RENCONTRE | De crise en crise – l’écologie politique comme solution (à Liège)

Une rencontre – débat avec Patrick Dupriez à l’UCL et l’ULg

Sauf si on vit seul.e dans une grotte au milieu des bois, force est de constater que notre monde est confronté à de multiples crises : crise environnementale, crise économique et de l’emploi, crise migratoire, de l’alimentation, crise politique et géopolitique, crise de l’Europe, etc.

Bref, difficile de garder son optimisme envers l’avenir … Mais l’écologie politique ne serait-elle pas la solution à toutes ces crises ? Comment ce courant d’idées pourrait répondre aux défis du 21ème siècle ? C’est à cette question que Patrick Dupriez, co-président d’ECOLO, tentera de répondre à travers une soirée interactive et conviviale qui permettra à tout le public de soulager ses interrogations.

Entrée Gratuite !

 

La géothermie, une énergie encore méconnue

pictoEnActionLe 12 avril dernier, écolo j Mons Borinage organisait une visite de la centrale géothermique de Saint-Ghislain qui joue donc un rôle capital dans la la production d’énergie de la région. Envie d’en savoir plus sur cette énergie durable dont le principe est d’utiliser la chaleur qui se trouve sous nos pieds  ?

Alors découvre le compte rendu ici.

TABLE RONDE | Le revenu universel : oui mais non ?!

RevenuUniversel_CarreSITE

Le revenu universel représente-t-il une opportunité à saisir pour améliorer notre quotidien ou constitue-t-il un risque à fuir pour maintenir nos acquis sociaux ?

Il est vrai que le débat sur le revenu universel est plutôt passionnel et, s’il n’a jamais vraiment quitté le discours ambiant, il a été remis sous les feux de la rampe suite à la victoire de Benoît Hamon pour les présidentielles de 2017.

Intervenant.e.s  :

  • Baptiste Mylondo, professeur d’économie et de philosophie politique à Sciences Po Lyon
  • Zoé Génot, députée Ecolo au Parlement bruxellois
  • Luca Ciccia , militant dans l’associatif
  • Pascale Panis, militante dans l’associatif

Les places étant limitées, l’inscription est recommandée chez salima.barris@ecoloj.be

 

CONFÉRENCE | Le nucléaire en question

ConfNucl_CarreSITEPour clore cette année académique, le cercle écolo j section ULB propose de se pencher sur une thématique complexe tant sur le fond que sur la forme : le nucléaire.

Le Docteur Fulcieri Maltini, ancien ingénieur à Tchernobyl, qui apportera son éclairage sur les accidents de Tchernobyl et plus récemment de Fukushima. Si le nucléaire apparait à certains comme une solution énergétique viable, il est loin d’être exempt de risques ; en témoignent, par exemple, les inquiétudes que provoquent les 6 réacteurs belges dans les pays limitrophes.

Une militante de Bure. Bure est une commune française qui a été choisie il y a 20 ans par l’État français pour qu’y soient enterrés des déchets nucléaires radioactifs. Des militant.e.s occupent depuis la zone et sensibilisent sur les dangers que comporte l’exploitation nucléaire dans l’ensemble de ses étapes.

Envie d’en savoir plus sur Bure ?

RÉUNION | Fossil Free UCLouvain

Il y a quelques mois, écolo j UCL avait interpellé le Conseil d’administration de l’UCL sur ses investissements dans les énergies fossiles. N’ayant pas eu de réponse à cette lettre, écolo j UCL, Greenpeace Brabant-Wallon et l’Altérez-vous ont décidé d’unir leurs forces avec d’autres partenaires estudiantins et associatifs pour lancer il y a peu la plateforme Fossil Free UcLouvain !

Envie d’y apporter ta contribution ? Une pétition vient d’être lancée. Signe et partage !
La plateforme t’invite à sa réunion de lancement. Cette réunion est ouverte à toutes et tous. Viens, que tu viennes individuellement ou comme membre d’un autre cercle étudiant ou association militante. En effet, l’objectif et de fédérer un maximum de personnes et d’associations pour donner à cette campagne l’ampleur qu’elle nécessite.

RÉUNION | GT autogestion

CarreSite_EcolojGTAprès la projection du film Poder Sin Poder, une journée de formation à l’autogestion et la rencontre d’une série d’associations qui fonctionnent avec une structure horizontale, il est temps de se réunir pour faire le point 🙂

Parcours le framadate qui centralise les avancées du GT et reprend les différents PV des précédentes réunions !
Les frais de transports en commun sont remboursables pour les membres d’écolo j prenant part à la réunion.
Pour toute question, tu peux contacter Simon smiley

FORMATION | Autogestion

FormationAutogestion_CarréSITEAvec l’aide de Collectiv-A, nous aurons l’occasion de découvrir des exemples concrets d’expériences autogérées. La journée mêlera pratique et théorie et proposera une première réflexion sur ce qu’est l’autogestion, ses mécanismes possibles, ses enjeux.

Différentes méthodes et outils d’intelligence collective seront utilisés pour dérouler la réflexion et imaginer comment appliquer les principes d’autogestion et d’intelligence collective chez écolo j.

WEBDOCU | Poder Sin Poder

Deux jeunes journalistes, Edith Wustefeld et Johan Verhoeven, ont réalisé un voyage d’une année qui les a conduit à étudier plusieurs expériences autogestionnaires en Espagne et en Amérique Latine.

Pour restituer leurs rencontres, ils ont réalisé un webdocumentaire interactif qui fait découvrir des projets d’autogestion à travers quatre axes : Culture, Travail, Résistance et Éducation.

Après la projection, nous aurons la chance de pouvoir en discuter avec Edith Wustefeld, co-réalisatrice. Bref, n’hésite pas à en être !

CONFÉRENCE | Les logiciels libres

MonsLogicielsLibres_CarréSITELes chiffres le montrent, de plus en plus de monde se tournent vers les logiciels libres non seulement en raison de leur avantage économique mais aussi de leur approche transparente et solidaire. Grâce à ce développement, la liste des logiciels libres s’allonge et permet maintenant de trouver une alternative à la majorité des services proposés par les géants d’internet.

Tu peux t’inscrire sur l’Evenement Facebook

écolo j ULg accueille son Conseil d’Administration avec des slogans pour le désinvestissement

pictoEnActionDans le prolongement de la campagne de désinvestissement des énergies fossiles, écolo j ULg accueillait le Conseil d’Administration de l’ULg avec le slogan: On ne croit plus au Père Noël. Mais on croit encore en vous. Désinvestissez des énergies fossiles.

Retrouve la vidéo sur la page Facebook de la régionale.

DIY | Microbilles, et si on s’en passait !?

MicroBeads_CarreSiteLes microbeads ou microbilles de plastique sont utilisées depuis les années 1990 par l’industrie cosmétique, elles sont réputées non-toxiques et non-irritantes pour l’être humain, mais posent de réels problèmes quand elles sont diffusées dans l’environnement.

Inscription vivement souhaitée pour des questions d’organisation pratique (info@ecoloj.be)

VIDE DRESSING à Mons | écolo j Mons

VidedressingCarre_SiteWebTu as besoin de refaire ta garde-robe ? Ou tu en as trop et tu aimerais t’en débarrasser ? Un bouquin que tu as lu et relu et dont tu voudrais faire profiter ?

Alors ne rate pas ce vide dressing qui aura lieu à l’Umons !

Focus sur écolo j Bruxelles

pictoFocusSurC’est à la suite d’un voyage reboostant réalisé en février dernier à Lyon et Grenoble que fut élue la nouvelle équipe de coordination. Composée de Violette Leclercq et Adrien Volant à la coprésidence, l’équipe complétée par Maryan Herrera (trésorerie) et Grâce Dushime (représentante auprès du JUMP, magazine d’écolo j) a décidé d’orienter ce mandat autour de la thématique des villes en transition !

Inspirée par le film Demain, et afin de continuer la réflexion entamée durant ce voyage aux côtés des jeunes verts français, la régionale souhaite rencontrer, partager et échanger avec les différents acteurs de la transition à Bruxelles. Qu’il s’agisse d’alimentation, de mobilité, d’enseignement, de démocratie participative, d’entrepreneuriat, de dépendance énergétique, écolo j Bruxelles souhaite partager ses idées pour faire de Bruxelles une région durable et où il fait bon vivre: que ce soit par le biais de ciné-débats, de visites, de conférences, ou tout simplement autour d’un verre!

À côté de cette thématique, la régionale s’intéresse également aux sujets qui touchent particulièrement la jeunesse tels que l’emploi et l’enseignement. Au sein d’écolo j toutes les idées sont les bienvenues alors, si tu as des projets ou des idées… n’hésites pas à nous rejoindre!

Petit focus sur l’équipe :
Née en 1994, Violette est originaire de Ville-Pommeroeul, un petit village situé entre Mons et Tournai. Après avoir effectué ses études secondaires à Mons, elle arrive à Bruxelles pour entreprendre un Bachelier en Communication à l’ULB. Candidate ECOLO aux Communales de Bernissart en 2012, puis aux Régionales pour la région Picardie en 2014, c’est en 2013 qu’elle découvre écolo j lors des rencontres des nouveaux monde organisées par Etopia. Actuellement en dernière année de Master à l’ULB, Violette étudie un Master en langues, littératures françaises et romanes.

Originaire du Borinage, c’est en 2008 qu’Adrien arrive à Bruxelles où il réalisera un Master en trompette jazz et un diplôme d’agrégation au Conservatoire Royal de Bruxelles. Après neuf ans de carrière en tant qu’artiste et une petite expérience dans l’enseignement, il décide de poursuivre ses études par un Master en Communication et Politique Européennes dans le cadre duquel il effectuera un stage de six mois au Parti Vert Européen en tant qu’assistant de l’attaché de presse. Entre mars et juillet 2016, il sera engagé par le groupe ECOLO-Groen au Parlement fédéral en tant que conseiller politique en affaires sociales. À côté de cette thématique, Adrien porte aussi un intérêt particulier pour les questions liées à la culture, la démocratie et l’entrepreneuriat.

Maryan est née au Vénézuela en 1990 et arrive en Belgique pour faire ses études supérieures. Après son baccalauréat en Tourisme et gestion d’entreprise, elle a commencé à travailler dans le milieu syndical au même temps qu’elle entreprenait un Master en gestion de projets. C’est en 2014 lors d’une visite à vélo des potagers urbains à Bruxelles, qu’elle découvre écolo j. Passionnée par le développement durable et la thématique travail, elle s’intéresse de plus en plus au sujet des Genres.

Grace, est originaire d’Ath. Après avoir terminé ses études en tourisme à Louvain-La-Neuve, elle migre à Bruxelles en 2014. Sympathisante d’ECOLO depuis plusieurs années, elle décide de s’investir chez écolo j la même année. Ses thèmes favoris sont la mobilité et la parité hommes/femmes, chère aux écologistes.

ALIMENTATION| Les Incroyables Comestibles ou l’incroyable coup de gueule citoyen

pictoDossiersAlors que le ciel des nouvelles mondiales s’assombrit, il est normal que certain.e.s citoyen.ne.s s’interrogent… Crise écologique, environnementale et sociale… Comment ne pas devenir pauvre, exclu.e ou même criminel.le climatique ?

Et la chaleur humaine ?! N’est-on pas si nombreux/ses à en demander ? A en manquer ? Pourquoi nous acharnons-nous à caresser obsessionnellement les écrans de nos smartphones, ou les lettres froides et carrées de nos claviers ?

Comment sortir de la torpeur ?
Ce que je désire faire passer ici, c’est un coup de gueule de bienveillance. Cela peut sembler paradoxal de mélanger colère et bonne volonté mais je suis convaincu que c’est un peu ce genre de coups de gueule qui ont poussé certain.e.s d’entre nous à retourner faire pousser leur espoir de jeunesse en se réappropriant l’espace public à coup de bacs de légumes ou à revivre des échanges innocents entre voisin.e.s, ami.e.s ou anonymes croisé.e.s sur un salon du bio ou lors d’un marché local. C’est la désormais célèbre Pamela Warhurst qui, dans sa petite ville de Todmorden (Yorkshire), a lancé le mouvement des Incredible Edible, connu aujourd’hui en France comme le mouvement des Incroyables Comestibles.

Mme Warhurst, malgré sa volonté de se faire passer pour une citoyenne comme les autres, ayant soudain décidé de sortir de son tourment pour mettre sérieusement les mains à la pâte (c’est ce qu’elle décrit dans son livre qu’elle consacre à son mouvement), est en réalité une militante acharnée pour la cause environnementale. Elle a d’abord travaillé pour Natural England, une ONG anglaise chargée d’assurer la protection de l’environnement sur l’Ile. Aujourd’hui présidente de Incredible Edible, elle siège également à la Forestery Commission, autre ONG chargée de la protection de l’environnement en Angleterre et en Écosse.

Autant dire qu’en matière d’environnement, Madame Warhurst n’est pas la dernière au courant. L’activiste sexagénaire a bien des choses à nous apprendre. Dans sa petite ville de 15 000 habitants, elle a fortement contribué à la propagation de ce qu’elle a fièrement appelé les jardins propagandes (bac à partager). Dans la ville de Totmorden, on les retrouve partout, ces jardins: dans les cimetières, sur les bâtiments publics, sur les trottoirs, en face du commissariat… Bref, l’activiste a en quelque sorte fait du rêve hippie une réalité en remplaçant le projet d’une révolution ensanglantée par une explosion de fleurs et de végétaux (les substances psychotropes en moins).

Un langage universel pour l’action citoyenne
Dans sa conférence TED, Pamela Warhust parle avec conviction de révolution. Si son éloquence peut ressembler à celle d’un Steve Job, sa révolution à elle, propose autre chose que la loi du plus passionné pouvant contrôler la vie des autres :
« Peut-on trouver un langage universel, qui n’est pas dépendant de l’âge, du revenu ou de la culture, qui aide les gens à trouver eux-mêmes une nouvelle façon de vivre, à voir leur environnement différemment, à réfléchir à l’utilisation de leur ressources différemment, interagir différemment ? Pouvons-nous trouver ce langage et le répliquer ? La réponse est oui, et c’est la nourriture« 

Mes cher.e.s ami.e.s, vous voilà donc briefé.e.s à la mission citoyenne qui vous sortira peut-être de votre tourment passif. Il ne vous reste qu’à assembler en face de chez vous quatre planches en un carré surélevé, y semer quelques-une de vos variétés de tomates ou de concombres préférées et d’aller sonner chez vos voisins pour leur annoncer l’arrivée prochaine de légumes à partager, sortis tout droit du terroir précieux qu’est devenu votre quartier.

Vous aurez alors réglé à la fois votre problème d’addiction aux réseaux sociaux et vous commencerez à contribuer à un monde plus beau, juste et équitable ! D’avance, toutes mes félicitations !

 

Olivier Martens

Les Incroyables comestibles sont à Liège et à Sautour, près de Philippeville

ALIMENTATION | La forêt comestible

pictoDossiersQue peut bien être une forêt comestible ? C’est une forme d’agriculture fondée sur l’association d’espèces végétales diverses – dont des arbres – sur un même territoire. L’idée est de créer un système agroforestier qui produit de la nourriture. En Amérique latine, ces initiatives fleurissent. En sillonnant les chemins d’une forêt comestible, nous rencontrons: fruits, légumes, tubercules, insectes, oiseaux. Cet écosystème réalise un service environnemental. À travers le reboisement, la préservation d’espaces naturels au niveau local est assurée.


Cultiver, régénérer, alimenter
Vous avez dit : produire des aliments biologiques dans une forêt ? Et en même temps améliorer la fertilité des sols, restaurer la biodiversité, augmenter la quantité et la qualité de l’eau disponible ? Vous avez dit : s’alimenter et commercialiser des produits frais, bio, de saison et locaux ?
C’est presque trop beau pour être vrai. Pourtant ces éléments font partie intégrante de la vision de l’agriculteur qui implémente une forêt comestible. Quelles sont les idées phares ? Prendre soin d’un écosystème, cultiver la terre, régénérer les ressources naturelles, alimenter les hommes, les animaux et les plantes.

Aux racines de l’agroforesterie
L’agroforesterie allie les cultures agricoles aux arbres forestiers sur une même aire géographique. Une forêt comestible est une configuration spécifique de l’agroforesterie. Pour en comprendre les principes, il faut partir de l’étude de la nature et plus particulièrement d’une forêt.
Celle-ci abrite de nombreuses espèces végétales mélangées entre elles. Des arbres, grands et hauts, dominent la forêt. Ils atteignent les cimes et donnent de l’ombre aux plantes des niveaux inférieurs de la canopée. Le sol est recouvert d’une épaisse couche de matière organique composée de feuilles séchées, de branches et de bois en décomposition. La terre est noire, aérée et grouille d’insectes. Champignons, micro-organismes, oiseaux, mammifères et plantes résident au sein du même écosystème. L’eau fait partie intégrante de cet environnement.

L’homme imite et réplique la nature
Une forêt comestible est conçue conjointement par l’homme et par la nature, pour l’homme et pour la nature. L’homme travaille de concert avec son environnement. Son rôle consiste à imiter et répliquer le fonctionnement d’une forêt, tout en y intégrant des cultures vivrières et/ou de rentes1.

« La Fazenda des yeux d’eau »
Référence internationale en systèmes agroforestiers, Ernst Götsch est un scientifique d’origine suisse. Il vint s’installer au Brésil en 1984 dans une fazenda (un domaine agricole) dans l’État aride de Bahia. Le nom de celle-ci était alors la fazenda des fugitifs de la terre sèche. En ces temps, elle comportait 500 hectares de terres dégradées et considérées comme improductives. Le scientifique a développé des expériences grandeur nature des systèmes agroforestiers successifs sur ce terrain; un système agroforestier successif étant un écosystème sylvestre en constante évolution. Les recherches agronomiques et très pratiques d’Ernst Götsch portent sur les symbioses qui s’opèrent lors de l’association d’arbres et de cultures.

Quels sont les résultats trente ans plus tard ? Les cultures et les arbres plantés ont recréé un environnement naturel complexe. Progressivement la végétation typique de la Mata Atlântica (la forêt atlantique de type tropical et humide) est réapparue sur le territoire de la fazenda.

Aujourd’hui, les anciennes terres dégradées se sont transformées en 410 hectares de reforestation, dont une grande partie est protégée. Le lieu a désormais pris le nom de La fazenda des yeux d’eau car 14 sources d’eau sont progressivement apparues. Désormais consultant, Ernst Götsch réalise depuis lors l’implantation de forêts comestibles au sein de divers États brésiliens.

Alternative agricole en Amérique latine
En Amérique latine, il existe une multitude d’initiatives indigènes, paysannes, néorurales qui appliquent actuellement les principes de la forêt comestible au sein d’écosystèmes aussi divers que celui de l’Amazonie, de l’Altiplano ou celui du Cerrado.
Le Cerrado brésilien est une région de savane recélant une immense biodiversité. Ce macro-écosystème, qui occupe une surface équivalente au tiers de la forêt amazonienne, est gravement menacé de déforestation1.
Brasilia se situe au cœur du Cerrado. Au sein de la capitale futuriste du Brésil, le nouveau paradigme en faveur des systèmes agroforestiers gagne l’adhésion d’une part grandissante de la société. Cette alternative agricole contraste d’autant plus avec l’agriculture prédatrice qui sévit dans la région. Aux abords de la métropole, les expériences de forêts comestibles – rurales ou urbaines – fleurissent et illustrent concrètement la durabilité de ce modèle agricole.

« Pé na terra »
Pé na terra signifie littéralement en portugais les pieds sur terre. Ce nom fait référence à un projet de ferme écologique située à 70 kilomètres de Brasília. Pé na terra est une aventure d’agroécologie familiale. Elle promeut la production d’aliments biologiques et la reforestation du Cerrado.
Ses objectifs ? Régénérer les ressources naturelles que sont la fertilité des sols, l’eau, le bois, la biodiversité et les semences. La ferme s’inspire directement des enseignements d’Ernst Götsch. Sur ses terres, l’implantation de la forêt comestible a commencé il y a plus de trois ans.
Avis aux citoyens qui souhaitent s’engager : créer une forêt comestible demande beaucoup de temps et beaucoup de travail. Mais le jeu en vaut la chandelle ! Voici les principes de base pour créer un tel espace agroforestier :

Principe 1: Planter le multiple
La clé vient de la diversité. L’agriculteur doit planter une multitude d’espèces végétales. Cet aspect va de pair avec la recherche et l’acquisition de semences natives, si possible paysannes et locales. Cette richesse génétique va permettre à l’écosystème agricole de se développer.

Principe 2: Recherche de la symbiose
Les plantes ont des rôles complémentaires. Chacune a sa fonction. Par exemple sous les tropiques, le bananier est une plante qui draine énormément d’eau. Elle « évapo-transpire ». Dans la savane brésilienne, la présence du bananier augmente l’humidité de l’air et du sol; cette humidité est essentielle pour les cultures maraîchères et certains arbres fruitiers.
En agriculture biologique, les plantes de la famille des légumineuses sont stratégiques. Celles-ci captent et fixent l’azote de l’air. En Belgique, c’est le cas par exemple de la luzerne. Au Brésil, c’est le cas de la mucuna ou pois mascate, des haricots et de la crotalaria. Les légumineuses agissent comme des engrais verts. Elles améliorent la fertilité du sol au bénéfice des cultures qui vont leur succéder.
Un autre exemple est celui de l’eucalyptus. Cet arbre pousse rapidement et produit beaucoup de biomasse (feuilles, branches, etc). De la sorte, il va donner de l’ombre aux plantes qui sont à ses pieds tels que les choux, les salades, les caféiers.

Principe 3: Agencement des espèces végétales entre elles
En fonction de l’utilité de chaque espèce, le producteur agence les arbres et les cultures pour optimiser le système agroforestier. Par exemple, sur 3 m² au Brésil, il est possible de planter et de cultiver ensemble des limoniers, du café, du maïs et de la papaye. Il existe deux dimensions primordiales à prendre en compte.

  • La dimension temporelle
    Ce n’est pas en tirant sur une salade qu’elle poussera plus vite. Cet adage illustre parfaitement le temps de l’agriculture. Une salade pousse en 40 jours. Dans une forêt comestible, certains arbres ont besoin de plusieurs années pour grandir et devenir productifs…
    La dénomination de système agroforestier successif traduit bien la notion de temps. Le système se développe par étapes. Ces stades de développement sont tributaires du taux de croissance des plantes, des cycles de floraison, des conditions météorologiques, etc. Les espèces se succèdent sur des court, moyen et long termes. Par exemple, l’épi de maïs se cueille après trois mois tandis que les bananes se cueillent après un an.
    Certaines espèces grandissent mieux à l’ombre de grands arbres, au sein d’un système agroforestier âgé. C’est par exemple le cas du caféier et du cacaoyer.
  • La dimension spatiale
    En haut, en bas, à gauche, à droite: une forêt se développe sur trois dimensions. L’herbe, les arbustes, les feuillages, les fruits, les tubercules, les céréales se situent à différentes hauteurs (strates). Le travail du producteur est d’agencer spatialement les plantes entre elles pour qu’elles occupent des espaces distincts et complémentaires. Si des plantes se trouvent sur le même espace, celles-ci entrent en « compétition » pour l’accès à la lumière et à la terre; ce qui est inefficient. Or, au sein de ce paradigme agricole, l’homme recherche justement des symbioses entre les règnes végétal, animal et fongique.
    Dans le cas de Pé na terra, la forêt comestible est organisée selon certaines logiques. Sur des lignes, les arbres et cultures sont agencées selon des séquences presque mathématiques. Cela donne par exemple une ligne où se succèdent une banane, un eucalyptus, un café, un manioc, une banane, etc. Sur une autre ligne, cela peut être un pied de maïs, une salade, de la ciboulette, un pied de maïs, etc.

Principe 4: Le secret de la matière organique
La matière organique est cette couche végétale sur le sol composée de restes de branches, de feuilles desséchées et de bois morts. Ces éléments se décomposent et enrichissent progressivement le sol en humus. L’humus est cette matière fertile déjà décomposée. En métaphore, la matière organique peut être décrite comme étant la peau protectrice de la terre. Le sol devrait toujours être recouvert de cette couverture végétale, c’est une règle d’or. Celle-ci permet l’infiltration de l’eau dans le sol. De plus, dans le Cerrado brésilien, la matière organique protège également la terre des rayons brûlants du soleil.
Les sols des forêts comestibles abritent nombre d’insectes, des bactéries, des vers de terre, des champignons. Ces petits êtres accélèrent le processus de décomposition de la matière organique et « fabriquent » de la terre. La matière décomposée – l’humus – est bénéfique aux plantes. Celles-ci vont y puiser les nutriments et minéraux dont elles ont besoin pour leur croissance. Ensuite, ces plantes produisent des fruits, des légumes, des tubercules, du bois, etc.
Les productions des forêts comestibles peuvent être commercialisées, comme c’est le cas à Pé na terra. Lors de l’implantation de l’écosystème, des engrais biologiques sont souvent requis. Avec les années, ces fertilisations deviennent de moins en moins nécessaires. Fais le maximum avec les ressources disponibles sur place est d’ailleurs un adage bien connu en agroforesterie sur le continent latino-américain.

Principe 5: La gestion au fil des mois et des années !
L’implantation d’une forêt comestible s’envisage sur du long terme. L’écosystème va se complexifier au fil des années. Il faut gérer les cultures ainsi que la croissance des arbres. Le producteur doit prendre soin des plantes, arracher les mauvaises herbes, irriguer, etc. Fréquemment, machette ou cisaille à la main, il faut tailler et élaguer les arbres. Les morceaux de matière organique provenant de cet élagage vont alors tomber et augmenter la couche de matière organique au sol.

L’eau, élément vital
Grâce (entre autres) à l’évapotranspiration, l’humidité de l’air est clairement plus élevée dans la forêt comestible que dans un espace à ciel ouvert. Une récente recherche de l’équipe d’Ernst Götsch affirme économiser jusqu’à 75% des besoins en eau de l’irrigation grâce à la matière organique qui recouvre le sol. L’eau est un élément vital tant pour les cultures que pour les arbres.

Des résultats visibles et concrets
Après trois ans de travail, s’observent de nettes avancées en termes de biodiversité à Pé na terra. Le terrain abrite tout au long de l’année une quantité et une diversité impressionnantes d’animaux: perroquets, hiboux, toucans, piverts, crapauds, tatous, serpents, etc. Ce sont mille et un sons qui s’élèvent de la forêt comestible. Ce sont les chants des oiseaux, de l’eau de l’irrigation, des coups de machettes ou encore du vent dans les feuilles des arbres.
L’espace naturel affiche une large palette de couleurs en commençant par tous les tons possibles de verts et de marron. Les fruits et les légumes rajoutent des touches colorées: le jaune de la banane, le rouge du poivron, l’orange de la papaye, le noir du café.

En Belgique, à Mouscron
Les expériences sont encore rares dans le plat pays. La vision de long terme à avoir – parfois sur plusieurs dizaines d’années – limite drastiquement la mise en place de tels systèmes agroforestiers. Il existe toutefois plusieurs initiatives, dont un exemple remarquable dans la ville de Mouscron. Depuis plus de trente ans, Josine et Gilbert Cardon plantent des centaines et des centaines de variétés d’arbres sur à peine 1800 mètres carrés. Ce paradis productif peut être visité les jeudis après-midi et les dimanches.

L’agroforesterie était une pratique courante en Europe avant l’avènement de la mécanisation et l’intensification de l’agriculture industrielle. Récemment, l’agroforesterie connaît un regain d’intérêt, notamment dans les milieux scientifiques. En effet, ce mode de production rend de multiples services environnementaux : conservation de la biodiversité, accroissement de la fertilité des sols, amélioration de la qualité de l’eau et de l’air.

Un écosystème vivant, avec un appui humain décisif !
Une forêt comestible peut se comparer à un organisme vivant qui grandit, se développe et se complexifie. Un système agroforestier, c’est également un espace où l’homme et la nature se réconcilient.
[Je souhaite] travailler pour créer des espaces naturels d’inclusion permanente des humains, au lieu de créer des espaces naturels de protection permanente des humains ; dit d’ailleurs à ce sujet Ernst Götsch.

Par espace naturel de protection permanente, le scientifique fait référence aux parcs où la biodiversité est protégée de la prédation humaine. Il nous raconte qu’il est possible de recréer des espaces naturels au sein desquels l’humain s’inscrit et joue un rôle décisif. Ce rôle consiste à produire de la nourriture, à reboiser le territoire et à donner vie à un écosystème complexe.

Louise Amand
Volontaire à la Commission Justice et Paix

  1.  Les productions agricoles de cultures vivrières sont destinées à être autoconsommées par le producteur et sa famille. Les productions agricoles de cultures de rentes visent, quant à elles, à générer des profits.
  2. Pour davantage d’informations sur le Cerrado et son cycle des eaux, lire http://www.justicepaix.be/Cerrado-bresilien-la-detresse-du-berceau-des-eaux-1214

ÉNERGIE| Le transport, un besoin de diversité

pictoDossiersMaintenir l’élévation des températures à moins de 2°C par rapport au niveau préindustriel, voire si possible sous la barre des 1,5°C, va nécessiter des objectifs et des actions concrètes ambitieuses. Et s’il est bien un secteur sur lequel il faut mettre la vitesse supérieure, c’est celui du transport. De fait les émissions liées au secteur des transports sont toujours supérieures au taux de 1990.

Cela n’a rien d’étonnant suite, d’une part, à la croissance démographique, d’autre part, à la mondialisation entrainant l’accroissement des échanges marchands et de la mobilité des personnes. Le bureau fédéral du Plan prévoit d’ici 2030, 200.000 ménages supplémentaires en Wallonie et à Bruxelles et une augmentation de 40 % du nombre de tonnes de marchandises et de 10% du nombre total des trajets des personnes. Selon leurs prévisions, le transport routier resterait majoritaire entrainant une augmentation de la congestion (+ 22% de véhicules/km). Comment dans ces conditions arriver à réduire le poids du transport dans les émissions de carbone ?

La technologie est souvent présentée comme salutaire. Les véhicules électriques par exemple permettraient de réduire les émissions de CO2 par rapport aux voitures thermiques. Mais d’une part cela pose la question de la source de l’électricité (nucléaire ou renouvelable ?) et d’autre part cela ne fait que déplacer le problème vers d’autres ressources non renouvelables telles que le lithium nécessaire aux batteries. Enfin, cette solution ne s’attaque pas aux autres embarras que provoque la voiture notamment l’encombrement des rues et des places publiques ou encore le manque de contact social. Enfermés dans ces solides carapaces protectrices comme les nomme le philosophe Michel Serres, notre perception du monde est bien pauvre et peut contribuer au repli sur soi et à l’indifférence écologique. A force, dès l’enfance, de passer son temps à l’intérieur de la voiture, on réduit les chances de rencontres et notre vision de l’extérieur est tout autre.

Ce n’est donc pas que pour lutter contre les changements climatiques qu’il est nécessaire de complétement revoir notre mobilité. Les transports en commun sont aussi l’occasion de rencontres. Encore faut-il qu’ils soient efficaces et agréables pour tous.

Chez nous, le choix a été fait en 2002 de réaliser le RER en passant de deux à quatre voies de rails. Près de quinze ans plus tard les nouvelles voies ne sont toujours pas posées en Wallonie tandis que des routes ont été élargies sous des ponts et des tunnels traversant les lignes du RER. Une mise à quatre voies qui a par ailleurs été presque abandonnée pendant quelques jours par l’ancienne ministre de la mobilité. On en serait revenu au temps des travaux inutiles !

Cette expérience nécessite néanmoins d’oser quelques réflexions. Est-ce qu’avoir axé toute la politique de transport en commun pour converger vers le RER afin de pouvoir rentrer plus facilement dans Bruxelles était réellement la meilleure des pistes ? Si l’attraction des navetteurs vers Bruxelles continue de se renforcer, le RER pourrait même ne rien changer aux problèmes de mobilité. Certes, le train est un mode de transport efficace et peu polluant. Il est à privilégier pour connecter nos villes entres elles et il est nécessaire d’investir dans ce mode de transport afin de bénéficier d’une offre de qualité pour les usagers et de convertir des automobilistes. Mais il ne faut néanmoins pas mettre tous les œufs dans le même panier. Il y a d’autres modes de transport à explorer parmi lesquels le bus et le vélo !

Comme ils utilisent le réseau routier, les bus ont l’avantage de pouvoir rapidement se densifier et améliorer leurs offres. Dans leur cas, les avancées technologiques sont pertinentes car elles peuvent être mieux rentabilisées. L’hybribus développé à Liège en est un bel exemple. Ce bus roule à l’électricité et au diesel. Il a été testé à Liège en 2012. Malheureusement, comme il reste plus cher que les bus actuels, son développement à plus grande échelle ne s’est pas encore concrétisé.

Enfin, le potentiel du vélo d’être un véritable moyen de transport au quotidien est encore beaucoup trop négligé. Dans une ville comme Copenhague, capitale du Danemark, la part des déplacements quotidiens à vélo est de 45%.

Là-bas, même les gouvernements conservateurs et libéraux votent en faveur des infrastructures pour cyclistes parce qu’ils savent que le retour sur investissements des aménagements cyclistes est bien plus élevé que pour ceux réalisés pour les automobilistes. Leurs nouvelles pistes cyclables font ainsi quatre mètres de large et permettent à deux cyclistes de dépasser un vélo cargo en tout sécurité. Dans ces vélos cargo, les enfants sont à l’avant d’où ils peuvent réellement observer et découvrir leur environnement.

Chez nous, seulement 2% des déplacements quotidiens sont effectués à vélo. Les choses ont timidement commencé à bouger avec le plan Wallonie cyclable en 2010 et dont la deuxième version vient de paraitre. Mais le plan privilégie les infrastructures légères et sécurisées comme les marquages au sol. Comme l’énonce le GRACQ (Groupe de Recherche et d’Action des Cyclistes Quotidiens), cette approche permet peut-être de répondre aux attentes des cyclistes actuels mais est complétement insuffisante pour permettre à de nouveaux usagers d’enfourcher leur vélo et de laisser la voiture dans les show rooms ! De fait, les études montrent que la sécurité et la continuité des aménagements sont des éléments indispensables pour augmenter le nombre de cyclistes. Les campagnes de promotion du vélo ne seront vraiment efficaces que quand les infrastructures seront présentes ! Par ailleurs, l’excuse du relief n’est d’une part pas applicable partout et d’autre part des solutions permettent de réduire son importance. Outre le vélo électrique, on peut par exemple adapter les bus et train pour qu’ils puissent embarquer plus facilement des vélos.

Enfin il reste deux actions complémentaires pour permettent le transfert vers d’autres modes de mobilité. Il s’agit de réduire les avantages liés à la voiture et de rapprocher les lieux d’habitations des lieux d’emploi, d’enseignement, commerces etc. Cela vaut également pour les activités productrices car le transport de marchandises est celui qui est actuellement le plus en augmentation.

Outre le nécessaire abandon des avantages liés à la voiture de société, il est nécessaire de réduire les places de parking dans les centres villes et les autoroutes urbaines qui permettent une haute vitesse de circulation en milieu urbain. Le nombre d’automobilistes diminuera lorsqu’ils se rendront compte qu’ils perdront vingt minutes à trouver une place de parking (qu’ils devront payer cher) et qu’ils verront des vélos les dépasser tandis qu’ils seront bloqués à des feux rouges.

Concernant les questions de livraison qui multiplient les camions sur nos routes et en ville, il est nécessaire de privilégier le rail et la voie d’eau pour les longs trajets et les centres de distribution en ville. Les livraisons s’effectueraient alors avec des vélos cargo ou véhicules électriques. Tout bénéfice pour l’ambiance sonore des villes et la santé des passants ! Depuis peu, un tel centre existe à Charleroi géré par l’entreprise Citydepot.

Actuellement, de nombreux déplacements réalisés en voiture font moins d’un kilomètre et pourraient déjà faire l’objet d’un transfert modal. Il est donc nécessaire de rapidement agir afin d’avoir les conditions pour réaliser ces courts trajets en transport en commun, en vélo, voire à pied tout en réduisant les trop nombreux avantages liés à la voiture. Mais pour cela il faut une volonté et un courage politique fort. Pas sûr que la deuxième version du plan cyclable qui arrive bien tard dans la législature et sans aucun budget associé soit un bon signal.

Joachim Romain

ÉNERGIE| L’efficacité énergétique chez soi

pictoDossiers Il est 6h23, mon réveil sonne et me tire brusquement du sommeil. Heureusement, le chauffage est en marche depuis 1h et une douce chaleur m’accueille au sortir du lit. Premier réflexe, j’allume la lumière et me dirige vers la salle de bain pour ma toilette. Température de l’eau au top pour me sortir de ma léthargie, avec en prime un peu de musique pour l’entrain. Je sors de l’eau, m’essuie et c’est parti ! Sèche-cheveux, épilateur, brosse à dents, … Je ne suis pas sortie de mon lit depuis une heure et ma consommation d’énergie explose les scores sans même que je m’en sois rendue compte !

La consommation d’énergie d’un individu est difficilement repérable puisque pour ainsi dire invisible, consommée sans qu’il y ait acte conscient, parfois même par le biais des biens et services mis à sa disposition. Pour la majorité d’entre nous, l’énergie est assimilée à ce qui est repris sur notre facture d’électricité ou de gaz, à notre plein d’essence ou de la cuve à mazout, ou aux calories des aliments. Mais, bien que vulgarisé à l’extrême, on semble tous conscients que nos habitudes quotidiennes sont le fruit d’une dépense (excessive?) d’énergie. Partant de ce postulat, comment appréhender un revirement de nos modes de consommation en énergie ?

Des différents secteurs d’énergie, c’est le secteur résidentiel qui nous intéresse donc ici, autrement dit la consommation finale d’énergie liée à l’usage des ménages. Dès lors, il est primordial de porter une attention toute particulière à la conception et la rénovation du bâti qui est le premier facteur de dépense en énergie. De nombreuses avancées techniques et technologiques nous permettent aujourd’hui d’envisager de nouveaux modèles de construction pour beaucoup encore à l’état d’expérimentation. Parmi les techniques éprouvées, on retrouve l’orientation des bâtiments, l’utilisation de matériaux adaptés, les célèbres panneaux solaires et photovoltaïques qu’on ne présente plus, les espaces tampons, les systèmes de chauffage et de ventilation combinés (VMC double flux), les maisons passives, etc.

Les capacités d’actions des architectes sont cependant limitées et/ou peu efficaces car bridées par des règles d’urbanisme trop rigides. En outre, je constate aussi une fracture entre deux écoles ; d’une part l’archi-star et de l’autre l’architecte responsable, conscient qu’il impacte sur son environnement. Les deux courants évoluant en parallèle, avec parfois une percée de ces génies libres qui, plutôt que de concevoir un logement de qualité se transforment en concepteurs d’installations ultras modernes ! La domotique en est un exemple parlant qui pour ma part n’est pas à envisager. Une étape de plus pour être hyper-connecté et ce non sans danger pour la santé et la vie privée, sans pour autant réduire significativement notre consommation !

On constate que ces 20 dernières années, l’effort énergétique(1) d’un ménage n’a que peu fluctué, résultat d’évolutions contradictoires : l’amélioration des performances énergétiques en ce qui concerne l’enveloppe des bâtiments, les modes de chauffage et de l’électro-ménager contre des logements de plus en plus grands et sur-équipés. Il est dès lors absurde d’espérer du progrès une solution à cette surconsommation, ce sont nos pratiques quotidiennes qu’il faut revoir. S’intéresser à la consommation d’énergie d’un individu en revient à s’intéresser à son mode de vie et soulève un questionnement éthique. Dans un souci de justice, il n’y a qu’en revoyant nos standards à la baisse que nous pourrons espérer un jour consommer l’énergie sans mauvaise conscience !

Laura Mahieu

(1)  Part allouée aux coûts de l’énergie dans le budget d’un ménage.

ÉNERGIE| Pétrole, le confort ou la misère ?

pictoDossiersQue ce soit à Paris ou à Lima, les conférences des Nations Unies sur les changements climatiques (COP) soulignent l’urgence de limiter l’augmentation de la température de la terre à 2°C. Le réchauffement climatique représente un enjeu fondamental – bien que trop souvent marginalisé – dans les négociations internationales et ses impacts sur la vie des populations sont incontestables aujourd’hui. Ce phénomène est directement lié à notre consommation énergétique, elle-même dépendante de l’extraction de ressources naturelles.


Parmi ces ressources, le pétrole représente la 1ère source d’énergie au monde. Le pétrole est une matière première épuisable, dont tous les pays sont actuellement dépendants. Il fait partie des énergies fossiles avec le gaz et le charbon. Ces combustibles tirés du sous-sol sont responsables de 2/3 des émissions de gaz à effet de serre – dont 35% sont dues au pétrole – et contribuent ainsi au réchauffement de la planète.

L’exploration et l’extraction de matières premières comme le pétrole ne se réalisent pas sans conséquences pour l’homme et l’environnement, notamment dans les pays du Sud qui en sont les principaux producteurs. On constate en effet que 75% de la population mondiale en situation de pauvreté vit dans des régions où les ressources naturelles sont abondantes.

Prenons le cas du Pérou. Ce pays d’Amérique du Sud est colonisé par les industries extractives  : 62% du territoire national est sous concession gazière ou pétrolière et 20% sous concession minière.

En Amazonie péruvienne, les communautés indigènes souffrent directement de l’exploitation du pétrole qui se trouve sur leur territoire et qui détruit leurs conditions de vie. Le gouvernement ne respecte pas la consultation préalable, libre et informée des populations susceptibles d’être affectées par un projet, principe inscrit dans la Convention 169 de l’OIT. Les multiples accidents et pollutions des entreprises pétrolières nuisent à la santé, à un environnement sain et à l’alimentation des communautés. Leur  territoire est accaparé et leur identité culturelle altérée par la présence de ces projets d’envergure.

En février 2016 par exemple, en raison d’une mauvaise maintenance des oléoducs, des écoulements se sont produits pendant plusieurs jours dans les régions péruviennes Amazonas y Loreto. Cependant, aucune sanction contre les entreprises n’a à ce jour été prise et les familles affectées ne bénéficient d’aucune aide particulière.

En tout, ce sont plus de 200 conflits sociaux qui agitent le Pérou depuis plusieurs années, dont les ¾ sont de type socio-environnemental. Ainsi, une réelle fracture existe entre l’État, la population et les entreprises. Peu de mécanismes de dialogue entre les différentes parties aboutissent réellement.

Et la balance semble pencher du côté des multinationales. Ces 3 dernières années, le Pérou a adopté des mesures économiques qui facilitent leurs investissements, mais qui mettent en danger la protection de l’environnement, les conditions de travail et le droit à la propriété de la population locale.

Bien que l’extraction des matières premières soit une priorité pour l’équilibre économique de nombreux pays, il est primordial que les États développent des politiques de prévention des risques, de transparence(1) et d’accès à l’information pour les populations locales.

Ce respect des populations du Sud doit aller de pair avec un changement réel des comportements et de la consommation énergétique des citoyens dans les pays du Nord. Comme l’explique l’Agence Internationale de l’Énergie  : Si nous voulons conserver la température de la terre en-dessous des 2°C, 2/3 des réserves fossiles prouvées doivent être laissées dans le sol.

Il est donc impératif aujourd’hui de diminuer notre dépendance au pétrole, pour préserver notre planète et les populations qui en dépendent directement. S’il incombe aux responsables politiques d’avancer en ce sens, les citoyens peuvent également poser des gestes significatifs au quotidien.

Déborah Tousch

(1)  L’initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) est un exemple des processus mis en place qui vise l’amélioration de la gouvernance des ressources naturelles.

ÉNERGIE| L’énergie en Belgique

pictoDossiersDu réveil au coucher, l’énergie est partout. Vivre sans ses formes actuelles paraitrait inconcevable pour l’écrasante majorité d’entre nous. Au fond, pourtant, sait-on vraiment dans quel ordre de grandeur se situent la production et la consommation belges ? Après d’énergiques recherches, voilà le bulletin inquiétant qui ressort notamment des chiffres de l’Agence internationale de l’Énergie pour 2013…  


Énergie primaire (EP) vs. Énergie finale (EF)

Pour cographiquesLucasmmencer, il convient d’établir une distinction claire entre l’EP (forme d’énergie directement disponible ou énergie issue d’une seule transformation) et l’EF (forme d’énergie disponible en bout de chaîne). Le premier constat alarmant se situe déjà au niveau de l’EP et du fossé entre la production et la consommation de cette énergie en Belgique. Tous les combustibles fossiles utilisés  sont importés directement de l’étranger, la production d’EP ne repose que sur l’énergie nucléaire (75%) et les énergies renouvelables (25%). Si l’on ajoute à cela que l’EP produite en Belgique ne représente qu’un peu plus d’un tiers seulement de la consommation intérieure brute d’énergie en Belgique, la situation parait pour le moins urgente.

graphiquesLucas3

Au niveau de la consommation d’EP, l’industrie et la chimie en prennent chacune à leur compte environ 23%, le logement 21,4%, le transport 20,2%, le secteur tertiaire 11,6% et l’agriculture 1,7%. Si l’on compare la consommation d’EP par habitant de la Belgique au reste du monde, le bilan n’est pas non plus encourageant : même si elle ne représente « que » 2/3 de l’américaine, elle est largement supérieure à l’européenne (44%), la française (23%) et la japonaise (26%).


Nucléaire et consommation  : ambiance électrique !

graphiquesLucas4

La production d’électricité est l’un des nombreux usages de l’EP et, là encore, les chiffres ne sont pas vraiment rassurants. La Belgique est juste derrière la France le pays qui dépend le plus de l’énergie nucléaire avec une part de plus de 50% de l’électricité produite en Belgique (loin devant les 31% des centrales thermiques à combustibles fossiles et les 17% générés par les énergies renouvelables). Vu la sortie du nucléaire prévue dans un futur plus ou moins proche et le tarissement progressif des énergies fossiles, il est impératif de passer à la vitesse supérieure dans l’investissement dans les énergies renouvelables.

graphiquesLucas5

En 2013, la consommation totale d’électricité en Belgique s’élevait à 89,09 TWh, soit environ 8020 kWh/habitant. Ce total, bien qu’il ne dépasse pas celui des États-Unis, est plus de 2,5 fois supérieur à la moyenne mondiale. Entre 1990 et 2013, la consommation d’électricité en Belgique a augmenté de 40% alors que la population n’a augmenté que de 10%. L’industrie caracole toujours en tête avec ses 46% de la consommation, suivie du secteur tertiaire avec 27,2%, du logement (24,5%), du transport (2,1%) et de l’agriculture (0,3%).

De l’étranger dans le gaz
Principalement utilisé pour la production d’électricité, le chauffage, l’eau chaude, la cuisson des aliments et parfois même pour le transport, le gaz consommé en Belgique provient exclusivement de l’étranger (Pays-Bas, Norvège, Allemagne, Qatar et Royaume-Uni). Il est généralement moins coûteux et moins polluant que les autres énergies fossiles. Sur les dix dernières années, la moyenne annuelle de consommation en Belgique se situe entre 180.000 et 190.000 TWh, avec quelques fortes variations dues à un temps particulièrement doux ou au contraire particulièrement rude en hiver.

La Belgique bien au-dessus de la moyenne européenne au niveau du pétrole
Le constat est le même pour le pétrole : tout est importé, principalement depuis la Russie (40%), les pays de l’OPEP dont l’Arabie saoudite (31%), l’Iran (7,5%), le Royaume-Uni et la Norvège. Le secteur des transports (voitures, avions, bateaux…) absorbe plus de la moitié du pétrole mondial, mais il est également utilisé par l’industrie pétrochimique pour fabriquer du plastique et il peut être transformé en fioul ou en bitume, notamment. Le pétrole compte pour pas moins de 40% de l’approvisionnement énergétique belge, loin devant le gaz naturel (25,5%), le nucléaire (19,7%), les énergies renouvelables (7,7%) et le charbon (5,7%). La Belgique consomme 2,15 tonnes de pétrole par habitant et par an, soit 650 kilos de plus que la moyenne européenne.

Vite la transition énergétique !
Avec ce mauvais bulletin, la raréfaction des énergies fossiles disponibles et leur coût environnemental, il est temps d’investir massivement dans la transition énergétique. D’ici à 2020, la part des énergies renouvelables dans la consommation d’EP de la Belgique devra passer de 7,7% (2013) à 13%. La diminution de la consommation d’EF doit également faire partie de nos priorités, notamment grâce à l’isolation des bâtiments et à une flexibilité accrue dans la consommation. Une prise de conscience collective et du courage politique sont absolument nécessaires. Le temps presse.

Lucas Bernaerts

Petite sélection subjective pour aller plus loin :

écolo j Liège soutient les luttes paysannes

pictoEnAction17 avril, journée des luttes paysannes, l’occasion de défendre une agriculture de proximité, vecteur d’émancipation citoyenne et créatrice de lien social. écolo j Liège organisait pour l’occasion un atelier de création de bacs potagers destinés à accueillir des Incroyables Comestibles liégeois en collaboration avec de nombreux autres acteurs associatifs.

Rencontres Des Nouveaux Mondes

rdnm2016

Des débats d’idées. Un espace de formation, d’échange et de construction.

Tu souhaites être un-e acteur/trice citoyen-ne plutôt qu’un-e citoyen-ne spectateur/trice ?

CLIMAT| System change, not climate change !

pictoDossierssystemeChangeUne action efficace contre le changement climatique est-elle possible sans une remise en question du cadre productiviste et consumériste ? Quelle position adopter face aux fausses solutions technoscientifiques ? Une croissance économique infinie dans un cadre de ressources naturelles finies pose question. Jackson pointe dans son livre, Prospérité sans croissance, le lien jusqu’à présent indissociable entre la croissance du PIB et la consommation d’énergie.

La porte de sortie avancée par les défenseurs du cadre actuel serait le découplage entre croissance et consommation d’énergie fossile grâce aux avancées technologiques : ce découplage est relatif si la pollution augmente moins rapidement que la croissance économique, tandis qu’il est absolu si la pollution diminue lorsque la croissance économique augmente. Les avancées technologiques n’ont permis d’atteindre qu’un découplage relatif, insuffisant pour enrayer les problèmes de changement climatique !

Fausses solutions
Les défenseurs de la croissance misent tout sur la technologie et sur des solutions de marché pour lutter contre le changement climatique : agrocarburants, OGM, nucléaire, voitures « écologiques », etc. Ces solutions entraînent des problèmes sociaux et environnementaux importants. De plus, leur efficacité est souvent remise en question. Par exemple, le développement de l’efficacité énergétique des voitures « écologiques » entraîne une diminution de la consommation par km, et donc une diminution du prix au km. Ceci provoque alors une augmentation des km parcourus. Au final, la pollution liée au transport automobile ne fait donc qu’augmenter.
Les connivences des multinationales qui défendent ces fausses solutions sautent aux yeux ! Par exemple, BNP Paribas, Suez, Engie, Renault-Nissan (pour ne citer qu’eux), étaient des sponsors officiels de la COP21 2015.

La crise climatique n’est que la pointe de l’iceberg d’un système malade, incapable d’apporter des solutions conséquentes aux problèmes actuels. Les fausses solutions qui s’inscrivent dans le système capitaliste néolibéral ont le vent en poupe, mais accentuent certains problèmes environnementaux et les tensions sociales. Face à cette crise systémique, la réponse ne peut être qu’une remise en question du cadre général.

Hugo Périlleux Sanchez