sa maladie des yeux. Une fois au courant, Victor l’aidera pour que personne ne remarque l’aggravement de sa maladie.

Une histoire touchante d’amour entre ces deux pré-ados se dessine tout en douceur, avec en arrière-fond, le père de Victor qui ne parvient pas à faire le deuil de sa femme, et le père de Marie qui, croyant bien faire pour sa fille, ne voit pas qu’il la rend malheureuse.

Un film plein de fraîcheur, de douceur, d’amour : à voir sans modération.

Violette Leclercq

FAIRE | Soirée Microbeads

pictoCoinDetente A la Casa Nicaragua (Liège) , le jeudi 14 décembre dernier, la première soirée consacrée aux microbeads a été un succès. Au menu, nous avons eu droit à quelques vidéos sur la problématique du plastique (plus particulièrement sur les microparticules), une présentation et un workshop avec plusieurs recettes maison. Le tout dans un cadre détendu.

Les membres d’écolo j Liège étaient nombreux au rendez-vous et nous avons aussi touché quelques personnes extérieures qui ont apprécié la session d’information et le workshop DIY (Do It Yourself pour Fais le toi-même) dans l’atmosphère conviviale de notre lieu de rencontre du moment.

Après la brève session d’information qui comprenait quelques vidéos et une présentation des informations élémentaires sur les microbeads ainsi que la pollution des océans par les déchets, nous avons contrôlé la présence de ces minuscules morceaux de plastique (Polyéthylène, Polyprolylène, etc…) dans deux produits différents. Par la dilution et la filtration d’un savon de garagiste et d’un produit exfoliant pour la peau, nous avons remarqué nous-mêmes qu’il existe de nombreuses catégories de microbeads : certains ont l’air naturels mais ne le sont pas du tout.

Ensuite nous avons présenté les alternatives mécaniques au gommage pour la peau, les produits de gommage étant les plus riches en microbeads. Brosses, éponges naturelles, marc de café, sucre, autant de moyens naturels pour avoir une peau douce sans compromettre notre environnement !

Pour finir, nous avons découvert trois recettes maison que nous avons pu réaliser ensemble. Quasi tout le monde a essayé les trois recettes : un dentifrice et deux gommages. Ces recettes sont mêmes comestibles, donc aucun danger de vous faire du tort, au contraire.

Ce fut un bon premier workshop, de quoi réussir la prochaine session avec un public plus nombreux.

Un grand merci à Salima pour les recherches, à Magali pour le chouette visuel, à Alexandre pour la présentation et aux membres d’écolo j pour leur présence.

A refaire !

Anatole Franck

 

Pour aller plus loin :

   Info générale

 

Où trouver les ingrédients ?

Sur le net :

 

à Bruxelles :

Les magasins Färm : (färm Tongres: Rue de Linthout 176, 1040 Bruxelles, färm Sainte Catherine: Quai au bois à brûler 41, 1000 Bruxelles, 02/218.24.81, färm Hankar: Chaussée de Wavre 1080, 1160 Auderghem, 02/318.58.53, färm Bascule: Rue Vanderkindere 546, 1180 Uccle, 02/318.25.81)

Des herboristeries :

L’herboristerie du pépin, rue du pépin 38, 1000 Bxl
Desmecht, place Sainte-Catherine, 10, 1000 Bxl
Végétalement vôtre, av Dubrucq, 21, 1080 Bxl

à Liège

L’entre pot
Le temps des cerises
Peuchere
L’herboristerie

 

VOIR | Nourrir l’humanité c’est un métier

pictoCoinDetente Nourrir l’humanité c’est un métier, c’est du « Théâtre documentaire au cœur de notre agriculture »​​. Interview de Charles Culot de la Compagnie Art & tça

L- Peux-tu vous présenter, toi et la compagnie ?

C- Je m’appelle Charles Culot, j’ai 26 ans et je suis originaire des Ardennes, mes parents y sont agriculteurs et produisent du fromage de brebis. Je suis parti en ville, à Liège, où j’ai été formé à l’école Supérieure d’Acteurs de Liège (ESACT) d’où je suis sorti il y a 4 ans maintenant. En parallèle, je fais aussi du cinéma, bien que mon activité principale soit au sein de la compagnie Art & tça.

Nous avons créé la compagnie avec trois amis, David Daubresse, Alexis Garcia et Camille Grange, tous réunis autour d’un même projet artistique : tenir un propos engagé sur le monde actuel, raconter des histoires à partir de l’Histoire.
Jusqu’à présent nous avons déjà porté trois spectacles tous montés avec la volonté d’en faire un tremplin au débat, à l’échange, et de servir d’outil pédagogique pour les écoles par exemple.

Le premier, élaboré en lien avec la compagnie Arsenic2, Grève 60, grande fresque historique sur La grande gréve de 60, parle de l’élan de solidarité qui a amené près d’un million de personnes dans les rues pour dénoncer les lois d’austérité, un peu comme aujourd’hui, si ce n’est qu’à l’époque la population fait tomber le gouvernement en descendant dans la rue.


Le deuxième spectacle, Entre rêve et poussière, nous parle d’une fille de dix ans oppressée par la concurrence à l’école et pose la question « quelle école voulons-nous pour demain ? ».


Et enfin, Nourrir l’humanité c’est un métier, spectacle qui, lui, aborde la disparition des petites fermes familiales à travers les témoignages des agriculteurs belges et français. Actuellement, un dernier spectacle est en préparation qui abordera, lui, la question de la pauvreté, du sans-abrisme, et là une réflexion d’un sujet plus large, à savoir l’appauvrissement général d’une grande partie de la population engendré par ce qui est appelé l’État Social Actif.

L- Peux-tu me parler plus en détail de la pièce « Nourrir l’humanité c’est un métier » ? De sa genèse à aujourd’hui, comment se porte-t-elle ?

C- C’est d’un exercice de fin d’études sous forme de carte blanche qu’est né le projet. L’objectif était de réaliser une œuvre artistique qui vous soit propre et nécessaire de faire à tout prix aujourd’hui. Après avoir beaucoup réfléchi, j’ai commencé à récolter des témoignages d’une ferme à l’autre, autour de chez moi d’abord, partout en Wallonie et en France finalement. Afin de bien connaître notre sujet, notre démarche s’apparente au travail d’un journaliste qui cumule les témoignages auprès d’experts du vécu, de syndicalistes, d’économistes, … Un tel processus de création de spectacle nous prend entre 2 et 3 ans.

La pièce se porte toujours bien, après près de 200 représentations, on continue de jouer en Belgique et en France et nous avons fait sur-titrer la pièce en Néerlandais pour tourner en Flandre également. Récemment reconnue pièce d’utilité publique par les Services Publics Fédération Bruxelles (SPFB), « Nourrir l’humanité c’est un métier » prend encore de l’essor.

Nous proposons toujours deux formes de représentations, une forme tout terrain pour laquelle nous avons tous les matériels nécessaires qui nous permet de jouer dans des cadres très divers (salle de village, amphi-universitaire, ferme,…) et de porter la parole des agriculteurs vers un plus large public qui ne va pas forcément au théâtre. La deuxième forme, plus artistique, est adaptée aux scènes de plus grande envergure et, bien que le fond soit le même, propose une mise en scène plus théâtralisée. On s’applique également à l’adapter à la pièce et la mettons régulièrement à jour.

Un gros événement est en préparation à Liège à la Cité Miroir pour mars 2017, plusieurs représentations scolaires et tout public seront proposées et suivies de débats avec l’intervention de différentes figures politiques. Un bel événement donc pour revenir jouer à Liège ! A suivre sur notre site.

L- Est-ce que ce sont vos racines familiales qui ont motivé le choix du sujet de votre première pièce ?

C- C’est dans le contexte de la crise du lait de 2011 et beaucoup de choses gravitant autour de moi à l’époque que mon choix s’est dessiné. Ma famille faisant du circuit court et de la transformation, ils étaient moins en prise directe avec les prix du marché, ils ne subissaient pas de plein fouet la dérégulation et la spéculation alimentaire. Il y a eu dans la région de nombreux suicides, des producteurs de lait qui stoppaient leurs activités, j’ai senti qu’il fallait que je parle de ça.

L-  C’est long 2 à 3 ans, pourquoi avez-vous besoin d’autant de préparation ?

C- Notre démarche de création prend du temps , la 1ère partie de notre travail est de se saisir d’un sujet et d’en étudier un maximum de facettes.
Pour ce faire nous avons deux catégories de sources :
Celles que nous appelons les sources expertes. Celles-ci représentent tout ce qui a pu être écrit et filmé sur le sujet traité : études, compte-rendu, articles de presse, émissions tv, documentaires, reportages.
Mais aussi bien-sûr des interviews que nous réalisons nous-mêmes auprès d’experts associatifs, syndicaux, politiques.
C’est aussi par les interviews, qui correspondent à notre travail de terrain, que nous abordons nos autres sources, que nous appelons les témoins du vécu, les experts du vivant. C’est avec leurs paroles que nous abordons le côté humain et sensible de nos spectacles.

La 2ième partie de notre travail, est de réunir toutes les informations recueillies, de les trier par thématique et par information.
Ensemble nous discutons de ce qui nous semble important de transmettre, de ce qui nous a touché et de ce qui pourrait faire « Théâtre ».

La 3ième partie, la partie finale est la période de création en soi. C’est le moment où nous confrontons au plateau nos différentes idées. Depuis 4 ans, nous avons exercé, construit, inventé de nombreux outils théâtraux au service du théâtre documentaire. Et c’est bien par un mélange de ces formes au service de l’Histoire que nous créons nos pièces.

L- Pour de nombreuses troupes, les comédiens sont également auteurs et metteurs en scène, avec tout le travail que cela implique. Comment faites-vous pour gérer ces différentes casquettes ?

C- Ici on ne vient pas vous chercher; les compagnies d’acteurs-créateurs doivent créer des dossiers, gérer des boites mail, remplir toutes sortes d’appels à projet. C’est un autre métier mais il faut le faire pour voir aboutir nos projets. Entre travail bénévole et recherche d’emploi pour l’ONEM, il faut être flexible. Si on pouvait se concentrer uniquement sur le travail artistique et de recherche déjà très conséquent et se décharger d’une partie administrative importante, ça nous ferait énormément de bien.

Ma journée type : passer quelques heures à répondre à mes mails, passer quelques appels, créer des dossiers de demandes de subsides, être attentif aux appels à projets, gérer la comptabilité, et surtout écrire ! Écrire, réécrire, s’informer, revoir, etc.

L- Vous restez malgré tout une bande d’amis qui montez sur les planches pour jouer ensemble ou la réalité de terrain prend un angle tout autre ?

C- On reste évidement une bande de copains, oui ! Bien qu’on ait tous des parcours en parallèle, on est une équipe et on ne pourrait pas y arriver si on ne se soutenait pas mutuellement.

L- Au regard des créations que vous proposez, on est pas bien loin du théâtre d’action ?

C- Ça n’est pas du tout la même chose que du théâtre action ou du théâtre forum, il s’agit de théâtre documentaire. Le document d’une réalité paysanne, celle d’une partie de notre population aujourd’hui en voie d’extinction.  A partir des témoignages recueillis pendant deux ans par l’équipe artistique, nous tentons de rendre compte d’une réalité objective, celle de leur situation totalement méconnue. Il s’agit d’une aventure, celle de deux jeunes artistes partis à la rencontre de leur patrimoine, voulant comprendre et témoigner de l’histoire de ceux qui nous nourrissent, ceux qui nourrissent l’Humanité : les agriculteurs. Il n’y a pas la participation du public comme dans le théâtre forum, le débat vient après la pièce.

L- On décèle dans vos pièces un certain penchant militant, vous avez toujours vu dans le théâtre la possibilité de véhiculer des revendications ?

C- Au départ non, j’ai commencé comme beaucoup de comédiens débutants, par ego. Le jeu m’amusait, j’avais envie de me montrer un petit peu. Lors des études au conservatoire de Liège, je me suis rendu compte que le théâtre n’étais pas forcément ce que je croyais, d’autant plus que c’est une école qui invite ses étudiants à réfléchir sur les raisons qui nous poussent à faire du théâtre. Une parole forte de Bertolt Brecht qui dit : « Dans un monde où il y a autant d’injustice, avoir le temps de s’extasier sur la beauté des arbres est presque un crime. » Ma vision du théâtre militant s’est forgée lorsque j’ai pris conscience que le bien-être dont je jouis aujourd’hui est le fruit des luttes des générations passées et que nous sommes en train de les perdre, ces acquis ! La notion du théâtre militant, engageant, ou peu importe comme on décide de l’appeler, est venue assez tard chez moi donc, mais j’y ai complètement trouvé ma voie. Même si parfois, je ne cracherais pas sur un moment de cinéma de temps en temps, juste en tant qu’acteur, sans me préoccuper du reste, uniquement mon personnage, ma prestation,…

L- Un mot à adresser à ce militant qui sommeille en nous ?

C- Je dis toujours qu’il n’y a pas qu’une solution pour faire évoluer les choses. Faire du théâtre, oui ! Parler autour de nous, oui ! Consommer autrement, oui ! Voter, oui ! Chacun à sa part à faire et pour paraphraser Bertolt Brecht encore une fois : « Celui qui lutte perdra peut-être, celui qui ne lutte pas a déjà perdu. »


Interview réalisée par Laura Mahieu