Archives pour l'Auteur : Jéromine Gehrenbeck

Appel à rédaction pour le JUMP#25 | 15 ans d’écolo j

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Cette année, écolo j fête ses 15 ans

Nous avions prévu de faire une grande fête le 27 juin au Botanique mais vu les circonstances, nous ne sommes actuellement pas en mesure de t’assurer de la tenue de l’événement à ce moment-là. Pour l’instant, l’important c’est que chacun.e d’entre nous prenne soin de soi et de ses proches. On reviendra sur la date un peu plus tard… Suis-nous sur l’event FB (https://www.facebook.com/events/1473502306150551/)

Cependant, si penser à écolo j t’évoque des souvenirs et que tu as des photos et/ou des vidéos que tu souhaites partager, tu peux déjà les envoyer à Magali qui les compilera en prévision de cet anniversaire.

Le prochain Jump – le magazine d’écolo j – sera lui aussi dédié à ces 15 ans

Tu veux rédiger un article dans notre magazine ? Rien de plus simple !

  • Tu te rappelles peut-être d’une manif, d’une formation, d’un WE, d’une action (im)pertinente ou encore d’une soirée mémorable et tu souhaites partager ça dans le JUMP ?
  • Tu veux nous dire ce qu’écolo j t’a apporté dans ton parcours ?
  • Ou encore : quel serait ton souhait pour notre assoc’ pour les années futures ?

Autre possibilité :

  • Nous t’invitons à relater les 15 dernières années à petite ou grande échelle (niveau régional, belge, européen, mondial, etc). Tu peux aussi choisir un domaine qui t’intéresse.
    Cela peut être par exemple le contexte politique, économique, social, culturel, écologique, ou concerner les mobilisations citoyennes, les alternatives au système actuel et leurs évolutions en 15 ans…
  • Ou alors quels sont tes rêves pour ta région, la Belgique, l’Europe, le monde pour les (quinze) années à venir ?

Tu as d’autres propositions – même si ce n’est pas lié aux 15 ans – pas de problème ! Contacte Jéromine pour en discuter avec elle.

Ton article devra contenir maximum 2200 caractères espaces compris (= pour une page de magazine) ou 4400 caractères espaces compris (= pour une double page).

Tu n’as pas envie de rédiger tout un article mais plutôt de t’occuper d’un des satellites à ce dossier ? Tu peux rédiger :

  • La critique d’un livre ou d’une bd (en rapport avec la thématique du dossier si possible) – max. 1.000 caractères –
  • La critique d’un film, d’une pièce de théâtre ou d’un documentaire (en rapport avec la thématique du dossier si possible) – max. 1.000 caractères –
  • La recette de saison (en rapport avec la thématique du dossier si possible) – max. 2.000 caractères –
  • Le Do It Yourself : une idée pour réaliser des objets/choses soi-même (et encore une fois, en lien avec la thématique, c’est mieux :-)) – max. 2.000 caractères –

Merci d’envoyer ta production à Jéromine avant le 20 avril au plus tard !

NB : http://compteur-de-caracteres.com (cocher AVEC espaces)

On se réjouit de te lire… et de te revoir en pleine forme <3

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Jéromine Gehrenbeck, rédactrice en chef

VIOLENCES ?

Édito

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit la violence comme l’utilisation intentionnelle de la force physique, de menaces à l’encontre des autres ou de soi-même, contre un groupe ou une communauté, qui entraîne ou risque fortement d’entraîner un traumatisme, des dommages psychologiques, des problèmes de développement ou un décès. Sur le site de l’OMS, seul le dernier mot de cette définition est pris pour illustration du terme violence, à travers des rangées de croix funéraires.

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Fabrique tes bombes à graines et jette-les pour favoriser la biodiversité

01   Choisis la graine de la fleur que tu veux.

02   Dans un saladier, verse deux doses d’argile.

03   Ajoutes-y un volume de terre, mélangé à un peu de compost.

04   Mélange.

05  Ajoute de l’eau petit à petit, tout en malaxant jusqu’à obtenir la consistance d’une pâte à modeler.

06   Forme des boulettes.

07   Avec ton index, creuse un petit trou dans chaque boulette.

08   Pose des graines dans le trou, le nombre est à déterminer en fonction de la taille de celles-ci. N’en mets que trois si elles sont grosses (comme les graines de tournesol). Tu peux aller jusqu’à dix si elles sont petites.

09   Referme le trou.

10   Roule la boulette pour qu’elle soit sphérique.

11    à l’assaut! Pars jeter tes bombes partout où tu voudrais voir pousser des fleurs ! Par exemple, une place publique, un pelouse, une friche…


Jéromine Gehrenbeck

 

LIRE : Les crocodiles

Les crocodiles, de Juliette Boutant et Thomas Mathieu

 

 

 

 

 

 

 

Le patriarcat est toujours là !

Thomas Mathieu et Juliette Boutant signent ce deuxième épisode des Crocodiles qui met en exergue les violences subies par les femmes. Les croquis partent de situations qui ont été vécues par des femmes, et sur ces dessins les hommes sont représentés en crocodiles. Le but n’est pas de dire que tous les hommes sont des harceleurs mais de dénoncer un système patriarcal omniprésent.

Si, depuis la sortie du premier album, #Metoo a eu le mérite d’exister, il faut bien constater que le harcèlement de rue et sur le lieu de travail – notamment – sont loin d’avoir disparu. C’est ce que l’auteur et l’autrice nous montrent, planche après planche. Les violences gynécologiques sont aussi abordées, celles-ci émanant du corps médical dans son ensemble. Enfin, les violences discursives que certain·e·s policier·e·s adressent à des victimes de violences sexistes sont présentées.

A lire absolument, surtout si tu es un homme cisgenre !

Jéromine Gehrenbeck

Appel à rédaction pour le JUMP#24 | Violences

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Ça y est, nous y sommes !

L’appel à rédaction du JUMP #24 est lancé : le magazine sortira en décembre.

Mais avant ça, on a besoin de ta plume

pour que ce prochain mag’ devienne le cadeau idéal à glisser sous le sapin …

Ce numéro traitera des violences

Toutes les propositions sont les bienvenues. Néanmoins, voici quelques idées de sujets d’articles pour t’inspirer :

  • L’historique du mouvement de la non-violence;
  • Les violences dans le cadre d’un conflit national / international (différents types – répercussions);
  • Les violences dans un cadre privé (conjugales – médicales – familiales – harcèlement);
  • L’utilisation de la violence – ou de la non-violence –  (par la police – par les manifestant.e.s) lors de manifestations;
  • Les violences entre différentes classes sociales;

Comme indiqué plus haut, cette liste fournit juste des idées. Aucun sujet n’est obligatoire et d’autres propositions sont les bienvenues.

[ Pense tout de même à la perspective féministe et décoloniale défendue par écolo j ]

Ca y est, tu es motivé.e ? Envoie vite tes propositions à notre rédactrice en chef Jéromine

Chaque article doit faire max. 2200 caractères ( = 1 page du magazine) ou max. 4.400 caractères ( = 2 pages du magazine) (c’est important de respecter cette contrainte car les pages du magazine ne sont pas extensibles)

NB : http://compteur-de-caracteres.com (cocher AVEC espaces)

 

Tu n’as pas envie de rédiger tout un article mais plutôt de t’occuper d’un des satellites à ce dossier ?

Tu peux rédiger :

  • Les palmes et navets : cette rubrique est une brève explication de 2 ou 3 évènements d’actualité auxquels tu décernes une palme (car tu les estimes très positifs) et de 2 ou 3 évènements d’actualité auxquels tu décernes un navet (car tu penses qu’ils sont négatifs)
    – max. 500 caractères – pour les palmes et – max. 500 caractères – pour les navets

  • Le billet d’actu : ta réflexion sur un phénomène d’actualité (en lien avec l’écologie politique, de préférence)
    – max. 2.200 caractères –

  • Lacritique d’un livre ou d’une bd (en rapport avec la thématique du dossier)
    – max. 1.000 caractères –

  • La critique d’un film, d’une pièce de théâtre ou d’undocumentaire (en rapport avec la thématique du dossier)
    – max. 1.000 caractères –

  • La recette de saison (s’il y a une référence symbolique à la (non) violence, c’est encore mieux)
    – max. 2.000 caractères –

  • Le Do It Yourself : une idée pour réaliser des objets/choses soi-même (et encore une fois, en lien avec la thématique, c’est mieux :-))
    – max. 2.000 caractères –

RAPPEL : http://compteur-de-caracteres.com (cocher AVEC espaces)

 

Envoie tes propositions à jump@ecoloj.be afin que nous puissions organiser la coordination de ce prochain numéro du JUMP.

DEADLINE : Les articles seront à faire parvenir avant le 13 novembre à cette même adresse.

Il est important de nous informer dès que possiblesi tu souhaites écrire un article, ainsi que de son sujet, afin que nous puissions coordonner au mieux la rédaction de cette nouvelle diffusion du JUMP.

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Jéromine Gehrenbeck, rédactrice en chef

Élections

Édito

Quelques mois après les élections communales, voilà maintenant l’heure de renouveler les parlements fédéral, régionaux, communautaires et européen ! L’occasion de nous interroger sur les différents systèmes politiques avec un focus sur le nôtre, traditionnellement appelé démocratie représentative.

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Appel à rédaction pour le Blog JUMP

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Tu as des idées plein la tête pour promouvoir l’écologie politique ?
Un thème en particulier te touche et tu veux écrire dessus pour faire passer le message ?

Ce Jump paraitra fin avril. Il n’aura pas de thématique particulière. Toutes les propositions sont les bienvenues.

Néanmoins, voici quelques idées de sujets d’articles pour t’inspirer :

  • L’Europe et les enjeux des prochaines élections européennes
  • Les inégalités (en Belgique, en Europe ou dans le monde)
  • L’OTAN ou/et d’autres institutions internationales
  • Les enjeux des prochaines élections régionales, fédérales ou/et communautaires
  • La situation d’un pays de ton choix
  • Le projet de méga-prison à Haren et la zad

Comme indiqué plus haut, cette liste fournit juste des idées. Aucun sujet n’est obligatoire et d’autres sujets sont les bienvenus.

Chaque article doit faire max. 2500 caractères ( = 1 page du magazine) ou max. 5000 caractères ( = 2 pages du magazine)

NB : http://compteur-de-caracteres.com (ne pas cocher les espaces)

Tu peux aussi rédiger :

  • Une recette de saison : végétarienne et à partir de produits de saison (max. 2500 caractères)
  • Un Do It Yourself : comment faire soi-même son vermicompost, son gel douche, sa crème hydratante, … (max. 2500 caractères)

 

Envoie tes propositions le plus vite possible à jump@ecoloj.be afin que nous puissions organiser la coordination de ce prochain numéro du JUMP.

Les articles seront à faire parvenir avant le 28 mars à cette même adresse.

Go for it !

Merci d’avance à toutes et tous !

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Jéromine Gehrenbeck, rédactrice en chef

VOIR | Le fils de l’autre

pictoCoinDetente

Le fils de l’autre, de Lorraine Lévy (2012)

Avec notamment Emmanuelle Devos, Pascal Elbé, Jules Sitruk, Mehdi Dehbi, Areen Omari et Khalifa Natour.

A 18 ans, Joseph s’apprête à entrer dans l’armée israélienne quand soudain il découvre, suite à une prise de sang, qu’il était destiné à vivre en Cisjordanie. Il a en effet été échangé à la naissance avec Yacine, un Palestinien, dans la confusion provoquée par un bombardement au sein de la maternité israélienne où tous deux sont nés. Joseph, Yacine et leurs familles respectives sont très perturbés en apprenant la nouvelle. Faut-il organiser une rencontre entre tous ? Si oui, vont-ils s’entendre, dépasser les préjugés sur les membres de l’autre communauté ? Les deux garçons doivent-ils changer de religion ? Qui sont-ils vraiment ?

Le fils de l’autre est un film touchant qui interroge les stéréotypes culturels et les relations communautaires avec beaucoup de bon sens. « Et peut-être, pourquoi pas, un film qui rend meilleur », ajoute le journal Le Parisien.

Jéromine Gehrenbeck

GENRES | Quand la publicité nous vend notre genre…

pictoDossiersSi vous avez des enfants dans votre entourage, vous avez peut-être déjà passé du temps à regarder des dessins animés avec eux. Si c’est le cas, vous avez certainement dû aussi voir quelques publicités – que dis-je quelques horreurs, produits de la société de consommation – destinées à ce jeune public. Entre celles pour les yaourts aux fruits sans fruits et celles pour les bonbons fourrés d’additifs alimentaires, celles pour les jouets ne vous ont alors sûrement pas échappées. Et ni vous, ni les enfants avec lesquels vous étiez n’ont eu besoin de faire un gros effort de concentration pour constater une nette séparation entre les séquences destinées aux petites filles et celles destinées aux petits garçons.

Aux premières sont destinées poupées, leurs vêtements et autres accessoires pour pouponner, aux seconds voitures, jeux de mécanique et revolvers. Plus encore, les publicités pour les premières sont marquées par du rose, et éventuellement d’autres couleurs pastel qui reflètent la douceur, l’amour et la tendresse, tout comme les lettres aux formes arrondies. Pour les seconds, outre le bleu, on prévoit des couleurs vives et un caractère typographique, le tout évoquant la force, la vitesse, le danger ou encore l’interdiction.

Dans beaucoup de publicités papier et sites internet de magasins de jouets, la situation est similaire. Souvent, le site ou le catalogue propose des catégories. Deux d’entre elles sont particulièrement bien fournies : l’une est intitulée « filles », l’autre « garçons ». Sur certaines pages, un petit commentaire est ajouté, comme par exemple « apprends à faire comme maman » pour les filles. Des photos de filles ou de garçons plus ou moins âgés s’ajoutent au langage écrit. De cette manière, les catalogues rappellent bien aux enfants quels sont les jeux auxquels ils sont censés jouer selon leur âge et leur sexe1.

Pour les jeux a priori mixtes, les marques, désireuses de faire un maximum de profits (je ne vous apprends rien !), ont créé des modèles non mixtes, en proposant une différenciation de couleurs. De cette façon, les parents qui ont acheté des jouets roses pour leur ainée se sentiront obligés de racheter la panoplie pour le cadet. Le tout fréquemment en plastique, produit dans des conditions déplorables, et parfois par d’autres enfants. Soit ! Les stéréotypes de genre alimentent donc le capitalisme, et ce dernier dessert généralement davantage les femmes (nous y reviendrons), même si durant l’enfance les normes de genre en matière de jouets sont plus ressenties par les garçons que par les filles2. Remarquons également que diviser pour mieux vendre ne contribue en rien à favoriser le « jouer-ensemble ».

Vous me direz que de toute façon les enfants veulent jouer aux mêmes jeux que leurs copains ou copines. Bien sûr mais si la publicité était neutre, peut-être que les jeux préférés de ces derniers et dernières ne seraient pas marqués de la même manière. Tout dépend également de l’intervention des parents dans le choix des jeux et de la répartition des tâches dans la famille. En effet, comme nous l’avons vu, les publicitaires ont bien compris que les enfants veulent imiter les comportements de leur entourage, et en particulier des personnes qu’ils identifient comme leurs semblables.

Genre_jouets

Le marketing genré ayant été critiqué par quelques clients, certains magasins ont fait évoluer leur communication. Ainsi, en France, la chaîne U produit depuis 2012 des catalogues où filles et garçons s’amusent avec tous types de jouets3. Notons même la présence de photos d’enfants blancs jouant avec une poupée noire. Malheureusement, l’impact de ces catalogues non sexistes reste faible. En effet, si l’action des magasins est limitée puisqu’eux-mêmes dépendent des marques, de leurs publicités et des photos sur les boîtes de jeux, les opposants à ces catalogues imprégnés de ce qu’ils appellent « la théorie du genre » accompagnés par quelques conservateurs d’extrême-droite se font quant à eux bien entendre dans l’espace public et médiatique4.

Les publicités destinées aux adultes sont elles aussi souvent empreintes de sexisme. Seulement nous y sommes tellement habitué-e-s qu’il nous échappe régulièrement. Essayons alors d’inverser les personnages féminins et masculins de photos et vidéos publicitaires5. Ah, tiens donc, tout d’un coup, il crève les yeux !

Mais quels effets peuvent donc avoir ces publicités sur les représentations de ces jeunes et moins jeunes consommateurs ?
Les annonces publicitaires participent à la formation des représentations sociales, qui sont des vecteurs d’inégalités. En ce qui concerne les enfants, d’après Chris Paulis, anthropologue à l’Université de Liège, les catalogues de jouets « [construisent] non pas des enfants mais des garçons et filles, non pas des adolescents mais des jeunes filles et des jeunes garçons qui donneront des adultes, femmes et hommes de demain »6. Mona Zegai, une sociologue doctorante en matière de jouets et de socialisation de genre, affirme quant à elle que le genre est un déterminisme social qui borne le champ des possibles, au même titre que la classe sociale7.

« Borner le champ des possibles », et pourquoi pas celui des rêves également ? Je pense à une publicité destinée à un public adulte. Il s’agit d’une affiche, conçue par le Forem, et qui a défrayé la chronique. Elle mettait en scène une petite fille au look vintage munie d’un gant et d’une serpillière, et présentait le texte « Osez réaliser vos rêves…Devenez auxiliaire de ménage ». Oui, une annonce sexiste a émané d’une institution publique…en 2017 ! Un sexisme exacerbé par le commentaire inapproprié pour de nombreuses personnes (femmes comme hommes) qui exercent cette fonction « faute de mieux ».

Le Forem s’est excusé. Ouf ! Bien que la marge de progression pour l’égalité soit encore grande, nous ne revenons pas cent ans en arrière ! Le service public wallon de l’emploi et de la formation avait certainement été influencé sans vraiment s’en rendre compte (espérons-le) par la ségrégation horizontale de genre qui règne encore sur le marché de travail. Celle-ci se définit par le cantonnement des femmes dans certains secteurs d’activités, dans des domaines particuliers ou dans des départements spécifiques au sein des entreprises. Il est vrai que d’après la Direction générale Statistiques, soit l’organisme chargé de produire des statistiques nationales en Belgique, 97% des aides de ménage à domicile de notre pays étaient des femmes en 20168. Au sein de leur propre foyer, les femmes consacrent en moyenne huit heures par semaine de plus que les hommes aux tâches ménagères et vouent une heure et demie de plus aux soins des enfants alors qu’elles ne dédient « que six heures de moins » au travail rémunéré9. Une différence salariale qu’on mesure encore mieux lorsqu’on sait qu’à travail égal, les femmes gagnent encore et toujours 9% de moins par heure que leurs collègues masculins10. Pour gagner davantage, il faut gravir les échelons mais là encore être une femme n’y aide guère car à côté de la ségrégation horizontale, on trouve la ségrégation verticale plus communément nommée « le plafond de verre »11.

Bref, au 21ème siècle, en occident, les inégalités persistent. Pour les diminuer voire les supprimer, des actions vis-à-vis de la socialisation de genre des garçons et des hommes comme celle des filles et des femmes constituerait un grand pas. Car si comme le disait Simone de Beauvoir, « on ne nait pas femme, on le devient », la phrase équivalente est vraie pour les hommes, et eux aussi peuvent souffrir des représentations de genre. « Ne pas être assez viril »…Voilà un sentiment qui touche pas mal d’entre eux, à tel point que certains éprouvent le besoin de faire un stage de masculinité, comme France 2 l’a récemment montré dans un reportage controversé12, qui interroge sur le rôle des médias au-delà de la publicité. Les représentations de certains téléspectateurs (enfants, adolescents et adultes) ont pu être modifiées ou renforcées par les discours tenus dans la séquence.

Bien que l’endoctrinement soit plus efficace chez les plus jeunes, le processus ne s’arrête pas avec l’enfance mais est bien continu. Nous intériorisons constamment des représentations sociales, et reproduisons ces stéréotypes appris sans nécessairement le vouloir. Au cours de ce conditionnement, il est plus que probable que la publicité occupe une place importante. Peut-être faudrait-il penser à légiférer sur les représentations de genre dans la publicité ou dans les médias en général, notamment dans ceux destinés aux plus jeunes, ou à prendre des mesures pour limiter la place de la publicité dans la société ?

Jéromine Gehrenbeck

1 M. ZEGAI, « Trente ans de catalogues de jouets : Mouvances et permanences des catégories de genre », Paris, Actes du colloque international  “ Enfances et culture : regards des sciences humaines et sociales ”, 2010

2 I.D. CHERNEY, « Nouveaux jouets : ce que les enfants identifient comme jouets de garçons et jouets de filles », Presses universitaires de France, 2006/3, vol.58, p.268

3 C. WOITIER, Des catalogues de jouets révolutionnent les genres, dernière mise à jour le 06/11/12

4  L. Auvitu, Catalogue de Noël : bravo Super U d’horripiler le Printemps Français et les autres réacs, mis en ligne le 01/11/13

5 Plus d’exemples, voir :
Et si on inversait le rôle des femmes et des hommes dans la publicité ?, mis en ligne le 18/03/14
S. Zelinski, Representations of Gender in Advertising, mis en ligne 03/03/13

6 Enseignons.be, Attention aux jouets sexistes à Noel, mis en ligne le 10/12/10

7 L. DYLAN, Genre et jouets : l’avis d’une sociologue, mis en ligne le 19/09/13

8 Direction générale Statistique – Statics Belgium, Les professions en Belgique. Métiers principalement féminins ou masculins (2016)

9 L’emploi du temps des Belges. Résultats de l’enquête belge sur l’emploi du temps de 2013

10 Pour plus de détails : Institut pour l’égalité des femmes et des hommes et Dietert De Vos (SPF Emploi), L’écart salarial entre les femmes et les hommes en Belgique, page 6.

11 Pour plus de détails, voir Institut pour l’égalité des femmes et des hommes et Dietert De Vos (SPF Emploi), L’écart salarial entre les femmes et les hommes en Belgique, page 75.

12 A. Lorriaux, L’insupportable message sexiste diffusé par France 2. Quand la chaîne du service public donne carte blanche aux masculinistes et aux propos sexistes, dernière mise à jour le 31/03/17

ENSEIGNEMENT | Plaidoyer pour une éducation inclusive et sans compétition, en vue d’une société solidaire

pictoDossiersL’enseignement spécialisé est une filière méconnue du grand public. C’est pourquoi j’ai choisi de l’aborder dans cet article et de développer un point de vue sur le système scolaire et certaines des améliorations qu’on pourrait prévoir.

L’organisation de l’enseignement spécialisé, cette section réservée aux enfants dits handicapés, est difficile à appréhender. En effet, en Belgique, il n’y a pas un type d’enseignement spécialisé mais bien 8. Si l’objectif avoué de l’existence de ces 8 types est de fournir un enseignement adapté à chaque enfant, la réalité est bien moins rose. Car l’enseignement spécialisé, tous types confondus, accueille davantage d’enfants issus de milieux défavorisés et de minorités ethniques. Pourtant, génétiquement, le handicap touche tous les milieux, toutes les populations.

De manière plus forte encore que le technique ou le professionnel, l’enseignement spécialisé est une filière où sont relégués les enfants dont le système scolaire ne veut pas.
Cette discrimination résulte d’un handicap, qui peut être tant physique ou psychologique que culturel ou social. A ce handicap s’ajoutera alors un nouveau stigmate : celui qui est propre à la fréquentation de l’enseignement spécialisé.

Cela dit, l’enseignement spécialisé a des aspects positifs.
Les classes sont plus petites, ce qui permet aux enseignants d’aider davantage chacun de leurs élèves, voire de mettre en place une pédagogie différenciée pour chacun d’eux. D’après mes observations, il semble également que les professeurs soient plus attentifs aux émotions de leurs élèves et cherchent à les valoriser un maximum. Certains de ces élèves ont été dans l’ordinaire avant d‘atterrir dans le spécialisé. Ceux-là ont vécu quelques événements qui ont affaibli leur estime d’eux-mêmes (mauvaises notes, remarques dégradantes d’élèves et de professeurs de l’ordinaire, et pour finir inscription dans l’enseignement spécialisé) et ont donc bien besoin de ces valorisations. Cependant, on peut s’interroger sur ce système : l’enseignement ordinaire produit des élèves peu confiants et certains d’entre eux sont finalement envoyés dans le spécialisé où le personnel tente de leur redonner confiance en eux. Alors, pourquoi ne pas repenser l’enseignement ordinaire ?

Un enseignement inclusif des élèves à besoins spécifiques et des écoles mélangeant réellement toutes les origines sociales et culturelles permettraient non seulement de lutter contre les inégalités scolaires mais aussi de générer des individus épanouis, et de faire passer des valeurs de tolérance et d’ouverture aux adultes de demain, et à leurs parents qui sont ceux d’aujourd’hui.

Cette refonte de l’organisation de l’enseignement devrait aller de pair avec la suppression des cotations.
Oui, vous savez ces points que les enfants ramènent à la maison en étant fiers ou complètement déconfits ? On a tendance à penser que sans les notes, les enfants ne seraient plus motivés à apprendre. Cela exprime en réalité l’emprise qu’a la forme scolaire actuelle sur notre manière de penser.

Ne dit-on pas que c’est en se trompant qu’on apprend ? Qu’en cherchant les informations par soi-même, on s’amuse davantage et on retient mieux ? Que l’on peut vérifier notre connaissance en la transmettant à quelqu’un d’autre ? Tous ces aspects sont mentionnés dans le Pacte d’Excellence pour avoir été cités dans un rapport de l’OCDE comme principes nécessaires à la création d’environnements d’apprentissage de qualité. Pourtant, le Pacte d’Excellence reste très vague sur le côté actif des élèves. Il faut reconnaitre qu’il préconise la suppression d’une partie des évaluations certificatives pour plus d’évaluations formatives. Est-ce suffisant ? L’avenir le dira. Mais il me semble en tout cas que le redoublement et les orientations vers les filières de relégation (enseignement technique, professionnel ou spécialisé) sont avant tout provoqués par l’association quelque peu arbitraire que nous faisons entre âges et apprentissages. Si les écoles favorisaient l’entraide entre les élèves quels que soient leurs âges et leurs difficultés, les élèves pourraient évoluer chacun à leur propre rythme et se sentir valorisés, que ce soit dans leurs apprentissages ou dans leurs transmissions à leurs pairs.

Enfin, un enseignement incluant les élèves en situation de handicap, favorisant réellement la mixité sociale et culturelle en son sein et valorisant l’entraide tout au long du parcours scolaire serait certainement bénéfique pour une transition vers une économie plus coopérative au sein d’une société solidaire.

Jéromine Gehrenbeck