Archives pour l'Auteur : Michaël Horevoets

Mobilité, vers la fin de l’égoïsme ?

Ma voiture, ma liberté. Voilà le leitmotiv des compagnies automobiles depuis les années 70. La possession d’un véhicule serait le graal en matière de mobilité et même lorsque l’industrie travaille sur des concepts de voitures partagées autonomes, elle arrive encore à proposer un véhicule solo pour remplacer l’avion !

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Navet pour… Charles Michel

pictoPalmesEtNavetsLes chiffres officiels d’#Eurostat annoncent une augmentation de 43.700 emplois en temps partiel entre les 3ème trimestres de 2014 et 2016 et sur le même temps une réduction de 14.400 unités du nombre d’emplois en temps plein. Soit une augmentation des emplois précaires.

Pourtant Charles Michel affirme en avoir créé « 100.000 ».  Alors mensonge ou incompétence en math ?

Michaël Horevoets

Palme pour… Obama (2)

pictoPalmesEtNavets#ObamaLe changement ne se produit que si des gens ordinaires s’impliquent, s’engagent et se rassemblent pour l’exiger. Après huit ans de présidence, j’y crois toujours. C’est en ces termes qu’Obama quitte la Présidence des USA, non sans se mouiller contre #Trump (+ de 50 millions d’hectares interdit au forage d’hydrocarbures en Alaska, sanctions contre la Russie,…).

Michaël Horevoets

Édito | Septembre 2016

pictoEditoNotre alimentation est une affaire qui dépasse de très loin le simple fait de manger. Elle concerne premièrement les producteurs, dont dépendent les vendeurs d’outils agricoles, d’intrants et de semences (tracteurs, engrais…).

Les producteurs ont pour objectif premier de gagner leur vie par leur travail. Ils sont donc eux-mêmes dépendants des prix du marché qui varient en fonction de l’offre et de la demande.

En Europe, un contrôle des prix est réalisé par la Politique Agricole Commune (PAC) dont un des objectifs est d’assurer des prix raisonnables aux consommateurs. La PAC a aussi pour rôle d’assurer un niveau de vie équitable à la population agricole. Si dans un premier temps, cela s’est fait en fixant des prix minimums et des quotas, aujourd’hui cela se fait quasiment uniquement par envois massifs de subsides aux installations agricoles. En effet, les prix alimentaires sont généralement très bas entre autre parce que la production alimentaire mondiale est suffisante pour nourrir l’entièreté de l’humanité et ne cesse de croître. Ces prix ne permettent pas de couvrir les frais de production des agriculteurs traditionnels, en témoigne la crise du lait, etc. Les agriculteurs deviennent donc à leur tour dépendants des primes et autres subsides. La PAC représente tout de même 45% du budget européen. Si la PAC vise des prix bas, c’est afin que tout le monde puisse avoir accès aux aliments de base.

Or dans le monde, plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim, faute entre autre à la spéculation bancaire sur les denrées alimentaires. Les aides reçues par la PAC étant proportionnelles à la surface exploitée, les productions agricoles tendent à croître de plus en plus, nécessitant de plus en plus d’outillages coûteux, entretenant les producteurs de tracteurs, etc… mais entrainant les agriculteurs dans un cercle vicieux (produire plus pour avoir plus de subsides mais avoir besoin de plus en plus de subsides pour couvrir les besoins en terre, outils…).

L’alimentation concerne également les consommateurs. Lors de la création de la PAC, l’objectif d’accroitre la productivité a été fixé. Il se traduit aujourd’hui par l’utilisation massive de machines agricoles mais aussi de pesticides.

En Europe, un peu plus d’1% seulement de la population a une activité en rapport avec les travaux des agricoles, contre environ 40% dans le monde. Les OGM répondent à ce même objectif productiviste et les technologies actuelles permettent la création de légumes sans présence de terre mais également la production de viande dans des laboratoires sans élever d’animaux. L’alimentation touche donc directement à l’éthique et à des choix de société. Les consommateurs prennent donc parti pour un modèle de société à chaque fois qu’ils réalisent un achat alimentaire. Ils posent également un acte d’une portée énorme à chaque fois qu’ils jettent de la nourriture puisque 1/3 des productions alimentaires mondiales sont gaspillées.

L’alimentation touche également à la santé de ces consommateurs. Intervient ici un troisième acteur : celui qui transforme les produits du secteur primaire. Dans nos sociétés actuelles, le temps que nous consacrons à la réalisation de nos repas s’est fortement réduit. En témoignent les rayons complets de plats préparés et le nombre de fast-food qui encombre nos villes. Nous n’avons plus connaissance de ce qui se trouve dans nos assiettes. Le sucre et les matières grasses prennent une importance dangereuse dans notre alimentation conduisant à surpoids et risques de maladies.

L’alimentation touche donc à beaucoup de choses et les décisions semblent pour beaucoup se prendre au niveau européen, voire mondial. Si la PAC peut être un outil puissant pour orienter l’agriculture vers un autre modèle, le politique ne semble pas encore tout à fait prêt : la PAC ne fixe actuellement que quelques maigres objectifs environnementaux et concernant le bien-être animal.

Les citoyens, soutenus par des politiques nationales et régionales en écran de fumée de promotion du « consommer local » ou du bio, agissent déjà et transforment le modèle de l’intérieur. En Belgique, 18% des produits alimentaires achetés sont bio, le nombre de producteurs qui vendent leurs produits de façon local explose, Liège a vu naître une ceinture alimentaire qui ambitionne de remplir la majeure partie de la consommation de la ville grâce à des producteurs situés en bordure de la cité ardente. Deux villes françaises (Albi et Reims) visent également à leur souveraineté alimentaire. Les incroyables comestibles se répandent partout dans le monde, la permaculture et les potagers collectifs ont le vent en poupe. La réalisation de compostes est entrée dans les normes dans les communes rurales. Les réflexions sur la surconsommation de viande pénètrent tout doucement la société. Bref, les citoyens changent leur manière de consommer et nombre d’entre eux produisent de manière plus respectueuse de l’environnement.

Dans ce dossier du JUMP, nous ferons un petit tour d’horizon des initiatives qui ont été développées.

Michaël Horevoets, rédacteur en chef

Édito | Juin 2016

pictoEditoL’énergie ! Voilà un bien vaste sujet. Vaste, mais qui fait lien avec notre dernier numéro sur le climat. En effet, les sources d’énergies actuelles sont responsables de la plus grande part des rejets de CO2 dans l’atmosphère. Ce dernier représente environ ¾ de la production humaine de gaz à effet de serre. La transition énergétique qu’écolo j soutient depuis des années est donc la solution la plus évidente pour lutter contre le réchauffement climatique et ses conséquences (élévation du niveau des eaux, perte de biodiversité, augmentation des catastrophes naturelles…).

Mais notre consommation énergétique impacte également sur bien d’autres choses :

  • L’extraction des énergies fossiles, notamment, entraîne fréquemment la pollution de certaines zones. De nombreux conflits sont également alimentés par la quantité d’argent qui gravite autour de l’or noir et de ses concurrents (gaz de schiste…). Sans oublier l’accaparement de terres et les conditions du travail d’extraction parfois très mauvaises pour la santé.
  • Les transports qui produisent près de 30% de nos rejets de CO2 en Belgique sont aussi la cause de quantité de mauvaises conditions physiques à force de rester assis dans sa bagnole. Pire la mauvaise qualité de l’air principalement liée à l’émission de particules fines causerait 12.000 décès par an rien qu’en Belgique.
  • Le nucléaire quant à lui continue de produire déchets radioactifs sur déchets radioactifs sans qu’aucune solution acceptable n’existe pour leur retour à l’équilibre. De plus, les accidents qui ont eu lieu, notamment à Fukushima et Tchernobyl nous rappellent à quel point jouer avec le feu finit toujours par nous brûler. La centralité du nucléaire et son coût encore très élevé par rapport aux investissements qui ont été faits en recherche et développement sont deux arguments supplémentaires pour sortir de ce système.

Si les solutions existantes pour produire de l’énergie avec un impact écologique beaucoup plus faible trainent à se mettre en place en raison de la politique déraisonnée du gouvernement fédéral actuel, la meilleure solution reste encore de diminuer sa consommation. Outre le choix d’un fournisseur vert, l’efficience énergétique est une piste à suivre. Elle permet d’obtenir le même résultat avec moins d’énergie. Nous pouvons aujourd’hui agir chez nous, dans nos communes, nos entreprises. Mais la solution ultime reste de diminuer nos besoins, en baissant notre chauffage d’un degré ou en habitant un logement à la taille de ses besoins par exemple.

Michaël Horevoets, rédacteur en chef

10 ANS| Rencontre avec les premiers coprésidents

pictoDossiers« J’ai rencontré pour vous les deux premiers duos de coprésidents d’écolo j : Arnaud Pinxteren et Catherine Lemaitre (2005 – 2007), ainsi que Matthieu Daele, coprésident avec cette dernière de 2007 à 2008. Reportage en direct, depuis leur maison de retraite de coprésidents, autour d’une Fleur de Franchimont, évidemment… »
(Michaël Horevoets)

Matthieu Daele, Catherine Lemaitre et Arnaud Pinxteren devant l’ambassade américaine, à Bruxelles : « C’est là qu’a eu lieu la toute première action d’écolo j, où nous étions déguisés en ours blancs pour demander aux États-Unis de ratifier le protocole de Kyoto ».

MH- Pour quelles raisons écolo j a-t-elle été créée ?

Anciens coprésidents (AC)- écolo j a été créée après les (douloureuses) défaites de 2003 et 2004. Jusque-là, Ecolo avait décidé de ne pas avoir d’organisation de jeunesse politique (OJ) parce qu’ils n’en ressentaient pas le besoin, estimant qu’un militant a le même « pouvoir » au sein du parti, qu’il ait 20 ou 60 ans. Jusque-là, c’était  Jeunesse et Écologie  (et puis  Empreintes) qui était l’OJ liée au parti, plutôt dans un but de sensibilisation des adolescents à l’environnement.
Ne comprenant pas pourquoi les jeunes qui avaient notre âge, et qui avaient voté en masse pour Ecolo en 1999 et en 2000, avaient changé d’avis en 2003 et 2004, on s’est demandé comment remobiliser les jeunes autour d’Ecolo. On a voulu créer quelque chose qui nous plaise: pas de tralala, pas de blabla mais de l’action politique directe et décalée, sur des sujets qui nous parlent et qui ne soient pas abordés par Ecolo (ou pas sous l’angle jeune). Le tout en s’amusant !

MH- Comment s’est déroulée l’élection des premiers coprésidents ?

AC- La première élection des coprésidents était un peu particulière puisqu’au départ, il n’y avait pas de présidents mais des coordinateurs : Frédéric Horsch et Sara Pochet. Après quelques activités, et quelques soucis d’organisation, on s’est rendu compte que ça ne fonctionnait pas bien parce qu’Ecolo avait dû faire des économies en matière de personnel : nous n’avions plus Sara à notre disposition et le temps de travail que Frédéric pouvait nous accorder avait été réduit. Du coup, tous les membres d’écolo j ont décidé qu’il fallait des chefs (rires). Maintenant, on peut vous le dire : s’il y a deux coprésidents, c’est surtout parce qu’on ne se sentait pas de le faire tout seul…

MH- Comment la création d’écolo j a-t-elle été perçue de l’extérieur ? Avez-vous été fortement médiatisés ?

AC- Pas au moment de la création car cela s’est fait progressivement. Par contre, nous avons rapidement eu quelques “faits d’armes”, comme notre participation à Bomspotting lors d’une prise d’assaut du Shape à Mons, notre présence originale pour dénoncer la chasse aux chômeurs à Ostende (qui était passée au JT) et le WE écolo j/ Jong Groen à Namur qui avait fait le premier sujet du JT du dimanche !

MH- Arnaud et Catherine, comment résumeriez-vous vos deux premières années à la coprésidence d’écolo j ?

A et C- Fondatrices ? … On a fait le maximum pour pérenniser l’ASBL, en obtenant une reconnaissance en tant qu’OJ. On a développé les rapports avec Jong Groen, le premier barbecue de juin et la structure d’écolo j. Par exemple, au départ, il n’y avait pas de régionales : on se réunissait une fois à Bruxelles, une fois en Wallonie et on faisait des actions qui nous concernaient tou-te-s. Mais c’était compliqué car on est devenu nombreux et des actions locales ont vite vu le jour.

MH- Selon vous, quel est le lien qui doit être entretenu entre écolo j et Ecolo ?

AC- Ce lien est fort et doit rester fort (sinon faut changer de nom, hein…). Mais ça doit être un lien de complémentarité. Ce sont deux structures indépendantes, en termes d’adhésion et de financement surtout. Chacun son rôle donc : pour nous, celui d’écolo j est d’être plus innovant, décalé, impertinent, orienté “luttes originales”.  Pour l’anecdote, on a eu une fois un veto pour une action qu’on voulait faire au salon de l’auto: distribuer des ballons aux enfants avec comme message des trucs du genre mes parents se moquent de ma santé… Sans doute que ce n’était effectivement pas super opportun (mais l’idée est copyleft).

MH- Que souhaitez-vous pour écolo j dans 10 ans ?

AC- écolo j doit garder son ADN décalé, informel, ludique. Il ne faut pas faire de l’Ecolo bis, pas trop d’institutionnel, de statuts, de motions, etc. écolo j s’est magnifiquement développée, a des militants et des permanents au-delà de nos espérances initiales. C’est une force de frappe importante pour défendre le projet écologiste, pour convaincre les jeunes, pour monter aux barricades. écolo j est un plaisir et doit le rester !

MH- Avez-vous une anecdote à partager à propos de votre coprésidence ?

Catherine- Avec Matthieu, quand on a passé la main à Barbara et Christophe, on a « piégé » les statuts d’écolo j (pour voir si les gens les lisaient). Je pense que si on avait réussi à se retenir de rire, Tigrou, Chuck Norris et le Grand Jojo seraient toujours membres d’honneur de l’ASBL…

Interview réalisée par Michaël Horevoets