Archives pour l'Auteur : Michaël Horevoets

Mobilité, vers la fin de l’égoïsme ?


Ma voiture, ma liberté

Voilà le leitmotiv des compagnies automobiles depuis les années 70. La possession d’un véhicule serait le graal en matière de mobilité et même lorsque l’industrie travaille sur des concepts de voitures partagées autonomes, elle arrive encore à proposer un véhicule solo pour remplacer l’avion !

Aujourd’hui, le message publicitaire pour la Volvo 360c, c’est : « Et si voyager par la route devenait plus pratique que de prendre l’avion ? »

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Édito | Décembre 2017

pictoEdito

L’histoire du conflit israélo-palestinien est longue et complexe. Intérêts religieux, économiques, géostratégiques et territoriaux (dont l’accès au pétrole et à l’eau) s’y entremêlent. Cependant, ce conflit est avant tout territorial et politique.

Les deux camps ont des souhaits parfois incompatibles sur lesquels ils restent parfois inflexibles. Certains négociateurs ont engrangé des accords de paix en proposant des compromis qui n’ont pas été acceptés par les représentants politiques et/ou les factions armées (ex: Initiative de Genève, 2003). Israéliens et Palestiniens ont en effet beaucoup de mal à définir une stratégie de paix au sein même de leur communauté. Les territoires palestiniens sont divisés entre le Hamas dans la bande de Gaza et le Fatah en Cisjordanie; eux-mêmes parfois en désaccord entre leur section politique et leur section armée. Du côté d’Israël, une frange de la population s’oppose ouvertement à la politique de colonisation.

Si on peut trouver des torts aux deux camps, leurs responsabilités ne peuvent pas être mises sur un même pied d’égalité en raison des moyens armés, des techniques colonialistes et de la main-mise sur la destinée du peuple palestinien dont Israël jouit. Bien plus qu’un conflit, il s’agit d’une oppression unilatérale.

Les nombreux intervenants extérieurs n’ont globalement pas apaisé les tensions. Le soutien inconditionnel des États-Unis (et de divers mouvements sionistes en Europe) apporté à Israël empêche d’émettre à son égard des sanctions à la hauteur du non-respect des droits de l’Homme constaté. Deux exemples interpellants: les États-Unis investiront 38 milliards $ (en armes américaines) entre 2019 et 2028 et le soutien moral du président français actuel et du précédent à Israël. La position géostratégique d’Israël comme allié partageant les valeurs occidentales au Moyen-Orient ne semble pas plus que l’économie pouvoir expliquer le soutien occidental à Israël, vu les tensions que cela suscite avec les autres États du Moyen-Orient. La force d’Israël réside clairement dans sa diaspora et dans le potentiel moral mobilisable dont elle bénéficie. Aucun autre État ne pourrait violer 34 résolutions de l’ONU sans subir la moindre sanction.

Michaël Horevoets, rédacteur en chef

Édito | Mai 2017

pictoEdito

Genres, sexes, identités, voilà autant de thèmes sur lesquels ce numéro du Jump se penche. Fortement porté par un mouvement féministe (et féminin) mais aussi par les mouvements LGBTQI, les questions de genre sont souvent traitées sous l’angle de la dénonciation de la domination que les blancs, cisgenres, hétérosexuels et en bonne santé gardent sur notre société. L’histoire de ces combats féministes et des droits des LGBTQI constitue le premier article de notre dossier.

La manière dont les membres de notre société, parfois volontairement (publicité, inégalités salariales, genrage des jeux pour enfants, etc.) parfois à leur insu (poids des traditions, humour sexiste, etc.) participent à la continuité de ces inégalités est très certainement captivante pour un sociologue ou un psychologue, beaucoup plus inquiétante pour les membres des diverses minorités ou la gente féminine.

Les questions du genre et de l’égalité des sexes entrent très lentement dans les débats de sociétés. Certains mécanismes de lutte commencent à s’ancrer dans nos mœurs tels que les assemblées non-mixtes ou l’écriture inclusive, mais les fondements des inégalités sont profondément ancrés et s’expriment dans nos actes quotidiens. C’est pourquoi une des auteures insiste sur la nécessité de relever chaque attitude discriminatoire afin que son auteur.e prenne conscience du poids que peuvent avoir ses comportements quotidiens.

Tous les articles de ce Jump Genre, écrits par des militant.e.s, donne le point de vue des dominés. Il est difficile pour moi, un homme, blanc, cisgenre, hétérosexuel, de m’exprimer sur les discriminations subies par les minorités ou les femmes. Je terminerai donc cette introduction par une interrogation masculine. Et si l’égalité des sexes passait aussi par une prise en compte des inégalités subies par l’homme ? Et si l’augmentation des congés paternité était une meilleure réponse que la volonté de faire travailler les femmes dès la sortie de la maternité ? L’obligation sociale (tout doucement en train de s’effriter) pour l’homme de faire le premier pas dans les relations amoureuses/la drague (offrir les verres, faire la demande en mariage, etc.) ne devrait-elle pas tomber ? Et si la difficulté à faire disparaître la domination masculine chez les jeunes de nos sociétés occidentales était partiellement l’expression d’un manque de confiance de la gente masculine vis-à vis du sexe opposé ?

Michaël Horevoets, rédacteur en chef

Lasagnes végétariennes maison

pictoCoinCuisine

Le week-end du 21-22 janvier, la Green Team se retrouvait au Château de Courrière pour sa mise au vert annuelle afin de préparer les Rencontres Ecologiques d’Eté (REE) de cette année. Qui dit réunion d’équipe dit bon repas. En effet, nous pouvons compter sur Claude pour réaliser de bons petits plats. L’occasion pour nous de mettre en avant dans le JUMP sa recette de lasagnes végétariennes maison.

Pour la pâte

  • 100g de farine de blé
  • 1 œuf
  • 1 pincée de sel
  • 1 cuillère à soupe d’huile d’olive

Pour la sauce béchamel 

  • 1 morceau de beurre
  • 1 grosse cuillère de farine
  • du lait

Pour la garniture

  • 100 gr d’épinards

Réalisation :

  1. Mélanger les ingrédients pour réaliser la pâte fraiche. Il est important de bien travailler la pâte. L’huile facilite son aplatissement. Il faut la doser pour avoir une consistance assez souple.
  2. Aplatir la pâte avec un laminoir (ou un rouleau).
  3. Lancer la béchamel : faire fondre le beurre. Une fois fondu, y mettre la farine et mélanger. Ajouter le lait tout en laissant le bec à puissante maximale jusqu’à obtention d’une sauce onctueuse.
  4. Cuire la pâte. Une pâte fraîche cuit en moins d’une minute dans l’eau bouillante. Dans le cas des lasagnes, la pâte sera recuite au four, il suffit donc de prendre la pâte, en la plongeant quelques dizaines de secondes.
  5. Blanchir (passer des légumes ou des fruits à l’eau bouillante) les épinards sans les laisser trop longtemps afin de ne pas les faire trop réduire en taille.
  6. Étaler couche par couche la pâte, les épinards et la béchamel dans un plat à four.
  7. Cuire au four.Bon appétit !


Michaël Horevoets

 

Navet pour… Charles Michel

pictoPalmesEtNavetsLes chiffres officiels d’#Eurostat annoncent une augmentation de 43.700 emplois en temps partiel entre les 3ème trimestres de 2014 et 2016 et sur le même temps une réduction de 14.400 unités du nombre d’emplois en temps plein. Soit une augmentation des emplois précaires.

Pourtant Charles Michel affirme en avoir créé « 100.000 ».  Alors mensonge ou incompétence en math ?

Michaël Horevoets

Palme pour… Obama (2)

pictoPalmesEtNavets#ObamaLe changement ne se produit que si des gens ordinaires s’impliquent, s’engagent et se rassemblent pour l’exiger. Après huit ans de présidence, j’y crois toujours. C’est en ces termes qu’Obama quitte la Présidence des USA, non sans se mouiller contre #Trump (+ de 50 millions d’hectares interdit au forage d’hydrocarbures en Alaska, sanctions contre la Russie,…).

Michaël Horevoets

Édito | Février 2017

pictoEditoChers Jumpiens, chères Jumpiennes,

S’il est bien un sujet qui semble inscrit dans les gênes des écolo-j-istes, c’est l’enseignement. En 2013 écolo j prenait une première position sur l’enseignement supérieur et en 2014 suivait une position sur le secondaire. Le monde politique semble aussi beaucoup s’agiter pour le moment sur le sujet : Décret inscription, Pacte pour un Enseignement d’Excellence, réforme de l’enseignement supérieur francophone, réforme des cours de religion et apparition du cours de philosophie et de citoyenneté, réforme des titres et des fonctions, réforme des bourses étudiantes, Van leRensbelang (projet participatif sur l’avenir de l’éducation côté néerlandophone)…

L’actualité du sujet est donc brûlante, mais contrairement au décret inscription qui était un fiasco total, il semblerait que la direction prise actuellement par le Pacte pour un Enseignement d’Excellence tient beaucoup plus la route. Pourquoi ? Parce qu’enfin, la parole a été donnée aux acteurs de terrains : les professeurs, instituteurs, étudiants, élèves, parents. Les tabous commencent également à tomber et il devient permis de proposer une modification du calendrier scolaire et de la journée d’école. L’idée d’un tronc commun a fait son petit bout de chemin et semble maintenant bien implantée dans le Pacte.

En tant que défenseurs de l’écologie politique, nous ne pouvons que nous réjouir de la tournure que prennent les événements car nos attentes sont en passe d’être prises en considération. Les chiffres le montrent, les inégalités de notre enseignement sont actuellement criantes et les chances de réussite sont directement liées au milieu social et culturel dans lequel nous évoluons. Les filières en dehors du général sont dénigrées et vues comme une chute et non comme un choix de même niveau que l’université ou la haute école. L’apprentissage de la vie et de la citoyenneté restent très insuffisants. Pourtant des réponses existent. De nombreuses méthodes d’enseignement alternatives ont été proposées et certaines écoles les appliquent déjà. En ce moment, nous avons l’occasion de réformer en profondeur l’enseignement, ne la manquons pas !

Michaël Horevoets, rédacteur en chef

Appel à rédaction pour le prochain JUMP : Enseignement !

picto appel a redac

Pour tous ceux qui sont encore (ou à nouveau) aux études, la bloque arrive tout doucement. Le temps des échanges profs-élèves arrive tout doucement à terme et l’absorption bête et méchante de matière commence. Durant cette période tu vas probablement te haïr d’avoir trop fait la fête durant l’année, de ne pas avoir fait assez de pratique ou d’exercices. Bref, tu risques de remettre (une fois de plus) en cause la manière dont l’apprentissage fonctionne. Nous t’offrons donc l’occasion de faire le point avec un JUMP sur le thème de l’enseignement. Tu souhaites rédiger un article dans ce numéro ? Envoie-nous un mail à jump@ecoloj.be !

Pour t’inspirer, voici quelques sujets qui pourraient former un dossier cohérent et assez complet :

  • Article informatif présentant l’état des lieux de l’enseignement en Belgique
    >> Quantité d’étudiants par filière, niveau d’étude atteint, taux d’échec, répartition entre enseignement libre et public, différence de régime entre les deux, coût de l’enseignement, existence d’enseignements alternatifs, possibilité ou non de faire l’école à domicile, etc. Pense aux graphiques, aux chiffres et à l’utilisation de liens. (4500 caractères max.)

  • Articles sur l’éducation permanente et tout apprentissage en dehors des réseaux classiques
    >> IFAPME, études en horaire décalé, formation forem, etc. (4500 caractères max. pour l’ensemble).

  • Le lien entre études et emploi
    >> Taux d’emploi par rapport au niveau d’enseignement, adéquation entre étude et monde du travail, formatage des étudiants à l’entreprise, stages en entreprises, etc. (2250 caractères max.)

  • Le poids du livre, de la TV, d’internet, de la radio, du théâtre, etc.
    >> La TV abrutit-elle les enfants ? La chaîne de radio qu’on écoute influence-t-elle notre compréhension du monde ? Internet augmente-t-il l’accès à l’information ou au contraire partage-t-il des idées fausses, des idéologies nauséabondes ? Le livre ouvre-t-il l’esprit de ses lecteurs et leur permet-il d’appréhender le monde plus facilement ? (2500 caractères max.)

  • L’éducation alternative
    >> L’école à la maison, l’éducation scandinave, le cas canadien, et chez nous ? Les implications à long terme d’un enseignement alternatif, etc. (2250 caractères max.)

  • L’éducation des génies
    Que faire pour les enfants à haut potentiel ? Sont-ils ralentis dans les écoles classiques ? Faut-il les pousser à travailler comme des dingues ? (2250 caractères max.)

  • La discipline
    >> Y a-t-il une chute de niveau dans les écoles ? Les élèves sont-ils moins respectueux qu’avant ? Le statut de prof a-t-il perdu de sa superbe ? Les parents sont-ils plus conciliants ? (2250 caractères max.)

  • Les devoirs, le travail à la maison et les remédiations
    >> Le travail à la maison creuse-t-il les inégalités ? Le temps passé à l’école est-il suffisant ? (2250 caractères max.)

  • Le pacte d’excellence
    >> Où en est-on ? Quel processus a été déclenché ? Excellence est-il vraiment le terme adéquat ? Vrai bonne idée ou nuage de fumée ? (2250 caractères max.)

  • L’éducation au développement durable (2250 caractères max.)

  • L’enseignement spécialisé
    >> Possibilité de traiter de ce sujet en combinaison avec le cas des génies en un seul article. (2250 caractères max.)

Les articles de 2250 caractères peuvent devenir des articles de 4500 caractères si tu souhaites élargir un sujet. Il reste de la place pour quelques autres idées personnelles. N’hésite pas à proposer d’autres choses. Tout article supplémentaire aux 10 pages de notre dossier trouvera place sur le blog et pourra être tout autant diffusé. Comme tu peux le voir, nous souhaitons augmenter l’utilisation des données chiffrées. N’hésite pas à glisser des liens dans les articles (notamment des articles de presse, des études, le renvoi à un livre pour en savoir plus, etc.) Contacte des experts des milieux concernés : un article sous forme d’interview est également le bienvenu.

Tu peux aussi rédiger un article hors-dossier :

  • Palmes et navets
    >> Cette rubrique est une brève explication de 2 ou 3 évènements d’actualité auxquels tu décernes une palme (car tu les estimes très positifs) et de 2 ou 3 évènements d’actualité auxquels tu décernes un navet (car tu penses qu’ils sont négatifs !). Possibilité de rester dans le thème.

  • Billet d’actu
    >> Réflexion sur un phénomène d’actualité (en lien avec l’écologie politique, de préférence)

  • Coin détente
    >> Comme son nom l’indique, un article sur un sujet de détente !

  • Courte critique d’un livre ou d’une bd
    >> En rapport avec la thématique du dossier si possible

  • Courte critique d’un film, d’une pièce de théâtre ou d’un documentaire
    >> En rapport avec la thématique du dossier si possible

  • Recette de saison
    >> Une recette apprise de sa grand-mère ou de son père par exemple aurait toute sa place dans ce jump sur l’enseignement !

  • Do It Yourself
    >> Idées pour réaliser des objets/choses soi-même : fabrique ton propre savon, confectionne tes propres fringues, récupère des objets pour leur donner une nouvelle vie et/ou une nouvelle fonction, réalise ton vermi-composte, démarre une éolienne citoyenne, réalise ta propre showerloop, etc.

Renseigne-toi auprès du Rédac’ Chef Michaël pour connaître le nombre de caractères.

Inspiré-e pour écrire un article ou par l’une des rubriques hors-dossier ? Envoie tes propositions de sujets, ou tes questions, à Michaël via l’adresse jump@ecoloj.be ou par téléphone au 0496/84.32.73.

DEADLINE : les articles sont à envoyer pour le vendredi 30 décembre 2016 au plus tard !

Il est important de nous informer dès que possible si tu souhaites écrire un article, ainsi que de son sujet, afin que nous puissions coordonner au mieux la rédaction de ce nouveau numéro du JUMP.

Un tout grand merci à tous nos rédacteurs et à toutes nos rédactrices ! Et maintenant, à vos plumes…

Retrouve ici les JUMP précédents

Michaël Horevoets

Édito | Septembre 2016

pictoEditoNotre alimentation est une affaire qui dépasse de très loin le simple fait de manger. Elle concerne premièrement les producteurs, dont dépendent les vendeurs d’outils agricoles, d’intrants et de semences (tracteurs, engrais…).

Les producteurs ont pour objectif premier de gagner leur vie par leur travail. Ils sont donc eux-mêmes dépendants des prix du marché qui varient en fonction de l’offre et de la demande.

En Europe, un contrôle des prix est réalisé par la Politique Agricole Commune (PAC) dont un des objectifs est d’assurer des prix raisonnables aux consommateurs. La PAC a aussi pour rôle d’assurer un niveau de vie équitable à la population agricole. Si dans un premier temps, cela s’est fait en fixant des prix minimums et des quotas, aujourd’hui cela se fait quasiment uniquement par envois massifs de subsides aux installations agricoles. En effet, les prix alimentaires sont généralement très bas entre autre parce que la production alimentaire mondiale est suffisante pour nourrir l’entièreté de l’humanité et ne cesse de croître. Ces prix ne permettent pas de couvrir les frais de production des agriculteurs traditionnels, en témoigne la crise du lait, etc. Les agriculteurs deviennent donc à leur tour dépendants des primes et autres subsides. La PAC représente tout de même 45% du budget européen. Si la PAC vise des prix bas, c’est afin que tout le monde puisse avoir accès aux aliments de base.

Or dans le monde, plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim, faute entre autre à la spéculation bancaire sur les denrées alimentaires. Les aides reçues par la PAC étant proportionnelles à la surface exploitée, les productions agricoles tendent à croître de plus en plus, nécessitant de plus en plus d’outillages coûteux, entretenant les producteurs de tracteurs, etc… mais entrainant les agriculteurs dans un cercle vicieux (produire plus pour avoir plus de subsides mais avoir besoin de plus en plus de subsides pour couvrir les besoins en terre, outils…).

L’alimentation concerne également les consommateurs. Lors de la création de la PAC, l’objectif d’accroitre la productivité a été fixé. Il se traduit aujourd’hui par l’utilisation massive de machines agricoles mais aussi de pesticides.

En Europe, un peu plus d’1% seulement de la population a une activité en rapport avec les travaux des agricoles, contre environ 40% dans le monde. Les OGM répondent à ce même objectif productiviste et les technologies actuelles permettent la création de légumes sans présence de terre mais également la production de viande dans des laboratoires sans élever d’animaux. L’alimentation touche donc directement à l’éthique et à des choix de société. Les consommateurs prennent donc parti pour un modèle de société à chaque fois qu’ils réalisent un achat alimentaire. Ils posent également un acte d’une portée énorme à chaque fois qu’ils jettent de la nourriture puisque 1/3 des productions alimentaires mondiales sont gaspillées.

L’alimentation touche également à la santé de ces consommateurs. Intervient ici un troisième acteur : celui qui transforme les produits du secteur primaire. Dans nos sociétés actuelles, le temps que nous consacrons à la réalisation de nos repas s’est fortement réduit. En témoignent les rayons complets de plats préparés et le nombre de fast-food qui encombre nos villes. Nous n’avons plus connaissance de ce qui se trouve dans nos assiettes. Le sucre et les matières grasses prennent une importance dangereuse dans notre alimentation conduisant à surpoids et risques de maladies.

L’alimentation touche donc à beaucoup de choses et les décisions semblent pour beaucoup se prendre au niveau européen, voire mondial. Si la PAC peut être un outil puissant pour orienter l’agriculture vers un autre modèle, le politique ne semble pas encore tout à fait prêt : la PAC ne fixe actuellement que quelques maigres objectifs environnementaux et concernant le bien-être animal.

Les citoyens, soutenus par des politiques nationales et régionales en écran de fumée de promotion du « consommer local » ou du bio, agissent déjà et transforment le modèle de l’intérieur. En Belgique, 18% des produits alimentaires achetés sont bio, le nombre de producteurs qui vendent leurs produits de façon local explose, Liège a vu naître une ceinture alimentaire qui ambitionne de remplir la majeure partie de la consommation de la ville grâce à des producteurs situés en bordure de la cité ardente. Deux villes françaises (Albi et Reims) visent également à leur souveraineté alimentaire. Les incroyables comestibles se répandent partout dans le monde, la permaculture et les potagers collectifs ont le vent en poupe. La réalisation de compostes est entrée dans les normes dans les communes rurales. Les réflexions sur la surconsommation de viande pénètrent tout doucement la société. Bref, les citoyens changent leur manière de consommer et nombre d’entre eux produisent de manière plus respectueuse de l’environnement.

Dans ce dossier du JUMP, nous ferons un petit tour d’horizon des initiatives qui ont été développées.

Michaël Horevoets, rédacteur en chef