Appel à rédaction pour le JUMP#25 | 15 ans d’écolo j

picto appel a redac

Cette année, écolo j fête ses 15 ans

Nous avions prévu de faire une grande fête le 27 juin au Botanique mais vu les circonstances, nous ne sommes actuellement pas en mesure de t’assurer de la tenue de l’événement à ce moment-là. Pour l’instant, l’important c’est que chacun.e d’entre nous prenne soin de soi et de ses proches. On reviendra sur la date un peu plus tard… Suis-nous sur l’event FB (https://www.facebook.com/events/1473502306150551/)

Cependant, si penser à écolo j t’évoque des souvenirs et que tu as des photos et/ou des vidéos que tu souhaites partager, tu peux déjà les envoyer à Magali qui les compilera en prévision de cet anniversaire.

Le prochain Jump – le magazine d’écolo j – sera lui aussi dédié à ces 15 ans

Tu veux rédiger un article dans notre magazine ? Rien de plus simple !

  • Tu te rappelles peut-être d’une manif, d’une formation, d’un WE, d’une action (im)pertinente ou encore d’une soirée mémorable et tu souhaites partager ça dans le JUMP ?
  • Tu veux nous dire ce qu’écolo j t’a apporté dans ton parcours ?
  • Ou encore : quel serait ton souhait pour notre assoc’ pour les années futures ?

Autre possibilité :

  • Nous t’invitons à relater les 15 dernières années à petite ou grande échelle (niveau régional, belge, européen, mondial, etc). Tu peux aussi choisir un domaine qui t’intéresse.
    Cela peut être par exemple le contexte politique, économique, social, culturel, écologique, ou concerner les mobilisations citoyennes, les alternatives au système actuel et leurs évolutions en 15 ans…
  • Ou alors quels sont tes rêves pour ta région, la Belgique, l’Europe, le monde pour les (quinze) années à venir ?

Tu as d’autres propositions – même si ce n’est pas lié aux 15 ans – pas de problème ! Contacte Jéromine pour en discuter avec elle.

Ton article devra contenir maximum 2200 caractères espaces compris (= pour une page de magazine) ou 4400 caractères espaces compris (= pour une double page).

Tu n’as pas envie de rédiger tout un article mais plutôt de t’occuper d’un des satellites à ce dossier ? Tu peux rédiger :

  • La critique d’un livre ou d’une bd (en rapport avec la thématique du dossier si possible) – max. 1.000 caractères –
  • La critique d’un film, d’une pièce de théâtre ou d’un documentaire (en rapport avec la thématique du dossier si possible) – max. 1.000 caractères –
  • La recette de saison (en rapport avec la thématique du dossier si possible) – max. 2.000 caractères –
  • Le Do It Yourself : une idée pour réaliser des objets/choses soi-même (et encore une fois, en lien avec la thématique, c’est mieux :-)) – max. 2.000 caractères –

Merci d’envoyer ta production à Jéromine avant le 20 avril au plus tard !

NB : http://compteur-de-caracteres.com (cocher AVEC espaces)

On se réjouit de te lire… et de te revoir en pleine forme <3

>> Voir blog JUMP

>> Voir anciens numéros du JUMP papier

 

Jéromine Gehrenbeck, rédactrice en chef

Fabrique tes bombes à graines et jette-les pour favoriser la biodiversité

01   Choisis la graine de la fleur que tu veux.

02   Dans un saladier, verse deux doses d’argile.

03   Ajoutes-y un volume de terre, mélangé à un peu de compost.

04   Mélange.

05  Ajoute de l’eau petit à petit, tout en malaxant jusqu’à obtenir la consistance d’une pâte à modeler.

06   Forme des boulettes.

07   Avec ton index, creuse un petit trou dans chaque boulette.

08   Pose des graines dans le trou, le nombre est à déterminer en fonction de la taille de celles-ci. N’en mets que trois si elles sont grosses (comme les graines de tournesol). Tu peux aller jusqu’à dix si elles sont petites.

09   Referme le trou.

10   Roule la boulette pour qu’elle soit sphérique.

11    à l’assaut! Pars jeter tes bombes partout où tu voudrais voir pousser des fleurs ! Par exemple, une place publique, un pelouse, une friche…


Jéromine Gehrenbeck

 

VOIR : Joker

Joker, réalisé par Todd Phillips avec Joaquin Phoenix, Robert De Niro (2019)

 

 

 

 

 

 

 

Il nous faut à tout prix éviter Gotham City Soubresaut du cinéma hollywoodien, le Joker de Todd Phillips est salué par la critique. Mais au-delà de l’énorme prestation de Joaquin Phoenix, le film est une critique de notre système économique et de la vision particulière de l’être humain qu’il sous-tend; l’hyper-individualisme.

Le film revient sur la vie d’Arthur Fleck, alias le Joker, dont le but dans la vie est de faire rire les gens. Il devient le personnage que l’on connait à la suite de son licenciement et de la fermeture du centre psycho-médical qui l’accompagne. Désespérément seul face à la violence tant physique que psychologique de la société de Gotham City, il sombre peu à peu dans la folie.

Sur fond de troubles politiques, le film fait écho à la désespérance sociale engendrée par notre système hyper-individualiste. Il nous rappelle à quel point ce système, en sacralisant l’individu roi, est une violente machine à broyer. Face aux conséquences dramatiques de ce système, il nous faut à tout prix éviter Gotham City.

Lionel Legrand

LIRE : Les crocodiles

Les crocodiles, de Juliette Boutant et Thomas Mathieu

 

 

 

 

 

 

 

Le patriarcat est toujours là !

Thomas Mathieu et Juliette Boutant signent ce deuxième épisode des Crocodiles qui met en exergue les violences subies par les femmes. Les croquis partent de situations qui ont été vécues par des femmes, et sur ces dessins les hommes sont représentés en crocodiles. Le but n’est pas de dire que tous les hommes sont des harceleurs mais de dénoncer un système patriarcal omniprésent.

Si, depuis la sortie du premier album, #Metoo a eu le mérite d’exister, il faut bien constater que le harcèlement de rue et sur le lieu de travail – notamment – sont loin d’avoir disparu. C’est ce que l’auteur et l’autrice nous montrent, planche après planche. Les violences gynécologiques sont aussi abordées, celles-ci émanant du corps médical dans son ensemble. Enfin, les violences discursives que certain·e·s policier·e·s adressent à des victimes de violences sexistes sont présentées.

A lire absolument, surtout si tu es un homme cisgenre !

Jéromine Gehrenbeck

Appel à rédaction pour le JUMP#24 | Violences

picto appel a redac

Ça y est, nous y sommes !

L’appel à rédaction du JUMP #24 est lancé : le magazine sortira en décembre.

Mais avant ça, on a besoin de ta plume

pour que ce prochain mag’ devienne le cadeau idéal à glisser sous le sapin …

Ce numéro traitera des violences

Toutes les propositions sont les bienvenues. Néanmoins, voici quelques idées de sujets d’articles pour t’inspirer :

  • L’historique du mouvement de la non-violence;
  • Les violences dans le cadre d’un conflit national / international (différents types – répercussions);
  • Les violences dans un cadre privé (conjugales – médicales – familiales – harcèlement);
  • L’utilisation de la violence – ou de la non-violence –  (par la police – par les manifestant.e.s) lors de manifestations;
  • Les violences entre différentes classes sociales;

Comme indiqué plus haut, cette liste fournit juste des idées. Aucun sujet n’est obligatoire et d’autres propositions sont les bienvenues.

[ Pense tout de même à la perspective féministe et décoloniale défendue par écolo j ]

Ca y est, tu es motivé.e ? Envoie vite tes propositions à notre rédactrice en chef Jéromine

Chaque article doit faire max. 2200 caractères ( = 1 page du magazine) ou max. 4.400 caractères ( = 2 pages du magazine) (c’est important de respecter cette contrainte car les pages du magazine ne sont pas extensibles)

NB : http://compteur-de-caracteres.com (cocher AVEC espaces)

 

Tu n’as pas envie de rédiger tout un article mais plutôt de t’occuper d’un des satellites à ce dossier ?

Tu peux rédiger :

  • Les palmes et navets : cette rubrique est une brève explication de 2 ou 3 évènements d’actualité auxquels tu décernes une palme (car tu les estimes très positifs) et de 2 ou 3 évènements d’actualité auxquels tu décernes un navet (car tu penses qu’ils sont négatifs)
    – max. 500 caractères – pour les palmes et – max. 500 caractères – pour les navets

  • Le billet d’actu : ta réflexion sur un phénomène d’actualité (en lien avec l’écologie politique, de préférence)
    – max. 2.200 caractères –

  • Lacritique d’un livre ou d’une bd (en rapport avec la thématique du dossier)
    – max. 1.000 caractères –

  • La critique d’un film, d’une pièce de théâtre ou d’undocumentaire (en rapport avec la thématique du dossier)
    – max. 1.000 caractères –

  • La recette de saison (s’il y a une référence symbolique à la (non) violence, c’est encore mieux)
    – max. 2.000 caractères –

  • Le Do It Yourself : une idée pour réaliser des objets/choses soi-même (et encore une fois, en lien avec la thématique, c’est mieux :-))
    – max. 2.000 caractères –

RAPPEL : http://compteur-de-caracteres.com (cocher AVEC espaces)

 

Envoie tes propositions à jump@ecoloj.be afin que nous puissions organiser la coordination de ce prochain numéro du JUMP.

DEADLINE : Les articles seront à faire parvenir avant le 13 novembre à cette même adresse.

Il est important de nous informer dès que possiblesi tu souhaites écrire un article, ainsi que de son sujet, afin que nous puissions coordonner au mieux la rédaction de cette nouvelle diffusion du JUMP.

>> Voir blog JUMP

>> Voir anciens numéros du JUMP papier

 

Jéromine Gehrenbeck, rédactrice en chef

La plus simple recette de curry au monde !

pictoCoinCuisine

Sauce

• 1 oignon (gros ou petit en fonction du goût) haché
• 1 cuillère de concentré de tomates
• 1 boite de lait de coco
• 1 cuillère à soupe de curry
• 1 cuillère à café de curcuma (c’est pour le côté esthétique surtout car cela teint la sauce en jaune)
• Épinards en branches ou en feuilles ou alternative végétale à la viande
• Sel au goût
• Piment (optionnel)

Accompagnement

Riz, pâtes, quinoa, boulgour, … (féculent de ton choix)

Réalisation

1. Cuis le féculent et les épinards sur le côté.

2. Dans une poêle, chauffe un peu d’huile végétale, déposes-y l’oignon haché et fais le suer.
Une fois les oignons transparents, verse le curry, le curcuma et le concentré de tomates. Mélange. Tout de suite après, verse le lait de coco et mélange à nouveau. Baisse le feu et laisse mijoter trois minutes. Ajoute le sel et une fois que la consistance te plait, sers la sauce sur le riz.
Ajoute ensuite par-dessus les épinards.

Bon appétit !

Orian Boël

 

Élections | Le système ne s’effondrera pas tout seul… ou pas avant qu’on ait tout perdu

pictoDossiersJe ne compte plus le nombre de fois où on m’a dit que j’étais une féministe excessive, une antispéciste extrémiste, une anti-raciste un peu chiante…

Bref que j’étais trop radicale.

Au-délà d’être énervant, en fait, c’est un constat plutôt vrai. Car comme Marx nous le disait, être radical.e, c’est prendre le problème à la racine.

Cessons de tergiverser: radica·les·ux, il est plus que temps que nous le soyons tou·te·s

Simplement car la racine de la catastrophe climatique, elle n’est pas à chercher plus loin que le capitalisme et ses dérives.

Face à ce constat, il y a trois chemins principaux :
  • Continuer à parler de croissance, mais durable cette-fois ! Miser sur de nouveaux marchés dans les énergies renouvelables et certaines reconversions industrielles, instaurer des marchés de droits à polluer censés dissuader. Bref avoir foi en la capacité des mécanismes de marché à être suffisants pour enrayer la crise. (Fermer les yeux sur la surproduction liée, le règne de obsolescence programmée nécessaire pour faire tourner la machine, sur le consumérisme qui envahit toutes les sphères de la société jusqu’au relationnel, le dumping social et environnemental comme solution de repli face aux pansements du capitalisme vert.) Et pour se dire qu’on lutte, on se positionne contre les « externalités » d’un système autrement sain – ou au moins indépassable -, et on déplace la faute de la crise écologique sur les individus, qui refuseraient d’acheter autre chose que des Iphones et ne trieraient pas leurs déchets.
  • Avoir conscience qu’on s’en sortira pas dans ce modèle mais, de bonne foi, croire encore aux ajustements, aux négociations, au bon cœur des puissant.e.s, à une troisième voie. Un libéralisme économique libéré de sa première prémisse : ce qui compte, c’est notre intérêt propre à court terme, et préférablement en gain d’argent.
  • Arrêter de ménager les frileu·ses·x et de tourner autour du pot : oser dire que lutter contre les inégalités, pour la justice sociale, pour une meilleure répartition des richesses, c’est être anticapitaliste.
Mais pas anticapitaliste à tout prix. Avant tout antiproductiviste

Car la solution pour nous, n’est pas d’offrir à tou·te·s le même niveau de déraisonnabilité totale qui nous a conduit·e·s jusqu’à ce merdier, mais c’est de penser et construire une société de la décroissance choisie, des solidarités actives, de l’économie sociale et solidaire, de la convivialité politique.

En effet, nous voulons la justice sociale

C’est-à-dire que nous voulons plus d’égalité certes, mais pas si elle consiste à vouloir que toutes les classes sociales vivent de la même façon que les 20% de la population qui, à l’heure actuelle, participent le plus à la destruction de la planète. Une justice qualitative donc, et pas seulement quantitative.

Notre anticapitalisme vert à nous, il réfléchit les dominations croisées, nées avec et à cause, pour servir le système capitalisme. Qu’il s’agisse de l’esclavage et de son symptôme postmortem qu’est le racisme. Que l’on parle de la mise à l’écart des femmes du pouvoir, dans toutes les sphères (même celle du pouvoir sur leur propre corps) et des violences liées et qui visent avant tout à les y maintenir. Ou qu’il s’agisse encore de la relégation des autres êtres vivants au statut de marchandises, permettant de pouvoir les exploiter sans remords.

Mon anticapitalisme vert à moi, considère que ces combats sont liés, tous aussi importants. Et qu’on ne détruira pas le système en se focalisant sur un seul côté. Et enfin, et peut-être surtout, que si nous avons tou.te.s nos priorités et affinités, il est temps qu’on se fasse de la place. Vraiment ! Que cela soit dans nos revendications comme dans nos têtes et dans nos agendas.

Il s’agit d’être radica·les·ux donc, dans nos critiques, dans notre vision, mais aussi dans nos actions et revendications

Pourquoi ? Parce que le système néolibéral ne se cache plus (ou juste pas) pour être radical. Parce que la classe dominante qui adhère à ce projet ne rougit pas de ne voir, et n’accorder radicalement d’importance, qu’à ce qui ne questionne pas son système de privilège.

Et cela devient de plus en plus clair à l’heure des crises. En effet, lorsqu’on ne peut intellectuellement plus se permettre d’user de la mauvaise foi climatosceptique, que les excuses pataugent et sonnent creuses, l’évidence se présente : iels sauveront le capitalisme, jusqu’au bout, jusqu’à plonger la majorité de la population dans la misère la plus rude.

Car iels ont les moyens de se construire des ilôts de protection (à l’instar de ces milliardaires et de leurs pompiers privés prêts à les extraire des flammes pour quelques milliers de billets, pendant que le reste de la population ne peut compter que sur elle-même… et un service public toujours plus affaibli…). Les conséquences à court et moyen terme du dérèglement climatique ne concernent pas celleux qui jouissent le plus et qui tirent les ficelles du capitalisme. Il n’y a donc rationnellement aucune chance qu’iels y renoncent.

Il ne faut pas chercher plus loin les résistances, s’il faut sacrifier tout le monde pour continuer à s’enrichir, s’il faut par le sang et les larmes sauver un système qui s’effondre pour en extraire jusqu’à la dernière miette de bénéfice, iels le feront.

Et non, il ne s’agit pas d’attendre l’effondrement comme s’il allait vite arriver (en se préparant à survivre, comme Noé dans sa ferme zéro déchet), comme si l’effondrement était dépolitisé car il concernerait tout le monde (tou·te·s dans le même bateau qu’on a dit), comme s’il était presque souhaitable ?

Car ça, ce n’est pas de la radicalité. C’est juste jouer le jeu du système. C’est renoncer.

Cloé Devalckeneer

Élections | Les partis politiques et le sponsoring sur Facebook

pictoDossiersLes choix électoraux se basent rarement sur les seuls programmes électoraux

Pour gagner des votes, il faut persuader les électeur·rice·s avec des messages auxquels ils et elles peuvent s’identifier. Ainsi, avec la période électorale vient la bataille communicationnelle des partis en lice. Toute bonne stratégie de campagne s’appuie sur un élément essentiel de communication : la prospection politique ciblée. Empruntée aux techniques commerciales, cette nouvelle stratégie appliquée à la sphère politique entraîne le désinvestissement en termes d’affichage dans l’espace public, les rallyes politiques ou les passages télévisés au profit de messages personnalisés en ligne, notamment sur les réseaux sociaux.

Il ne s’agit plus de s’adresser à des groupes sociaux mais à l’individu et à sa singularité. Pour cela, les partis politiques misent largement sur l’exploitation de bases de données existantes – constituées par les autorités publiques comme les services sociaux ou par le secteur privé – qui contiennent suffisamment d’informations pour établir des profils très précis d’électeur·rice·s et ajuster leur stratégie de communication à ceux-ci. Toutefois, les nouvelles règles européennes en matière de protection des données personnelles, contenues dans le Règlement européen de protection des données (RGPD) adopté en mai 2018, encadrent ces pratiques et limitent fortement la possibilité de traitement des données existantes. De plus, les partis politiques doivent faire face à un questionnement éthique lorsqu’ils choisissent de faire usage et profit ou non de ces bases de données en prenant en compte la manière avec laquelle elles ont été formées.

La mise œuvre de la législation européenne n’étant qu’à ses débuts, plusieurs années seront nécessaires avant d’observer ses effets sur le modèle commercial des plus grandes plateformes en ligne telles que Facebook ou Google.

Cet article a pour objectif d’expliquer ce que cela signifie pour les partis politiques et les électeur·rice·s.

La montée du « Big Data » en politique

Le concept de Big Data signifie l’exploitation de quantités massives de données destinée à l’analyse, la prédiction, ou à la prise de décision. Utilisée dans le champ politique, cette technique a été employée aussi bien par Barack Obama et Donald Trump aux états-Unis que par des candidats en France comme Jean-Luc Mélenchon ou François Fillon.

Par exemple, la plateforme Nation Builder utilisée par l’actuel Président américain lors de sa campagne permet d’allier un site web à un outil de dons en ligne et surtout, à une base de données. Ces données personnelles telles que les noms, les adresses postales et email, les numéros de téléphone, le genre, l’âge, la profession, ou encore les centres d’intérêt, sont collectées grâce au porte-à-porte ou en ligne à l’initiative du ou de la candidat·e iel-même, ou achetées à des instituts publics et des data brokers.

Ces dernières agglomèrent des volumes gigantesques de données après les avoir achetées auprès de millions de sites web, d’applications GSM et d’entreprises sur lesquels les utilisateur·rice·s laissent des « traces » de leur activité en ligne enregistrées notamment grâce aux fameux cookies : transactions bancaires, achats et habitudes en ligne, données de géolocalisation, durée d’utilisation, liste de contacts, entrées dans un moteur de recherche, etc. Rares sont les sites web ou les entreprises qui informent très clairement que ces données, cédées certes avec un consentement plus ou moins éclairé mais souvent à l’insu des utilisateur·rice·s, seront ensuite vendues à des tiers.

Même si les données sont anonymisées, en effaçant les éléments permettant l’identification, l’opportunité de réaliser des portraits très précis d’individus, de prédire leurs comportements et leurs choix et donc de les cibler avec des messages réalisés sur mesure est trop belle. Et elle vaut de l’or. Une somme à six chiffres pour Emmanuel Macron en 2017.

Le King du profiling

Et quand on parle de portraits et de profilage des individus, on pense forcément au plus grand réseau social mondial, Facebook. Son modèle économique repose sur la diffusion de publicités auprès de celleux-ci.

L’entreprise américaine monétise donc son audience. Facebook possède 2,32 milliards d’utilisateur·rice·s actif·ve·s chaque mois. Une mine d’or pour tous les annonceur·euse·s. Il en va de même pour les partis politiques qui souhaitent convaincre des électeur·rice·s. Facebook leur offre des services exceptionnels. En plus des informations volontairement données par l’utilisateur·rice (âge, genre, études, profession, objets culturels consommés, liens de parenté, etc.), il collecte tous ses comportements sur le réseau social en espionnant chacune de ses actions : quelles vidéos et pages regardées, quels lieux indiqués, quelles photos postées, etc. puis celles en dehors de Facebook : quels sites web visités, quelles recherches, etc. De cette quantité déjà immense d’informations du fait de la consommation quotidienne de la plateforme, Facebook crée des catégories d’utilisateur·rice ·s.

Les principes du Big Data s’appliquant ici, les algorithmes de Facebook déduisent des informations à disposition de bien d’autres caractéristiques et détails sur la vie, les intérêts et bien sûr, les opinions politiques de ses utilisateur·rice·s. Ces profils hypers détaillés (jeune, femme, urbaine, moins de 30 ans, 2 frères, aime la cuisine indienne et James Blunt, fait du volleyball 3 fois par semaine à la salle de sport Vander Putten à Bruxelles, etc.) permettent ensuite le paramétrage précis de campagnes publicitaires micro-ciblées en quelques clics. L’utilisateur·rice, iel, n’a aucun moyen de refuser ce profilage ou de le contester efficacement.

Mais cela ne s’arrête pas là. En 2019, l’organisation Privacy International révèle que de multiples applications sur les GSM Android envoient toutes leurs données à Facebook pour les faire correspondre avec les profils existants ou fantômes (lorsque la personne en question n’est pas sur Facebook)1. Oui, Facebook sait aussi des choses sur les gens qui ne possèdent pas de compte utilisateur. Est-ce qu’iels le savent et y consentent ? Non.

En avril 2019, l’autorité de protection des données bavaroise en Allemagne sanctionne Facebook pour l’utilisation illégale de données provenant de bases de données fournies par des annonceur·euse·s2. Enfin, le scandale Cambridge Analytica3 en avril 2018 démontre que lorsque les partis politiques s’y mettent, les conséquences peuvent être bien plus regrettables.

L’application réelle du RGPD prendra encore de nombreux jugements d’autorités publiques avant de pouvoir véritablement lutter contre les violations et les abus. En attendant, les partis politiques peuvent toujours faire le jeu de Facebook et exploiter les failles de la législation.

1 Privacy International, How Apps on Android Share Data with Facebook – Report (29.12.2018) https://privacyinternational.org/report/2647/how-apps-android-share-data-facebook-report.

2 Ingo Dachwitz, Facebook Custom Audience illegal without explicit user consent, Bavarian Data Protection Authority rules (16.04.2019)
https://netzpolitik.org/2019/facebook-custom-audience-illegal-without-explicit-user-consent-bavarian-dpa-rules/.

3 RTBF, Des millions d’utilisateurs de Facebook espionnés: tout savoir sur le scandale Cambridge Analytica (19.03.2018). https://www.rtbf.be/info/medias/detail_des-millions-d-utilisateurs-de-facebook-espionnes-tout-savoir-sur-le-scandale-cambridge-analytica?id=9870870.

Chloé Berthélémy

 

Élections | La Chinafrique : opportunité réelle ou illusoire ?

pictoDossiersA l’heure où la coopération au développement telle que pratiquée par les pays occidentaux est régulièrement remise en question par les dirigeant·e·s africain·e·s, la République Populaire de Chine s’impose de plus en plus comme un partenaire de choix. En effet, alors que l’Occident semble perpétuer un modèle jugé paternaliste par certain·e·s, la Chine se présente, en théorie tout du moins, comme un véritable allié qui favorise la mise en place de relations d’égal à égal, rassemblées sous l’appellation Chinafrique.

Mais pourquoi la Chine s’intéresse-t-elle tant à l’Afrique ?

Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, le Président Xi Jinping ne cache pas son souhait de voir émerger un nouvel ordre mondial avec, à sa tête, la Chine comme puissance hégémonique. L’ambition est grande et demande, notamment, le soutien de nombreux·ses allié·e·s sur la scène politique internationale. Il est donc dans l’intérêt de la Chine de nouer des relations étroites avec le plus grand nombre d’états possible, états susceptibles d’appuyer les propositions chinoises lors des votes de certaines mesures au sein des différentes instances de l’ONU, par exemple.

A côté de cela, avec plus d’un milliard d’habitant·e·s sur son territoire et une croissance économique, certes en baisse, mais toujours importante, les besoins en matières premières de la Chine sont grands. Le territoire africain, quant à lui, est réputé pour être particulièrement riche en ressources naturelles, ce qui explique donc en partie l’intérêt que la Chine lui porte.

Pourquoi l’Afrique se tourne-t-elle vers la Chine ?

Dans le cadre de la coopération sino-africaine, la Chine propose à ses partenaires de leur octroyer des prêts dits « non conditionnels ».

Ces prêts, contrairement à ceux offerts par les institutions et pays occidentaux, permettent aux dirigeant·e·s de notamment investir dans les infrastructures nécessaires au développement de leur pays sans avoir à répondre à certaines exigences en matière de bonne gouvernance ou de respect des droits humains. De plus, dans le cadre de la construction d’infrastructures, la Chine propose des produits « tout-en-un » qui sont particulièrement adaptés aux besoins de ses partenaires africain·e·s. Ainsi, elle fournit non seulement les fonds nécessaires, mais aussi l’entreprise, l’expertise technique et même la main d’œuvre.

L’arrivée de petits commerçant·e·s chinois·e·s en Afrique, elle, permet la démocratisation de certains produits de consommation courante, jusqu’alors inaccessibles pour certain·e·s.

La création de bourses d’étude, quant à elle, donne la possibilité à de nombreux·ses jeunes africain·e·s de poursuivre leur scolarité.

Pourquoi la Chinafrique est-elle donc si impopulaire ?

De nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui pour dénoncer les actions de la Chine en Afrique et mettre en avant les effets parfois dévastateurs qu’elles peuvent avoir.

En effet, les nombreux prêts accordés par la Chine, devenue aujourd’hui le principal créancier de plusieurs pays africains, participent chaque fois un peu plus à l’augmentation du niveau de la dette de ses débiteurs. Ainsi, entre 2013 et 2018, la dette du Mozambique est passée de 51% de son PIB à 113%1 ! Si la Chine, grâce à des clauses de sûreté, se garantit au moins une contrepartie au non-remboursement plutôt avantageuse (système de troc permettant à la Chine d’obtenir une compensation en matières premières ou en contrôle temporaire d’infrastructures telles que des ports), le pays débiteur, lui, se retrouve coincé dans un marasme économique.

Les infrastructures construites sont, elles, souvent jugées de piètre qualité et les produits « tout-en-un » ne créent pas ou peu d’emplois dans les pays africains. De plus, ces emplois sont souvent précaires, mal rémunérés et non respectueux des législations nationales et internationales en matière de conditions de travail.

La présence de commerçant·e·s chinois·e·s, quant à elle, provoquerait, selon les opposant·e·s de la Chinafrique, la mort de la faible industrie locale existante.

L’influence culturelle qu’a la Chine sur l’Afrique est également particulièrement critiquée. Via le développement des médias et du cinéma pro-chinois et l’implantation de nombreux centres promouvant la culture chinoise sur le territoire africain, la Chine tente de conquérir les cœurs des Africain·e·s et, ainsi, de s’assurer une place de choix sur le continent. Cela fonctionne si bien que plusieurs pays, dont l’Afrique du Sud et le Kenya, permettent maintenant aux étudiant·e·s des écoles publiques d’apprendre le mandarin à partir d’un certain âge.

Pour les opposant·e·s de la Chinafrique, en ce compris la France et les états-Unis, ce dernier point, combiné aux précédents et aux problèmes de corruption et de manque de transparence constatés, illustre que, contrairement à ce qui est annoncé, les relations entre la Chine et l’Afrique sont loin d’être symétriques et s’apparentent même à du « néocolonialisme ». Cependant, il convient malgré tout de relativiser la place occupée par l’Empire du Milieu en Afrique.

Si l’on s’attarde sur les objectifs de coopération fixés en 2015 lors d’un autre Sommet Chine-Afrique, on constate que ces derniers n’ont pas été atteints et ce pour diverses raisons : la situation économique chinoise qui pousse le pays à limiter ses investissements africains, les contacts parfois peu amicaux entre les populations chinoises et africaines, le regard de nombreux Africain·e·s toujours tourné vers ce « fascinant » Occident, etc. Il convient donc pour les puissances occidentales, de nuancer non seulement la présence chinoise en Afrique, mais aussi l’impact négatif qu’elle peut y jouer. Elles pourront ainsi profiter de l’occasion pour remettre en question l’attitude jusqu’à présent adoptée face à ce continent qui a tendance à se détourner d’elles car trop souvent considéré comme un gâteau dont il est nécessaire d’obtenir la plus grosse part.

1 Barbier A. (2018). Le Mozambique dans l’enfer de la dette. Consulté sur https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/12/22/le-mozambique-dans-l-enfer-de-la-dette_5401422_3234.html.

Sources

Madeline Meunier

 

Élections | Pour le climat, nous devons tout changer. Mais de quel « nous » parle-t-on ?

pictoDossiersDe jour en jour, les mobilisations pour le climat s’intensifient, reflétant une prise de conscience croissante de l’urgence climatique

Aujourd’hui, cela ne fait nul doute : au rythme auquel nous émettons des gaz à effet de serre, nous sommes en train de foncer droit dans le mur. Nous avons brûlé trop d’énergies fossiles, nous avons coupé trop d’arbres, et nous avons trop poussé à la consommation. Nous devons changer de façon radicale. Mais de quel « nous » parle-t-on, au juste ?

Parle-t-on de l’humanité ?

C’est ce que défendent les anthropocénistes. L’anthropocène1 (l’ère de l’humain), serait la nouvelle ère géologique dans laquelle nous vivons, marquant la fin de l’holocène2. Depuis la révolution industrielle, notre espèce aurait eu un impact si important sur le réchauffement climatique de la Terre, qu’elle a provoqué une nouvelle ère géologique.

Selon le concept de l’anthropocène, c’est donc l’espèce humaine, de façon globale, qui est à pointer du doigt pour le changement climatique et ses conséquences désastreuses. Or, selon Andreas Malm, professeur d’écologie humaine à l’université de Lund, en Suède, cette catégorisation est inexacte. En effet, en mettant la responsabilité de l’anthropocène sur l’espèce humaine dans son ensemble, le rôle des premiers responsables du changement climatique est complètement occulté : il s’agit d’abord de puissants hommes blancs capitalistes, qui dominent et stimulent l’extraction et l’utilisation des énergies fossiles. Représentent-ils à eux seuls l’espèce humaine ? C’est contestable.

Au-delà de la question de l’occultation du capitalisme, le concept même de l’anthropocène est ethnocentriste d’un point de vue occidental. Historiquement, les occidentaux (ou plus précisément, de riches hommes blancs) ont été les principaux responsables du changement climatique. Les personnes racisées, non blanches (qui représentent la majorité de l’espèce humaine), et surtout celles d’Afrique subsaharienne3, n’ont joué qu’un rôle très secondaire et subordonné dans cette affaire.

Les blancs représenteraient-ils toute l’humanité ?

Mettre tou·te·s les humain·e·s dans le même bateau, comme l’exige l’anthropocène, c’est soit de l’ethnocentrisme, soit de la malhonnêteté intellectuelle. Soit l’anthropocène considère les personnes racisées comme étant tout autant responsable du changement climatique, ce qui est complètement faux. Soit, l’anthropocène exclut les personnes racisées (et en particulier, les noires) de l’espèce humaine, considérant que les blancs suffisent à représenter toute l’espèce.

Le concept d’anthropocène pèche donc par deux points : son occultation du capitalisme, et son ethnocentrisme.

Tou·te·s les humain·e·s ne portent certainement pas la même responsabilité quant au changement climatique

S’il est de la faute de tout le monde, il n’est de la faute de personne. Or, il y a bel et bien certains êtres humains qui en sont responsables.

La prochaine fois que vous dites « nous » en référence à la destruction de la planète, précisez bien de quel « nous » vous parlez

1 « La plupart des scientifiques sont d’accord pour dire que les humains ont contribué au réchauffement climatique de la Terre depuis la révolution industrielle. Certains prétendent même que nous vivons dans une nouvelle ère géologique, l’ère anthropocène. » – Nature, le 12 février 2004, cité par Merriam-Webster [en ligne], consulté le 13/04/2019.

2 « L’Holocène est une période de transition entre le Pléistocène et les Temps actuels, qui débuta il y a 10 000 ans avec la fin de la dernière glaciation (Würm-Wisconsin) à laquelle succéda un réchauffement progressif. » Michèle Julien, « HOLOCÈNE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14/04/2019.

3 L’Afrique est par ailleurs considérée par l’ONU comme étant le continent « le plus vulnérable face au changement climatique », alors qu’elle y contribue le moins.

Jérémy Herry

 

Appel à rédaction pour le Blog JUMP

picto appel a redac

Tu as des idées plein la tête pour promouvoir l’écologie politique ?
Un thème en particulier te touche et tu veux écrire dessus pour faire passer le message ?

Ce Jump paraitra fin avril. Il n’aura pas de thématique particulière. Toutes les propositions sont les bienvenues.

Néanmoins, voici quelques idées de sujets d’articles pour t’inspirer :

  • L’Europe et les enjeux des prochaines élections européennes
  • Les inégalités (en Belgique, en Europe ou dans le monde)
  • L’OTAN ou/et d’autres institutions internationales
  • Les enjeux des prochaines élections régionales, fédérales ou/et communautaires
  • La situation d’un pays de ton choix
  • Le projet de méga-prison à Haren et la zad

Comme indiqué plus haut, cette liste fournit juste des idées. Aucun sujet n’est obligatoire et d’autres sujets sont les bienvenus.

Chaque article doit faire max. 2500 caractères ( = 1 page du magazine) ou max. 5000 caractères ( = 2 pages du magazine)

NB : http://compteur-de-caracteres.com (ne pas cocher les espaces)

Tu peux aussi rédiger :

  • Une recette de saison : végétarienne et à partir de produits de saison (max. 2500 caractères)
  • Un Do It Yourself : comment faire soi-même son vermicompost, son gel douche, sa crème hydratante, … (max. 2500 caractères)

 

Envoie tes propositions le plus vite possible à jump@ecoloj.be afin que nous puissions organiser la coordination de ce prochain numéro du JUMP.

Les articles seront à faire parvenir avant le 28 mars à cette même adresse.

Go for it !

Merci d’avance à toutes et tous !

>> Voir blog JUMP
>> Voir anciens numéros du JUMP papier

 

Jéromine Gehrenbeck, rédactrice en chef

Michel, climat, et cætera…

pictoActu

« La marche pour le climat est un formidable succès de mobilisation citoyenne. La question climatique doit être une préoccupation centrale au service des générations futures. La Belgique qui a finalisé son Plan Énergie Climat défendra des objectifs ambitieux à la Cop24  » Charles MICHEL

Qu’entend notre premier ministre lorsqu’il parle de : préoccupation centrale ?  Au vu des actions du gouvernement, nos radars sont brouillés.

En effet, nous avons relevé 3 signaux contradictoires :

D’abord lundi, où il ne va pas lui-même à la tribune de la Cop24 alors que lui seul peut, en tant que chef d’état, y prendre la parole. Et qu’il y envoie, pour seulement 4h et en avion qui plus, est sa ministre de l’Énergie.

Ensuite, quand son gouvernement ne prend pas en compte les aspirations de ses citoyens à un monde dont est absent le CO2 et qu’il décide que non, il ne fera pas en sorte d’atteindre les objectifs fixés en 2015 ! Tous nos voisins l’ont fait, pourquoi pas nous ?

Le comble vient peut-être quand la NVA empêche la Belgique de ratifier le pacte migratoire de l’ONU, alors que nous savons que nous aurons à l’avenir de plus en plus de migrants climatiques. Nous exigeons d’ailleurs toujours qu’il ratifie cet accord, qui n’est certes pas contraignant, mais qui montre la voie vers un plus grand respect de l’être humain en transhumance.

Nous réclamons, comme les organisateurs de la manifestation de dimanche d’ailleurs ; «que la Belgique respecte les engagements qu’elle a déjà pris».  Pour 2020, la Belgique devrait réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 15%. Elle a, à peine, dépassé la moitié de ce chiffre. La Belgique est parmi les pires élèves de l’Europe en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Le climat doit être une préoccupation centrale ?
Joignez les gestes à la parole, Mr Michel. Prouvez-le !

Gabriel Pirotte